L'allongement de la piste de l'aéroport de Charleroi devrait se terminer dans les temps

Les travaux visent donc à allonger de 650 mètres la piste actuelle, longue de 2.550 mètres, pour la faire culminer à 3.200 mètres. Le chantier, assuré par les entreprises Wanty et TRBA, a débuté en mars 2019 et doit se terminer d'ici cinq mois. Outre cet allongement, il faut également construire des bretelles d'accès à la piste pour les avions, une aire de dégivrage et un bassin d'orage et installer le balisage. Cela représente environ 70.000 m2 de surface revêtue avec 115.000 tonnes de matériaux.

Depuis mars de l'an dernier, une moyenne de 40 travaillleurs équivalents temps-plein sont occupés chaque jour, et ce 5 jours sur 7 et 18 heures sur 24. 'Il a en effet fallu y travailler jour et nuit, quand l'aéroport est fermé et qu'il n'y a pas de trafic.", explique Nicolas Thisquen, président du comité de direction de la Société wallonne des Aéroports (Sowaer),. C'est à elle qu'appartiennent les infrastructures aéroporturaires, dont Brussels South Charleroi (BSCA) est l'exploitant.

"Ca a été un défi humainement difficile, avec des conditions, notamment météorologiques, parfois très dures. Le défi quotidien est aussi de continuer à exploiter la piste tout en l'allongeant. C'est quasiment unique au monde ce que nous faisons ici", insiste le responsable de la Sowaer.

Le chantier a toutefois pris un léger retard sur le planning initial à cause d'une ancienne décharge dont il a fallu assainir sur place les terres et dont la taille était trois plus importante que ne le laissaient penser les études préalables. Il a ainsi fallu traiter 180.000 m3 de terres au lieu de 60.000. Cela a aussi un impact sur le coût total des travaux, qui est passé de 35 à 42 millions d'euros.

S'ajoutent à cela le coronavirus et des travaux parfois un peu retardés par des équipes contaminées ou en quarantaine. Le trafic aérien très réduit à cause de la crise a cependant permis d'équilibrer le tout.

Sans le Covid-19 et ses effets dévastateurs sur le secteur aérien, il y a fort à parier que l'aéroport de Charleroi aurait déjà accueilli dès la fin de cette année de nouvelles compagnies aériennes utilisant des avions gros porteurs pour des liaisons intercontinentales, laisse entendre Philippe Verdonck, CEO de BSCA. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il a été décidé d'allonger la piste. "Maintenant, il faudra attendre la reprise et probablement jusque 2023 pour voir si les intérêts concrets d'avant la crise se confirment", pense-t-il. S'il ne peut donner le nom des compagnies aériennes intéressées, le patron de l'aéroport carolo dit qu'il y avait des contacts pour des liaisons vers tous les continents, sauf l'Océanie.

Jean-Luc Crucke, lui, se félicite du savoir-faire wallon en matière de génie civil que montre ce chantier, "dans une période très difficile dont l'aéroport sortira plus fort". Grâce à ces travaux d'une "importance stratégique", celui-ci pourra diversifier ses possibilités à l'avenir, se permettant d'attirer également les compagnies à bas coûts qui se lanceraient dans le long courrier -ce qui finira certainement par arriver selon lui- et dans le même temps de réduire les nuisances des avions.

"Sans cette piste, on aurait perdu du terrain par rapport au concurrent direct de Charleroi qu'est l'aéroport de Lille, qui, lui, ne peut pas allonger la sienne. Bientôt, on jouera dans une autre catégorie", conclut le ministre wallon des Aéroports.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous