Accord interprofessionnel: la FGTB rejette la proposition du gouvernement

Accord interprofessionnel: la FGTB rejette la proposition du gouvernement
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Non, dans toutes les langues. Le bureau fédéral de la FGTB qui s’est réuni ce jeudi matin a recalé l’accord salarial conclu par le gouvernement fédéral dans la nuit. Reprenant les critiques émises en début de matinée par leur président, Thierry Bodson, les centrales syndicales ont vivement critiqué le contenu de cet accord interprofessionnel (AIP) négocié au sein de la majorité fédérale.

Le constat des centrales syndicales est que les quatre principaux points chers à la FGTB n’ont pas été rencontrés. Celles-ci réclamaient en effet une marge indicative et dépassable pour tous les travailleurs. Elles constatent par ailleurs que le niveau sectoriel pour négocier la prime salariale est écarté. Par ailleurs, l’accord ne donne aucune garantie concernant l’augmentation du salaire minimum et ne dit rien de la prolongation des RCC (ex-prépension) à 58 ans.

Un comité fédéral du syndicat socialiste est prévu le 18 mai. On imagine mal qu’il valide un texte aussi vertement critique ce jeudi. Il pourrait décider d’actions, si possible en front commun. Mais certaines centrales pourraient déjà organiser des actions avant cette date.

Le CSC « prend le temps de la consultation »

De son côté, la CSC a également tenu un bureau, qui s’est achevé en début d’après-midi. « Nous allons prendre le temps de la consultation, réagit Marie-Hélène Ska, secrétaire générale du syndicat chrétien. Nous nous revoyons lundi soir. » Toutefois, elle relève certains éléments défavorables dans l’accord gouvernemental. « Le gouvernement confirme le chiffre de 0,4 %. C’est problématique pour nous car il sera difficile de mener des négociations libres dans les entreprises sur cette base. Par ailleurs, la prime complémentaire ne change rien à la teneur de la loi de 1996. Nous allons aussi examiner les autres points de l’accord. Sur le salaire minimum, poursuit-elle, nous prenons acte de la volonté de l’augmenter mais sans précision sur la hauteur de l’augmentation et sans aucun délai. Il faut plus que quelques cents d’augmentation car aujourd’hui, le salaire minimum est de 9,80 euros de l’heure, ce qui est très peu. »

Enfin, la CGSLB a également pris position sur cet accord. Le syndicat libéral prend acte de ce texte qu’elle va examiner. Elle déplore que le gouvernement se contente d’appliquer la loi de 1996 pour fixer la marge salariale à 0,4 % sans pour autant la modifier. « . Côté positif, la CGSLB note la possibilité offerte d’attribuer une prime maximale nette de 500 euros en plus de la marge de 0,4 %. C’est une mesure appréciable pour soutenir tant les travailleurs que l’économie. Appliquer des cotisations patronales sur ce montant est aussi important pour préserver la sécurité sociale. » Elle souhaite que ce revenu ponctuel profite au plus grand nombre de travailleurs et dit espérer conclure rapidement d’autres accords, dont un sur le régime des fins de carrière.

Cette prise de position éloigne la perspective d’un accord de consensus au sein du Groupe des Dix entre les interlocuteurs sociaux. Or, comme le texte gouvernemental était une proposition de médiation qui leur était adressée, c’est une fin de non-recevoir qui lui est signifiée en retour par le syndicat socialiste.

 
 
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