Condamnée par la justice, l’Allemagne relève son objectif climat

La ministre allemande de l’environnement, Svenja Schulze (Parti social-démocrate).
La ministre allemande de l’environnement, Svenja Schulze (Parti social-démocrate). - Photo News

C’est une annonce qui ne passera pas inaperçue. Elle a été faite ce mercredi par la ministre allemande de l’Environnement, Svenja Schulze (Parti social-démocrate), et son collègue des Finances, Olaf Scholz. Le gouvernement allemand s’apprête à proposer de relever sérieusement le niveau des ambitions climatiques allemandes. Concrètement, il s’agirait d’anticiper la date de la neutralité carbone à 2045 (contre 2050) et de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 65 % en 2030 (contre 55 % auparavant) et de 88 % en 2040.

La proposition aurait déjà fait l’objet d’un accord entre les chrétiens-démocrates (CDU/CSU) et les sociaux-démocrates (SPD). Ces objectifs sont «réellement ambitieux» et «réalisables», a assuré la ministre de l’Environnement, Svenja Schulze.

La semaine dernière, considérant que l’Allemagne n’en faisait pas assez pour respecter ses engagements internationaux sur le dossier du climat, la cour suprême avait condamné l’Etat allemand à rehausser son objectif de réduction d’émission. Cela n’aura pas tardé.

Poussé par la Justice et l’essor pré-électoral des Verts

Saisie par quelques militants soutenus par des ONG environnementales, la Cour avait estimé alors que l’actuel gouvernement allemand faisait peser un poids trop important sur les générations futures en n’accentuant pas l’effort de réduction des émissions. Elle avait donné à Berlin un an pour revoir sa politique. Le gouvernement est à la fois poussé par la Justice, mais aussi menacé par l’essor pré-électoral apparemment irrésistible des Verts, très populaires auprès des jeunes.

Inévitablement, ce jugement avait fait penser à l’affaire Urgenda, qui a vu la cour suprême néerlandaise décider dans le même sens. Et les militants de l’affaire climat qui ont traîné les gouvernements belges devant le tribunal de première instance de Bruxelles ont vite fait d’établir un parallèle avec leur propre cause. « Par leur politique insuffisante », dit l’affaire climat, les autorités belges ont contribué au réchauffement climatique et lésé les intérêts de leur population. Elles violent en outre le droit à la vie et le droit à la vie privée et familiale, protégés par la Convention européenne des droits de l’homme et par la Convention internationale des droits de l’enfant.

 
 
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