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Accord interprofessionnel: «Nous aurions préféré aboutir à un accord», réagit Marie-Hélène Ska

Alors que l’accord interprofessionnel semble enterré, Marie-Hélène Ska est revenue sur les négociations dans la matinale de Bel RTL.

Temps de lecture: 2 min

L’Accord interprofessionnel (AIP) 2021-2022 ne sortira probablement jamais de terre. On savait que la construction d’un tel accord serait cette fois bien plus difficile encore que par le passé.

Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC était l’invitée de la matinale de Bel RTL et a fait l’état des négociations. « Nous n’avons pas quitté la table, nous avons constaté que nos visions avec les patrons étaient trop éloignées pour continuer les discussions. Nous aurions préféré aboutir à un accord, mais les conditions n’étaient pas réunies ».

« Je suis déçue que dans certains secteurs dans lesquels on ne négocie pas au niveau des entreprises, mais au niveau des secteurs, ce soit les travailleurs qui se retrouvent pénalisés par un 0,4 % que nous contestons sur le fond. Dans ces secteurs-là, on aurait pu aller plus loin, pour autant que les secteurs soient à la manoeuvre. »

De l’instabilité dans les relations sociales ces prochaines années ?

« Il n’y aura pas d’accord sur l’évolution des salaires au-delà du 0,4, tel qu’il est prévu par le Conseil central de l’Economie, mais il y a bien d’autres préoccupations qui nécessitent que patrons et syndicaux se remettent autour d’une table. »

« La situation est exceptionnelle, il faudra trouver des solutions exceptionnelles. Ce que nous ne voulons pas, c’est que les discussions qui ont lieu aujourd’hui pénalisent la situation et la négociation sur les salaires en 2023 et 2024, ce qui sera mécaniquement si on respecte la loi actuelle. »

« Il faut changer la loi sur la compétitivité quoiqu’il arrive, affirme Marie-Hélène Ska. Beaucoup commencent à se rendre compte que vouloir corseter les salaires est une erreur parce que le salaire est loin d’être le seul déterminant économique aujourd’hui ».

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7 Commentaires

  • Posté par d dsti, mercredi 28 avril 2021, 13:05

    Toute cette crispation des travailleurs n'arriverait pas si on avait une réforme fiscale digne de ce nom. Pourquoi les charges sociales reposent-elles uniquement sur le revenu du travail ? C'est une des raisons pour laquelle tant de société de management existent alors qu'elles n'ont qu'un seul client et que leur but est d'éviter trop de taxes et surtout trop de charges sociales. Il faut instaurer une globalisation de l'impôt sur le revenu en tenant compte des impôts déjà payés (Isoc, précomptes..) et une CSG (cotisation sociale généralisée portant sur tous les revenus (dividendes, loyers...). Cela permettrait d'avoir un taux maximum de 45% à un niveau élevé et probablement un taux marginal pour la classe moyenne de 40%. Cela ne réduirait pas globalement les revenus de l'Etat, mais la répartition serait plus juste. C'est en fait le système français où l'impôt sur le travail est beaucoup plus faible.

  • Posté par Chalet Alain, mercredi 28 avril 2021, 15:32

    Pour info, les dividendes sont taxés à environ 50% en Belgique (d'abord impôt des sociétés, puis taxe de 30% sur les dividendes versés aux actionnaires). Quant à taxer directement le capital, ce n'est pas nécessairement une bonne idée, ainsi que les Français l'ont compris avec l'ISF et font donc progressivement machine arrière.

  • Posté par Chalet Alain, mercredi 28 avril 2021, 9:24

    Nos pays européens sont de plus en plus exigeants en termes d'avantages sociaux, de réduction du temps de travail, d'augmentations de salaire et d'indemnités diverses. Mais dans les pays en voie de développement ou même déjà +/- développés, l'état d'esprit est totalement différent: études, apprentissage, compétition, travail et excellence sont les maître-mots. En d'autres termes, le progrès est compris différemment dans ces deux cultures: chez nous il est synonyme de "droits" (protections en tous genres, santé, congés, égalités diverses), alors qu'ailleurs le progrès est de s'instruire, de travailler et de développer des compétences techniques et des industries compétitives. Le résultat est qu'ils font aussi bien et même mieux que nous, pour beaucoup moins cher. Dans ces conditions, réclamer des augmentations générales de salaire chez nous est tout simplement suicidaire: nous vivons au-dessus de nos moyens et avec l'état d'esprit qui règne chez nous, ce n'est pas près de s'arranger.

  • Posté par Chalet Alain, mercredi 28 avril 2021, 15:25

    @Byloos Dominique: Sans profit, pas de réinvestissement possible, donc pas d'innovation. Et pas de dividende, donc pas d'actionnaires et pas d'entreprise.

  • Posté par Byloos Dominique, mercredi 28 avril 2021, 11:41

    Messieurs Chalet et Goosens : Si on vous suivait, on devrait vivre comme des indiens ou des personnes vivants dans des pays en voie de développement pour permettre plus de profits à nos entreprises. Perso, ce n'est pas la vie que je veux avoir.

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