Accueil Société

20.000 euros provisionnels réclamés à un participant de «La Boum»

Cet étudiant de 23 ans aurait jeté un objet en direction de la police, lorsque celle-ci a fait évacuer le bois de la Cambre le 1er avril dernier. Mais d’autres jeunes avaient frappé les policiers procédant à son interpellation, blessant ceux-ci. Au civil, la facture pourrait monter très haut, a-t-on appris au tribunal ce jeudi.

Temps de lecture: 3 min

Il a 23 ans, il est étudiant en dernière année en Ingénieur, et ce Bruxellois semblait quelque peu perdu, ce jeudi matin, à la 67e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles. Il doit y répondre de rébellion et de coups et blessures ayant entraîné une incapacité, avec pour circonstance aggravante que la victime est un membre des forces de l’ordre. Il est le seul, jusqu’alors, à comparaître sur citation accélérée à la suite de « La Boum », qui avait rassemblé plusieurs milliers de fêtards, le 1er avril dernier, au bois de la Cambre.

Ce jour-là, ce jeune homme avait retrouvé des copains pour se changer les idées. Il était alcoolisé lorsque, alors que les choses tournaient à l’affrontement avec les forces de l’ordre, il se serait emparé de quelque chose qu’il aurait lancé en direction de la police. On a évoqué une branche d’arbre, les policiers parlent de bouteille : la présidente du tribunal a demandé une traduction des déclarations des policiers, néerlandophones, pour mieux appréhender leur version.

Visage en sang

La deuxième partie de la scène est celle qui vaut à cet étudiant une demande de montant provisionnel, pour le préjudice de la zone de police (il faudra y ajouter les autres parties civiles), qui se chiffre à 20.000 euros. Les policiers venaient de l’intercepter et le maintenaient au sol pour le menotter lorsque d’autres énervés sont arrivés, frappant avec les pieds et avec une bouteille sur les agents pour tenter de leur faire lâcher prise. Un de ceux-ci est celui que l’on a beaucoup vu, sur les images des événements, avec le visage en sang : « 19 points de suture ont été nécessaires, explique Me Jean-Joris Schmidt, conseil de la zone de police de Bruxelles-Ixelles et d’un des policiers blessés. Ils ont d’abord demandé gentiment à tout le monde d’évacuer les lieux, ils se sont adressés ensuite aux groupes de récalcitrants, puis c’est seulement après ces démarches qu’ils ont procédé à une évacuation. 4.000 personnes dans le bois, ce n’est pas idéal en pleine pandémie… La police a fait son travail, et quelques groupes de récalcitrants ont semé le désordre et blessé des membres des forces de l’ordre. Ils devront assumer les faits. » Si le parquet venait à poursuivre les organisateurs de la « fausse Boum », la zone de police se constituera partie civile également, ajoute l’avocat.

Me Mehdi Abbes, à la défense, confie que son client « est angoissé par le procès et assommé par les demandes au civil ». « Il faisait beau ce jour-là, et ces jeunes sont enfermés dans leur kot depuis plus d’un an, sans leurs amis, sans rien d’autre que les cours à distance, explique l’avocat. Pourquoi ne pas avoir réglé cela autrement, on savait qu’il y avait cette « boum » ! Pourquoi charger dans cette jeunesse qui n’en peut plus ? Il n’y a qu’à Bruxelles qu’on a vu des scènes pareilles, où l’on a envoyé la cavalerie contre des étudiants qui voulaient juste rester ensemble dans un parc ». Des questions de causalité (lien entre le fait et le dommage) et de corréité (le fait de sanctionner les auteurs et les coauteurs ayant apporté une aide indispensable à l’infraction) se poseront : le jeune prévenu, immobilisé par la police quand les autres ont frappé, est-il responsable des blessures causées à ce moment-là aux policiers ? Dans l’attente des traductions, une nouvelle audience a été fixée au mois prochain.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

23 Commentaires

  • Posté par Poullet Albert, vendredi 23 avril 2021, 10:36

    Cette fête étaient complètement inapproprié, un défouloir pour déconfinés mais la réaction de la police était aussi inappropriés ... allez charger des jeunes alcoolisés en plein bois de la Cambre.... c'est n'importe quoi ! il semblerai qu'il y ait beaucoup de flic Flamand dans cette cavalerie et ceci explique cela ... pas vrai ?

  • Posté par MAESEN Jean-Luc, samedi 24 avril 2021, 8:32

    @ Poullet : <Ce sont...>, c'est mieux. Quant au caractère très "bon enfant" de cette "fête", au (tout) début peut-être, mais cela a très vite "dérapé" (comme vous dites...), et ceci bien avant l'intervention policière. Si c'est ça "l'esprit bruxellois festif" (i.e : se regrouper en "troupeaux de veaux beuglant et sautillant" pour se "bourrer la g...le" en groupe), je vous le laisse bien volontiers votre "sens de la fête"... mon brave Monsieur Poullet !

  • Posté par Poullet Albert, vendredi 23 avril 2021, 15:07

    @ Maesen, c'est vos posts insipides et consensuels qui sont pitoyables et vous n'étiez certainement pas là car vous auriez vu que la police s'est conduit de manière inapproprié et ce comportement à eu pour effet d'exciter des gens "en effet" fort alcoolisés, mais c'est leur boulot de le savoir aussi ... la fête étaient en fait très "bon enfant" mais l'attitude de ces flics ( en grande partie Flamande) ne correspond pas à l'esprit Bruxellois ! voilà comment ça dérape... mon brave Monsieur Maesen !

  • Posté par MAESEN Jean-Luc, vendredi 23 avril 2021, 12:03

    Vos saillies "anti-flics" et "anti-flamands" sont vraiment pitoyables et fatigantes... La police avait clairement demandé à plusieurs reprises à ces "gentils fêtards" de se disperser dans le calme. Une bonne partie d'entre-eux a obtempéré. Les "excités et/ou alcoolisés" qui sont restés malgré tout, n'avaient aucune intention de respecter quoi que ce soit, et pour certains, ne cherchaient plus que l'affrontement avec la police...

  • Posté par Monsieur Alain, vendredi 23 avril 2021, 9:50

    .... et ce n'est qu'un début. Le sentiment d'impunité d'une foule est un phénomène extrêmement bien connu de part et d'autre d'une confrontation dans l'espace public. D'un côté il y a la foule - encadrée - galvanisée par ce qu'on a appelé dans certains pays et à certains moments de l'histoire des "commissaires politiques". Cette foule est le creuset des révolutions ! De l'autre côté on trouve les "gardiens de l'ordre" qui, quel que soit le régime en place, quel que soit le vocabulaire utilisé ou les lois appliquées sont chargés de sa pérennité.

Plus de commentaires

Aussi en Société

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Geeko Voir les articles de Geeko