Christophe Brandt avant le Tour d’Italie: «Remco Evenepoel n’est pas un coureur comme les autres»

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Christophe Brandt, ancien coureur pro et actuel patron de l’équipe Wallonie-Bruxelles, nous donne son avis sur ce premier grand rendez-vous de l’année pour le prodige de l’équipe Deceuninck-Quick-Step.

Remco Evenepoel va faire sa première compétition au départ d’un grand Tour, est-ce concevable ?

C’est certainement concevable car Evenepoel n’est pas un coureur comme les autres, c’est un coureur exceptionnel. Maintenant, c’est vrai que c’est assez étonnant de voir qu’il n’a pas de préparation en compétitions avant sa première grande échéance. C’est un jeune coureur et il faut peut-être lui laisser découvrir le Giro. Il y va avec une grosse pression car les médias se font beaucoup d’idées par rapport à ses capacités. Je pense que ce serait déjà une belle victoire s’il pouvait remporter l’une ou l’autre étape. Et ce, par rapport à tout ce qu’il a vécu ces derniers mois. Au niveau du classement général, il vaut mieux y aller jour après jour et après on verra où cela le mène. Pagacar a gagné le Tour de France un peu comme cela. J’espère pour lui qu’il peut retrouver le niveau qui était le sien juste avant son accident. Si cela peut le mener jusqu’à la victoire au Giro, tant mieux mais il est clair qu’aborder la compétition sans préparation, cela pose question. On va voir ce que cela va donner. J’ai vu que, après les classiques ardennaises, Roglic arrêtait la compétition et ne reprendrait qu’au Tour de France. C’est une nouvelle approche du cyclisme. Cela exige beaucoup de force au niveau mental car les coureurs sont avant tout là pour faire des compétitions et pas pour s’entraîner. J’ai peur qu’on use vite les coureurs mentalement avec ce type de programme.

Le Giro, est-ce l’idéal pour un premier Tour ?

À mon époque, il y a dix ans de cela, il y avait une pression beaucoup moindre sur le Giro. Aujourd’hui, la couverture médiatique est plus importante. Mais je pense, en effet, que pour Remco Evenepoel c’est un bon plan pour commencer sa carrière sur les grands tours. Il n’y a pas encore la même pression que sur un Tour de France mais toutes les équipes y vont quand même pour remporter une étape, ce qui n’était pas le cas avant. Le niveau est donc très élevé. Cela reste toutefois le meilleur moyen de découvrir un grand Tour.

 
 
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