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Mehdi Bayat fait le bilan de la saison carolo: «Un échec à tous points de vue»

L’administrateur-délégué du Sporting de Charleroi s’est adressé à la presse et aux supporters, ce mercredi soir, à l’occasion d’un direct Facebook. Il est longuement revenu sur la saison compliquée des Zèbres, qui ont terminé la phase classique du championnat à la 13e place.

Temps de lecture: 9 min

Au lendemain de sa non-élection comme membre du Comité exécutif de l’UEFA mais aussi de l’annonce officielle de l’éviction de son entraîneur, Karim Belhocine, Mehdi Bayat – apparu très détendu dans la salle de presse du Mambourg – a dressé le bilan de la saison du Sporting de Charleroi et répondu aux diverses questions qui lui ont été posées, ce mercredi.

Le club ayant reçu 700 questions de supporters, les 28 les plus fréquentes ont été ressorties et réparties en cinq thèmes (les joueurs, le staff technique, les supporters, le club et Mehdi lui-même), auxquelles se sont ajoutées celles des journalistes présents.

Extraits choisis :

Les joueurs

Sur la situation des gardiens : « Rémy Descamps est encore sous contrat alors que Nicolas Penneteau arrive au terme du sien. Les supporters, qui apprécient énormément ce dernier, sont dans l’attente de savoir ce qu’il va se passer. J’aurai une discussion avec lui la semaine prochaine pour discuter de son avenir. Quant à Rémy, il a montré de bonnes choses et a connu des périodes un peu moins bonnes. On va aussi discuter avec lui, l’entraîneur des gardiens Cédric Berthelin… et le futur entraîneur. »

Verra-t-on plus de jeunes à l’avenir ? « Je pense qu’on pourra, dès la saison prochaine, intégrer des joueurs mais le but est qu’on puisse atteindre notre rythme de croisière que ceux-ci puissent faire partie de l’équipe et y jouer. »

Beaucoup de prêts, cette saison : pourquoi ? « Après la très belle 3e place de la saison dernière, on a décidé de repartir ostensiblement avec le même noyau. Et nous avons dû faire face à toute une série de blessures qu’il était impossible d’anticiper. Et en janvier, la situation s’était dégradée et il a fallu mettre des ‘pansements’ et nous nous sommes dirigés vers des prêts, avec option ou pas, qui représentaient moins de risque financier. On va donc pouvoir repartir sur une nouvelle dynamique la saison prochaine avec un nouveau coach qui devrait pouvoir repartir, au commencement de la saison prochaine, avec un noyau bien équilibré. »

Échec de la majorité des transferts : « Je ne parlerais pas d’échec pour le mercato estival et je peux davantage accepter ce qualificatif pour celui de janvier, dans la mesure où l’on n’a pas observé d’évolution positive dans les résultats. »

Les joueurs en fin de contrat : « J’ai pris une décision concernant Karim et j’ai rencontré le staff. En ce qui concerne les joueurs, ça suivra mais je dois encore avoir une discussion avec chacun d’eux avant de nous positionner et de communiquer à ce sujet. »

Transferts attendus cet été : « Nous allons devoir être ambitieux et faire un recrutement qui devra l’être aussi afin de lutter pour le haut du classement. Je ne dis pas qu’on visera le titre mais être dans la moyenne des dernières saisons, en excluant celle que l’on vient de vivre qui était un échec à tous points de vue, avec cette 13e place finale. »

Quid de la fin de saison ? « Les entraînements se termineront le 14 mai, avec Karim Belhocine, son staff et tous les joueurs du noyau de cette saison, ceux en fin de contrat y compris. Cette situation est voulue. Je ne voyais pas nous séparer de Karim plus tôt car on a toujours voulu avoir une ligne de stabilité. »

Le profil et le caractère des futures recrues : « On a peut-être un peu dénaturé l’ADN de notre vestiaire, fait autrefois de revanchards qui voulaient se battre, pour eux et pour le club, et qui prenaient toujours ce plaisir, malgré la concurrence, dans l’osmose du groupe. On va essayer de recréer cette même ambiance, qui était peut-être un peu différente à partir du mois de janvier. »

Le staff

La confiance maintenue à Belhocine jusqu’au terme de la saison : « Pour répondre, il faut d’abord faire une analyse temporelle. Depuis janvier, il est clair qu’il aurait été difficile de faire moins bien, mais je ne peux pas prendre une décision après coup. Et je ne voulais pas prendre une décision émotionnelle, que j’ai déjà pu observer par le passé et qui n’a pas toujours eu le résultat escompté. Si j’ai décidé de garder Belhocine jusqu’à la fin, c’est par rapport à ces convictions propres que j’ai pu développer au cours de ces dernières années. Mes décisions sont prises en fonction de mes convictions et valeurs. »

Le profil du futur T1 carolo : « Nous avons la volonté de travailler avec un entraîneur d’un profil que l’on n’a pas encore connu à Charleroi. Il devra être en mesure de créer un pont avec notre école des jeunes et que nous puissions constamment suivre l’évolution de ces joueurs à tous points de vue. Un coach plus en phase avec les moyens modernes développés, les datas, un peu comme peut le faire Roberto Martinez au niveau de l’Union belge. Un coach qui pourra donc nous permettre de travailler avec une vision à long terme, et repartir sur les mêmes bases quand bien même nous venions à devoir nous séparer de cet entraîneur. Il faudra peut-être donc se diriger vers un entraîneur plus jeune, même si je ne dis pas que ce sera forcément le cas. »

Le staff : « L’intégralité du staff actuel (NDLR : à l’exception de Belhocine) devrait être prolongée, à moins que celui-ci ne soit pas en phase avec le futur entraîneur. Par ailleurs, ce staff pourrait aussi être renforcé. »

La réaction de Belhocine à l’annonce de son départ : « Soyons clairs : il n’a pas été ‘licencié’. Nous avons eu une discussion et en sommes arrivés tous les deux à la conclusion logique qu’il était préférable de ne pas poursuivre et repartir, la saison prochaine, dans une atmosphère qui aurait été toxique. Cette discussion a été franche et sincère. Et Karim mérite d’être respecté pour ce qu’il a apporté au club et je tiens d’ailleurs à le remercier pour ça. »

Les supporters

Les abonnements : « Il est normal que les supporters ayant souscrit un abonnement soient dédommagés d’une certaine manière s’ils n’ont pas pu profiter de celui-ci. Plusieurs solutions sont envisagées : financière, à propos d’un abonnement futur ou il y aura aussi la possibilité de reverser une partie de l’argent à la Fondation Sporting de Charleroi. Toutes les infos seront en ligne ce soir sur le site officiel du club. »

Les événements d’avant-match contre Eupen : « Certaines scènes m’ont fait mal. Mais je pense que dans la vie, il faut aussi être capable d’accepter qu’il puisse y avoir des circonstances atténuantes. Est-ce que pour autant je peux accepter la casse ou autre ? Non. Mais le plus important était que je puisse entendre les supporters. Je suis toujours allé à leur rencontre. Mon message a été très clair et quand les fans ont pu m’entendre, quant à mes engagements, ma volonté de faire grandir le club, les choses ont pu se passer dans le calme. Je pense que les supporters sont bien conscients de tout ce qui a été fait ces dernières années. On a commencé par un 18 sur 18 qui a laissé penser qu’on pouvait aller chercher quelque chose. Mais les supporters sont aussi conscients qu’on n’a jamais connu une telle stabilité sportive ces dernières années par rapport aux 115 dernières. Et à cela s’ajoute la frustration des fans de n'avoir pu être présents pour pousser leur équipe. »

Le club

Les plans du futur stade : « Il est difficile de communiquer avant que le permis soit accordé mais dès que ce sera le cas, évidemment, nous nous précipiterons auprès de notre public pour dévoiler les plans de ce stade, qui sera extrêmement convivial, fonctionnel et chaleureux et permettra aux fans d’y vivre des moments différents et heureux. On veut un effet chaudron, avec un mur à l’allemande qui va permettre à notre ‘kop’de bien jouer son rôle de 12e homme. »

Les finances : « Le Sporting de Charleroi est l’un des clubs les plus rentables de ces dernières années en Belgique. Nos bénéfices sont intégralement reversés chaque année dans les fonds propres du club. Jamais, depuis la reprise du club, un euro n’a été reversé aux actionnaires. Cette saison a été très difficile en raison de la crise sanitaire mais le fait d’avoir travaillé de manière responsable ces dernières années nous a permis de bien nous en tirer et nous serons toujours bénéficiaires – pas autant que précédemment – cette année, et on pourra donc continuer à évoluer. »

La formation : « L’investissement continue à évoluer chaque année. On dépasse aujourd’hui les 2 millions. L’idée est bien sûr d’en voir prochainement les résultats. On vient de recruter Christophe Dessy à la tête de l’école des jeunes. Samba Diawara va aussi voir son rôle évoluer au sein de celle-ci pour que le projet fonctionne. »

L’équipe féminine : « Je suis fier du travail mis en place jusqu’ici. La première saison nous a servi de mode d’emploi. Le foot féminin est très différent du masculin. On veut aider le foot féminin. Avec l’arrivée d’Aline Zeler à la tête de cette équipe, on est dans la même optique, celle notamment de créer un marché, comme cela se fait chez les messieurs. »

Une ouverture de capitale à d’autres investisseurs ? « Notre volonté n’est pas forcément celle-là. Mais peut-être, par contre, d’ouvrir le Conseil d’Administration. Mais pour cela, il faut être capable de faire preuve de beaucoup de transparence. Nous avons commandé un audit très poussé de notre club et nous en analysons aujourd’hui les résultats pour voir comment améliorer notre structure de fonctionnement globale, pour amener des administrateurs indépendants au sein de notre CA, comme cela se fait dans toute grande société. »

2021, année charnière ? « On a encore des paliers à passer pour devenir un vrai grand club. Sans dénaturer le très bon travail fait jusqu’ici, on doit se poser la question de comment faire pour entrer dans la cour des grands, être capable de s’inspirer de ce qu’il se fait ailleurs pour se restructurer, oser poser des gestes forts, comme ceux que nous allons poser pour pouvoir atteindre nos objectifs, tels que proposés dans notre projet ‘Horizon 2024’ ».

Mehdi Bayat

Quelles leçons tirer de cette saison ? « Ma responsabilité personnelle sera toujours prédominante et je l’assume, en tant qu’administrateur-délégué. Quand on a des réussites, j’en profite aussi. À refaire, je garderai toujours les convictions qui sont les miennes en me disant qu’il faut désormais travailler, aussi, afin de pouvoir mieux anticiper. Il faut reconnaître ce qui est une réalité. Peut-on anticiper des blessures graves en étoffant le vestiaire ? Non, mais sur d’autres points, on doit continuer à grandir et nos erreurs seront reconnues, avec la volonté de se battre pour continuer à grandir. »

Ses multiples casquettes : « Le jour où je sentirai que mes responsabilités à Charleroi ou à la fédération peuvent être néfastes pour l’un et l’autre, je ferai les choix qui s’imposent mais ce n’est pas aujourd’hui le cas. J’ai été plus occupé à la fédération quand je n’en étais pas le président que depuis que je le suis, tellement la structure mise en place est solide. J’arrive à très bien cumuler mes fonctions dans les deux parties et sans conflits d’intérêts. »

Déléguer… en embauchant un directeur sportif ? « Pour nous, ce n’est pas un rôle prioritaire, car aujourd’hui, il y a un lien direct entre l’entraîneur et l’administrateur-délégué que je suis ou le directeur administratif qui est Pierre-Yves Hendrickx. Un poste qui pourrait apparaître, par contre, est celui d’un responsable de recrutement, vers qui, là, je déléguerais peut-être plus facilement. »

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