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Sectes: l’Etat a baissé sa garde

Les sectes nuisibles sont dopées par la crise sanitaire. Pourtant, depuis 2015, les autorités ont désinvesti dans la lutte et la prévention contre les mouvements sectaires.

Temps de lecture: 2 min

Depuis le début de la crise sanitaire, le processus de recrutement par les sectes s’est intensifié. C’est le constat posé par Kerstine Vanderput, la directrice du Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles.

« On a observé avec inquiétude que certaines organisations spirituelles ou religieuses relayaient des messages dont la nature pouvait conduire ceux qui y adhèrent à ne pas respecter les consignes de sécurité et mettre potentiellement en danger la santé publique », déclare-t-elle. « Les organisations sectaires sont de plus en plus virtuelles mais provoquent des dégâts réels ».

Comment les mouvements sectaires sont-ils traqués aujourd’hui en Belgique ? « On n’est pas loin du néant », déplore André Frédéric, sénateur et député wallon socialiste. « Depuis 2015, la Sûreté de l’Etat, dont c’était l’une des missions, n’enquête plus sur les mouvements sectaires. Elle concentre ses moyens sur le terrorisme. Idem pour la police ».

« A un moment, il y a eu jusqu’à 15 personnes qui s’occupaient de ces dossiers dans les services de renseignement », abonde Stefaan Van Hecke, député Ecolo-Groen.

« En 2015, ils ont demandé à ne plus s’en occuper activement. Mais depuis lors, ils ne font plus rien du tout. Le terrorisme est une menace mais il ne faut pas oublier les autres (…) Si dans un an ou trois ans, nous devons faire face à des morts, on va pointer tout le monde du doigt. Il faut agir ».

Notre dossier sur le suivi des sectes nuisibles en Belgique.

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