20.000 euros provisionnels réclamés à un participant de «La Boum»

20.000 euros provisionnels réclamés à un participant de «La Boum»
HATIM KAGHAT/Belga.

Il a 23 ans, il est étudiant en dernière année en Ingénieur, et ce Bruxellois semblait quelque peu perdu, ce jeudi matin, à la 67e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles. Il doit y répondre de rébellion et de coups et blessures ayant entraîné une incapacité, avec pour circonstance aggravante que la victime est un membre des forces de l’ordre. Il est le seul, jusqu’alors, à comparaître sur citation accélérée à la suite de « La Boum », qui avait rassemblé plusieurs milliers de fêtards, le 1er avril dernier, au bois de la Cambre.

Ce jour-là, ce jeune homme avait retrouvé des copains pour se changer les idées. Il était alcoolisé lorsque, alors que les choses tournaient à l’affrontement avec les forces de l’ordre, il se serait emparé de quelque chose qu’il aurait lancé en direction de la police. On a évoqué une branche d’arbre, les policiers parlent de bouteille : la présidente du tribunal a demandé une traduction des déclarations des policiers, néerlandophones, pour mieux appréhender leur version.

Visage en sang

La deuxième partie de la scène est celle qui vaut à cet étudiant une demande de montant provisionnel, pour le préjudice de la zone de police (il faudra y ajouter les autres parties civiles), qui se chiffre à 20.000 euros. Les policiers venaient de l’intercepter et le maintenaient au sol pour le menotter lorsque d’autres énervés sont arrivés, frappant avec les pieds et avec une bouteille sur les agents pour tenter de leur faire lâcher prise. Un de ceux-ci est celui que l’on a beaucoup vu, sur les images des événements, avec le visage en sang : « 19 points de suture ont été nécessaires, explique Me Jean-Joris Schmidt, conseil de la zone de police de Bruxelles-Ixelles et d’un des policiers blessés. Ils ont d’abord demandé gentiment à tout le monde d’évacuer les lieux, ils se sont adressés ensuite aux groupes de récalcitrants, puis c’est seulement après ces démarches qu’ils ont procédé à une évacuation. 4.000 personnes dans le bois, ce n’est pas idéal en pleine pandémie… La police a fait son travail, et quelques groupes de récalcitrants ont semé le désordre et blessé des membres des forces de l’ordre. Ils devront assumer les faits. » Si le parquet venait à poursuivre les organisateurs de la « fausse Boum », la zone de police se constituera partie civile également, ajoute l’avocat.

Me Mehdi Abbes, à la défense, confie que son client « est angoissé par le procès et assommé par les demandes au civil ». « Il faisait beau ce jour-là, et ces jeunes sont enfermés dans leur kot depuis plus d’un an, sans leurs amis, sans rien d’autre que les cours à distance, explique l’avocat. Pourquoi ne pas avoir réglé cela autrement, on savait qu’il y avait cette « boum » ! Pourquoi charger dans cette jeunesse qui n’en peut plus ? Il n’y a qu’à Bruxelles qu’on a vu des scènes pareilles, où l’on a envoyé la cavalerie contre des étudiants qui voulaient juste rester ensemble dans un parc ». Des questions de causalité (lien entre le fait et le dommage) et de corréité (le fait de sanctionner les auteurs et les coauteurs ayant apporté une aide indispensable à l’infraction) se poseront : le jeune prévenu, immobilisé par la police quand les autres ont frappé, est-il responsable des blessures causées à ce moment-là aux policiers ? Dans l’attente des traductions, une nouvelle audience a été fixée au mois prochain.

 
 
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