Proposition «raisonnable», «miettes»: les réactions politiques à l’accord salarial de la Vivaldi dans le cadre de l’AIP

L’accord salarial conclu par la majorité fédérale dans la nuit de mercredi à jeudi suscite, jeudi matin, des réactions diverses dans les rangs politiques. Ainsi, si les libéraux tant du nord que du sud du pays se réjouissent « de la proposition de médiation raisonnable faite par le gouvernement dans le cadre de l’Accord interprofessionnel », le PTB, lui, dénonce « les miettes » laissées aux travailleurs.

Paul Magnette conditionne l’accord à la hausse du salaire minimum

« La hausse du salaire minimum est un combat fondamental pour les socialistes et fait partie intégrante de la proposition de cette nuit. Si les patrons refusent celle-ci, il n’y aura d’accord sur rien et ce sera la liberté totale de négociation salariale », avertit le président du PS Paul Magnette jeudi sur Twitter.

Les socialistes font donc de ce second volet une question de principe.

Le président des socialistes flamands Conner Rousseau (Vooruit) cite également ce point en premier lieu dans une réaction postée sur Twitter : « ceux qui travaillent dur doivent y gagner (« vooruitgaan » en néerlandais). C’est ce que fait ce gouvernement : des salaires minimums plus élevés, des salaires plus élevés et une prime supplémentaire de 500 euros dans les entreprises et les secteurs qui ont bien fonctionné. »

La sortie de Paul Magnette n’a pas plu au président du MR Georges-Louis Bouchez. «La menace n’est jamais une bonne méthode», a écrit le libéral sur Twitter. «L’accord du gouvernement est très clair: la Loi de 1996 comme réformée en 2015 s’appliquera. Si tout le monde s’en tient aux accords, tout se passera bien. Il faut du sang froid pour une négociation sereine.»

«Avec une majorité aussi unie, encore heureux que l’opposition garde son sang-froid», a de son côté ironisé le président de DéFI François De Smet sur le réseau social.

Les libéraux se réjouissent

Plus tôt dans la matinée, Georges-Louis Bouchez s’était réjoui de l’accord salarial de la Vivaldi : « Ces éléments permettent de renforcer deux thèmes majeurs pour le MR : le pouvoir d’achat des travailleurs sans altérer la compétitivité de nos entreprises pour une économie belge gagnante ».

Quant à Egbert Lachaert, le président de l’Open VLD, il s’est lui aussi déclaré satisfait de l’accord, « avec un maintien d’une norme salariale qui préserve notre compétitivité et des entreprises qui peuvent, en cas de bons résultats, accorder une prime unique de près de 500 euros net à leur personnel », a-t-il tweeté. « Le menu qui est sur la table permet maintenant aux partenaires sociaux de recommencer à travailler », a-t-il ajouté.

« Les miettes, c’est pour les pigeons »

« Une prime unique de 500 euros net pour deux ans en plus des 0,4 % ? Voila le maximum que veut imposer le gouvernement aux syndicats pour négocier. Même là où les dividendes explosent, interdit de réclamer plus. Les miettes, c’est pour les pigeons, les travailleurs méritent du respect », a ainsi tweeté Raoul Hedebouw (PTB).

L’accord auquel a abouti dans la nuit le comité ministériel restreint, dans le cadre d’une proposition de médiation après l’échec de la négociation entre les partenaires sociaux, prévoit une marge salariale de 0,4 % augmentée d’une prime ponctuelle “corona” plafonnée à 500 euros net, uniquement pour les entreprises ayant enregistré de bons résultats pendant la crise.

« Occasion manquée » et « vigilance »

La secrétaire générale de la FGTB et présidente de la FGTB flamande, Miranda Ulens, a fait part de sa déception, jeudi matin sur les ondes de Radio 1. « Le fait que le gouvernement ait repris les négociations salariales donnait une chance de faire la différence. Mais des premières informations dont je dispose, il semble que ce soit une occasion manquée », a réagi la responsable du syndicat socialiste.

De son côté, la FEB note dans un communiqué que « la décision du gouvernement concernant l’augmentation salariale en sus de l’indexation automatique est conforme aux propositions formulées par les employeurs lors de la concertation du Groupe des Dix ». La Fédération des entreprises de Belgique souligne « enfin la clarté », mais appelle à « la vigilance concernant la compétitivité reste de mise pour les prochains mois ».

Pour la N-VA, l’accord salarial coûtera des milliers d’emplois

Pour le député de la N-VA Bjorn Anseeuw, la proposition que le gouvernement fédéral fait aux partenaires sociaux expose les divisions au sein de l’équipe Vivaldi et pourrait coûter des milliers d’emplois.

« La patate chaude est renvoyée vers les différents secteurs où la pression sera désormais très forte pour que l’on paie à tout le monde une telle prime, même si la dernière année a été une année désastreuse pour de nombreuses entreprises », observe le nationaliste flamand.

Selon M. Anseeuw, avec cet accord, le gouvernement cède à la pression du PS et permet que les coûts salariaux augmentent à nouveau plus fortement en Belgique que dans les pays voisins, « ce qui nous coûtera des milliers d’emplois. »

 
 
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