Une Commission de la Chambre qui devait mener des auditions sur le Xinjiang victime d’une cyberattaque

Le fait que la cyberattaque de ce mardi 4 mai 2021 sur nombre d’institutions belges ait provoqué l’annulation des auditions sur un éventuel génocide au Xinjiang apparaît comme une étrange coïncidence.
Le fait que la cyberattaque de ce mardi 4 mai 2021 sur nombre d’institutions belges ait provoqué l’annulation des auditions sur un éventuel génocide au Xinjiang apparaît comme une étrange coïncidence. - Reuters

Ce mardi à 14 h devaient débuter, en commission des Relations extérieures de la Chambre, des auditions relatives à trois propositions de résolution sur la répression en cours au Xinjiang. Mais une cyberattaque a frappé à partir de 12 h le réseau Belnet, qui fournit l’accès internet à 200 institutions belges, dont Tax-on-web, MyMinfin et le Parlement belge. Les réunions en ligne prévues à l’agenda de la Chambre ont donc été annulées.

Selon la porte-parole de Belnet, Davina Luyten, il s’agit d’une attaque DDoS (attaque par déni de service distribué) de grande ampleur, à l’origine encore incertaine. « Nos services travaillent d’arrache-pied », précise-t-elle. « Ce n’est pas évident car il s’agit d’un piratage à très grande envergure visant l’ensemble du réseau Belnet. Avec une attaque DDoS, un tiers envoie une gigantesque quantité de données sur des serveurs jusqu’à ce qu’ils soient surchargés. »

Les institutions connectées via Belnet avaient ce mardi après-midi un accès très lent, voire inexistant à internet.

Témoignages

Les membres de la commission Relations extérieures devaient notamment y écouter les contributions de Jonathan Holslag, professeur à la VUB ; de Vanessa Frangville, professeure en études chinoises à l’ULB, directrice du centre de recherche EASt ; de Koen Stoop, du World Uyghur Congress ; de Qelbinur Sidiq, rescapée ouïghoure ayant subi une stérilisation forcée, venue des Pays-Bas pour apporter son témoignage ; et de Ng Sauw Tjho, ancien correspondant de la VRT en Chine.

Une des propositions de résolution qui seront bientôt débattues demande au Parlement belge « de reconnaître le crime de génocide perpétré par le gouvernement de la République populaire de Chine contre les Ouïghours ».

En février, les Parlements néerlandais et canadien avaient déjà adopté des résolutions en ce sens, tout comme, il y a quelques jours, le Parlement britannique.

L’ambassade de Chine à Bruxelles avait été invitée à participer aux auditions prévues à la Chambre, mais elle avait préféré décliner. Elle a cependant envoyé à tous les députés une note intitulée « Huit clarifications sur les affaires relatives au Xinjiang » où elle explique que ces accusations de génocide sont orchestrées par des « forces d’extrême droite anti-chinoises ».

 
 
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