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Un arrêt de Tihange 2 fait bondir le prix de l’électricité

Le réacteur hutois s’est arrêté automatiquement pendant un test mercredi après-midi. Conséquence : le prix du courant sur le marché de gros a battu un record.

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 2 min

Le réacteur numéro deux de la centrale nucléaire de Tihange (1.008 MW) s’est mis à l’arrêt automatiquement ce mercredi après-midi. « Au cours d’un test, une vanne d’alimentation en eau d’un générateur de vapeur dans la partie non nucléaire du site s’est fermée, ce qui a provoqué l’arrêt du réacteur conformément aux procédures », explique Anne-Sophie Hugé, porte-parole d’Engie, l’exploitant du parc nucléaire belge. « Il n’y a pas eu d’impact en termes de sûreté ». Engie va étudier les circonstances de cet arrêt non programmé. « Sur ce qu’on en sait à cette heure, nous estimons que le réacteur devrait pouvoir redémarrer demain soir », précise encore Anne-Sophie Hugé.

Cet arrêt subit a eu des conséquences sur le marché de l’électricité, provoquant un pic des prix, qui ont atteint le montant record de 3.200/MWh sur le marché de gros pendant une courte période, a confirmé Elia, le gestionnaire du réseau de transport électrique. On parle de « prix de déséquilibre » lorsqu’il faut, comme cela a été le cas, combler rapidement une différence entre l’offre et la demande. L’arrêt de Tihange 2 est survenu à un moment où il y avait moins de vent que prévu, ce qui a également entraîné une baisse de la production des parcs éoliens en mer du Nord.

Pas d’impact sur la facture

Du côté des consommateurs, il ne faut toutefois pas s’inquiéter de ce record, qui ne se verra pas sur la facture. « Tout ça est lissé sur le long terme (les prix sont d’ailleurs repassés en territoire négatif après une demi-heure de « flambée », NDLR) », explique Jean Fassiaux, porte-parole d’Elia. « Cela a très peu d’impact sur le consommateur, voire pas du tout ».

Ce genre de situation n’est pas inédit. « Il arrive qu’on perde un réacteur ou qu’une interconnexion soit coupée après un problème technique », ajoute Jean Fassiaux. « C’est pour ça que nous avons des capacités contractées en réserve qui peuvent être activées dans un premier temps. Après, c’est le marché qui se réorganise lui-même très vite, par exemple via des centrales non utilisées ou de l’importation par les interconnexions. Mais même si les prix se sont envolés aujourd’hui, il n’y a pas eu de problème d’approvisionnement ».

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17 Commentaires

  • Posté par BOERAEVE PHILIPPE, vendredi 23 avril 2021, 21:39

    Le stockage de l'énergie ne serait plus un problème : https://les-smartgrids.fr/suisse-stocke-electricite-blocs-beton/

  • Posté par Baeyens Remi, vendredi 23 avril 2021, 12:50

    Annoncerait de la même manière les pannes de vent ou de soleil ? Depuis la centrale aura redémarré et assurer des services fiables et en toute sécurité. Ce pays a t'elle une foison de sources pour assurer un service indispensable à la vie normale économiquement fiable et sans CO2 ?

  • Posté par BOERAEVE PHILIPPE, jeudi 22 avril 2021, 18:31

    "C'est incroyable, ils mettent un titre pour faire peur aux gens :pas de centrale pendant un jour et les prix explosent, comment on va faire quand toutes les centrales seront fermées ? Ça c'est ce que les gens retiendront. Qu'en fait ça arrive tout le temps et que ça n'a aucune conséquence, on le dit à la fin de l'article, fin que tout le monde ne lira pas bien sûr". Posté pour Patrick Dessart.

  • Posté par Kunsch Pierre, jeudi 22 avril 2021, 10:44

    Cette situation au bord du chaos électrique du 21 avril 2021 va se reproduire de plus en plus fréquemment avec de plus en plus d'intermittents soleil et vent sur le réseau de transport et de moins en moins de pilotables sur ce réseau et les réseaux voisins qui auront les mêmes problèmes que nous vu les très fortes corrélations des régimes des vents (et soleil) entre les pays de la 'petite' Europe. On a pu redresser hier la situation et sauver le réseau car on a encore tous nos réacteurs nucléaires et pas encore trop d'intermittents (moins de 20% de la production en TWh/an). Que fera-t-on quand on aura arrêté tous ces réacteurs bien gérables et qu'on aura beaucoup plus d'intermittents ingérables comme la météo ? Soit on aura remplacé tous les réacteurs nucléaires par des réacteurs au gaz naturel ce qui fera passer la production décarbonée de 70% aujourd'hui à 20% pas tout à fait ce qui est demandé pour protéger le climat ! Soit on accepte de revivre avec ou sans électricité au gré du soleil et du vent. On pourra alors remercier écolo/groen pour leur prévoyance. Je vous conseille d'aller voir sur le site lectricitymap.org la situation des émissions de CO2 en Europe. Nous sommes encore dans le vert décarboné mais on passera vite au brun comme l'Allemagne si on réalise les plans de la présente ministre de l'énergie, sans compter les coupures et blackouts qui deviendront de plus en plus fréquents. Bonjour les dégâts !

  • Posté par Patrick Yamedjeu, mercredi 21 avril 2021, 23:58

    C'est pas grave puisque en 2025, on utilisera des toilettes sèches et on s'éclairera à la lampe à huile (huile végétale bien évidemment).

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