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Carte blanche: les Assises bruxelloises contre le racisme n’intègrent pas l’antisémitisme. Pourquoi? C’est un problème

L’antisémitisme occupe une place singulière dans une Europe construite sur la mémoire des cendres d’Auschwitz et sur le « plus jamais ça ». Il ne peut donc être dilué dans la notion de racisme. Les « Assises » ne voient pas la question sous cet angle et c’est plus que regrettable, selon la députée Viviane Teitelbaum.

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Les Assises contre le racisme sont une initiative du Parlement bruxellois. Toutes les formations politiques s’y rallient. Pour les organiser, un comité de pilotage est créé et mis en place par la majorité (PS-Ecolo-Défi-Groen-Open VLD-Vooruit).

Dès le départ, le bât blesse : aucune personne représentant la communauté juive n’y est associée. Discussions, négociations. Finalement le Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique (CCOJB), la plus large fédération d’organisations juives du pays, est intégré.

Mais le problème essentiel surgit immédiatement : ne pas vouloir nommer la lutte contre l’antisémitisme aux côtés du racisme. Le CCOJB le demande, il n’est pas entendu. Il le dénonce à plusieurs reprises. Il n’est pas plus entendu.

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7 Commentaires

  • Posté par Naeije Robert, mercredi 12 mai 2021, 11:15

    Le débat sur ce forum fait inévitablement penser à Karl Marx qui était issu d'une famille de rabbins, dont le père Herschel Levy avait changé son nom en Heinrich Marx et s'était converti au lutherianisme pour pouvoir accéder à la profession d'avocat. Karl Marx pensait que cet exemple proposait une excellente solution à la question juive: résoudre ce problème en le supprimant. Il ne manqua pas d'agresser verbalement tous ceux qui pourraient se rebiffer. Les correspondence de Marx est fertile en dérapages antisémites. On y trouve le terme "nègre juif" et l'affirmation "we discern in Judaism a universal anti-social element" ou encore "money is the jealous god of Israel". Ces idées sont encore souvent reprises par une certaine gauche caviar, notamment par M Bjorn Deckers qui ne se doute probablement pas de leur origine troublre.

  • Posté par Deckers Björn, mardi 11 mai 2021, 22:05

    Dupont Vincienne, l'intersectionnalité et les communautarismes puisent aux même égarements, l'impasse identitaire. Celle ci n'est pas plus défendable pour les uns que pour les autres. Les défenseurs de la "negrophobie" n'éprouveraient aucune difficulté eux aussi à faire valoir la spécificité de "leurs" racisme. Sortons des impasses identitaires mortifères. Il n'y a plus qu'un seul moyen de sortir de cette impasse, retrouver l'anti-racisme dans sa dimension universelle et unitaire.

  • Posté par Deckers Björn, mardi 11 mai 2021, 21:59

    Mme Teitelbaum et le CCOJB pris en flagrant délit identitaire. "Mon" racisme est plus important que le tiens??? Car je vaut plus que toi??? Démasqués! Se faisant, le CCOJB a au moins un mérite, démontrer l'impasse grotesque des communautarismes. Les communautarismes (qui ont fait fleurir des expressions aussi inutiles qu'antisémitisme, négrophobie, islamophobie,...) ne sont pas des manifestations de l'anti-racisme mais bien de racisme inversé. Pour ce qui me concerne, je ne découvre rien. Mais je remercie le CCOJB et Mme Teitelbaum de tomber le masque. Le CCOJB est une organisation raciste!

  • Posté par Dupont Vincienne, mardi 11 mai 2021, 20:23

    @Surmont Willy - Et pour finir il y a les raisons politiques. En matière de lutte contre racisme, une notion a pris récemment une importance problématique, c'est celle "d'intersectionnalité". Alors que ce terme a au départ été créé pour désigner des personnes qui subissaient des discriminations multiples (par exemple des femmes, Noires et handicapées), il est désormais utilisé pour promouvoir une étrange nécessité de solidarité entre les discriminés. Certaines personnes pensent ainsi que les femmes victimes d'agressions de la part de personnes étrangères ne devraient pas les dénoncer du fait de la solidarité nécessaire entre les opprimés (les femmes d'un côté, les étrangers de l'autre). Ce genre de conception très en vogue chez certains électeurs des partis de la majorité au parlement Bruxellois (en particulier Ecolo, un peu moins PS et beaucoup moins DéFI) peut amener à être moins sévère envers le racisme dont les populations arabes sont coupables (l'antisémitisme, le plus souvent - mais le racisme anti-Noirs ou anti-Turc a aussi parfois la cote dans ces populations) qu'envers le racisme dont ces mêmes population sont victimes. C'est aussi cela qui amène, hélas, à insister pour que l'antisémitisme soit clairement reconnu dans ses spécificités lorsque les pouvoirs publics prennent des initiatives.

  • Posté par Dupont Vincienne, mardi 11 mai 2021, 20:16

    @Surmont Willy - Les raisons pragmatiques relèvent du fait que l'antisémitisme ne se manifeste généralement pas de la même façon que le racisme. En gros, le racisme classique (qu'il faut évidemment éradiquer) se manifeste souvent par de l'exclusion ou de l'infériorisation (par exemple dans le logement, l'emploi, les contrôles de police). L'antisémitisme ne se manifeste en général pas par la discrimination ou l'exclusion mais par une violence brutale et immédiate, verbale dans le meilleur des cas mais bien souvent physique. Si vous voulez savoir de quoi je parle, allez vous promener avec une kippa sur la tête aux alentours de la gare du midi. Cela sans parler évidemment des Juifs assassinés par des "déséquilibrés" de toutes sortes et des attentats contre des magasins ou des institutions juives.

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