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Paul Magnette sur l’AIP: «Avec le gouvernement Michel, c’était open bar pour les patrons»

« Si les patrons ne veulent pas négocier, dans ce cas-là on peut geler les salaires des patrons et les dividendes. Je ne peux pas dire aux salariés qu’il n’y a pas d’argent pour leur salaire mais bien pour le salaire des patrons et les dividendes », a expliqué le président du PS.

Temps de lecture: 3 min

Alors que les tensions sur la marge salariale sont vives au sein du gouvernement Vivaldi, le président du PS, Paul Magnette, était sur tous les fronts (médiatiques) ce vendredi matin, répétant, en cette veille de 1er mai, l’avertissement des socialistes : sans négociation possible sur la limitation à 0,4 % des salaires, il n’y aura pas de distribution de dividendes.

« Si les patrons ne veulent pas négocier, on peut geler les salaires des patrons et les dividendes. Je ne peux pas dire aux salariés qui ont continué à travailler pendant la crise corona qu’il n’y a pas d’argent pour leur salaire, mais que le patron de Delhaize s’augmente de 30 % », a ainsi dit Paul Magnette sur LN24.

« Avec le gouvernement Michel, c’était open bar pour les patrons. Maintenant c’est fini, les socialistes sont de retour », y a-t-il ajouté.

« Sur les salaires, l’accord de gouvernement est très clair : on ne revient pas sur la loi de 1996 parce qu’on n’a pas obtenu d’accord avec les libéraux, mais on crée de la souplesse avec des circulaires. Si les patrons font en sorte que ce ne soit pas possible, on proposera le blocage de leurs salaires et des dividendes. C’est une manière de dire que nous préférons un accord », a ensuite répété Paul Magnette dans Matin Première (RTBF) et De Ochtend (VRT) en dénonçant la « provocation » des employeurs.

« Sans meilleurs sentiments des patrons, ce sera zéro paix sociale », avait-il d’ailleurs averti dans SudPresse vendredi matin tandis que sur Bel RTL, le ministre de l’Economie, Pierre-Yves Dermagne, assurait que si le gouvernement devait reprendre la main faute d’accord entre partenaires sociaux, il irait plus loin que la proposition patronale d’une prime de 200 à 300 euros uniquement dans les entreprises qui ont fait plus de 30 % de bénéfices.

« C’est un dossier important pour celles et ceux qui ont fait tourner notre économie pendant cette crise. On leur doit une reconnaissance décente », selon M. Dermagne.

Bouchez réagit

Les déclarations du président du PS et du ministre de l’Économie n’ont évidemment pas manqué de faire réagir les libéraux. « « Puis je rappeler à Paul Magnette qu’il y a un accord de #begov ? Interdire les dividendes, c’est priver l’État et les politiques sociales de plusieurs milliards d’euros de rentrées via ses participations et l’impôt », a ainsi tweeté le président du MR, Georges-Louis Bouchez. « Courir derrière les populistes n’est jamais une bonne idée », a-t-il encore estimé sur le réseau social.

Quant à la N-VA, elle a fustigé la « langue guerrière » du PS à l’adresse des employeurs. « Évidemment que les salaires doivent augmenter, mais ça doit passer par une hausse des salaires nets. Et si les francophones pensent qu’ils peuvent faire plier les entrepreneurs flamands, il est grand temps que la Flandre et la Wallonie fassent leurs propres choix », a estimé le parlementaire nationaliste Björn Anseeuw.

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18 Commentaires

  • Posté par Scorneau Anne-marie, vendredi 30 avril 2021, 12:30

    Bonjour, Certains de nos politiques sont très attachés à la compétitivité de nos entreprises vis-à-vis de nos voisins directs. Je peux le comprendre mais, ce qui ne semble pas être pris en compte est l'autre aspect : celui de "la compétitivité de nos concitoyens" à savoir le pouvoir d'achat de chacun de nous! Nombreux sont ceux d'entre nous, habitant près de nos frontières, qui la traverse pour y faire leurs achats dans les pays limitrophes! Cette remarque ne vaut pas uniquement vis-à-vis du Grand-Duché bien connu des automobilistes et autres amateurs de tabac et d'alcool mais aussi pour les Pays-bas, l'Allemagne et la France où beaucoup de produits sont sensiblement moins chers! Ayant habité à 2 pas de Maubeuge, Auchan était le point de rencontre de nombreux belges venu s'approvisionner non seulement en vin mais aussi en eau, couche culotte, yahourt,... Un autre exemple que je vis actuellement est celui du gros électroménager: le même produit, sur le site du fabriquant en France (Siemens pour ne pas le nommé) est quasi 400€ moins cher en France que sur le site belge de Siemens soit environ 25 à 33% moins cher! Une étude sur le coût réel de l'usage de l'automobile montre que la Belgique se classe dans le top pour la taxation. Les exemples ne manquent pas pour démontrer que vivre et consommer en Belgique coûte souvent plus cher que dans les pays limitrophes, ce paramètre devrait aussi être mis en avant dans les discussions politiques car finalement l'augmentation salariale conduit souvent à une augmentation de la taxation et ne résout pas la problématique du pouvoir d'achat qui est, in fine, ce que chaque citoyen constate en faisant ses courses! Merci

  • Posté par Wafellman Fabienne, vendredi 30 avril 2021, 11:28

    Allons, Monsieur le Démagogue, tout cela c'est du cinéma électoral. Ce qui vous terrorise c'est l'évolution du PTB qui vous talonne avant que de vous dépasser dans les intentions de vote de votre base électorale. Pour le reste, il semble que vous ayez la mémoire courte : qui a fait de la Wallonie ce qu'elle est ? qui a eu le plus de magouilles dans ses rangs (sur le dos des travailleurs) ? qui a participé aux divers gouvernements ? qui a eu un premier ministre de son camps ? etc... Il ne fait pas bon être patron à notre époque. Continuez votre cirque et les quelques entreprises qui subsistent dans votre cambuse déménageront en Flandre ou, pire encore, dans d'autres pays d'Europe. Qu'est-ce qu'on dit ? Merci les rouges.

  • Posté par Malé Bertrand, vendredi 30 avril 2021, 12:15

    Seriez-vous une "brave" patronne ??? Avez-vous perdu de vue qu'en au aucun cas le PS n'a eu de majorité absolue en Wallonie; il a donc toujours été en coalition, soit avec la cathos du PSC/CDh ou avec les bleus libéraux; donc concrètement, les responsabilités sont partagées, sans oublier le "brave" patronat qui en veut toujours plus au niveau des dividendes, sinon il s'empresse de délocaliser en exploitant de la main d'oeuvre à bon marché, sur d'autres cieux, et ce, sans le moindre égard pour leurs salariés.

  • Posté par Dorp L, vendredi 30 avril 2021, 10:49

    C'est en Belgique qu'on taxe le plus les revenus du travail et qu'on taxe très peu les revenus du capital. A quoi bon être payé davantage si l'impôt prélève l'essentiel de l'augmentation de salaire, sans toucher, surtout pas, aux revenus du capital. Le travailleur belge a en fait deux patrons : l'actionnaire de son entreprise et l'Etat. Et quand ces deux-là se sont servis, il ne lui reste plus que des miettes pour faire face aux aléa de l'existence.

  • Posté par d dsti, vendredi 30 avril 2021, 13:30

    Les revenus du capital sont plus taxés que ce que la plupart des gens pensent. Il y a d'abord l'Isoc à 25% en moyenne, puis le précompte mobilier à 30%. Donc 100 euros de bénéfice brut distribué deviennent 75*0,7 = 52,5 de revenu net , ce qui correspond à une taxation de 47,5% fort proche du taux marginal de 50% de l'IPP. Il est donc faux de dire qu'on taxe très peu les revenus du capital (la plupart des gens pensent qu'on ne le taxe qu'à 30% ignorant l'impot des sociétés déjà prélevé)

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