Affaire des masques: la justice française ordonne l’extradition du patron d’Avrox

Laurent Hericord (à gauche) et Brice Erniquin, deux dirigeants de la société luxembourgeoise Avrox.
Laurent Hericord (à gauche) et Brice Erniquin, deux dirigeants de la société luxembourgeoise Avrox. - Dominique Duchesnes

Ce mercredi, l’admninistrateur-délégué de la société luxembourgeoise Avrox était attendu par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence. Ce natif de Cannes a été placé sous mandat d’arrêt européen par un juge d’instruction belge, dans le cadre d’une présumée affaire d’escroquerie.

Pour rappel, Avrox a livré 15 millions de masques en tissu à l’Etat belge, durant la crise sanitaire, pour un coût total de près de 32 millions d’euros. Mais pour remporter le marché, piloté par la Défense belge, Avrox est notamment suspectée d’avoir bidouillé ses références. Le dossier a été mis à l’instruction à Bruxelles pour des préventions de faux et usage de faux, escroquerie, blanchiment et entrave à la liberté des enchères et soumissions. Des opérations policières ont été menées la semaine dernière, sous la coordination d’Eurojust, dans plusieurs pays européens (au moins la France et le Luxembourg), et ont mené à l’arrestation de trois individus, dont le CEO d’Avrox Laurent Hericord.

L’homme, qui est également actionnaire minoritaire d’Avrox, a été placé préventivement sous les verrous et devait être entendu ce mercredi 12 mai par la chambre de l’instruction d’Aix (l’équivalent de la chambre du conseil en Belgique). Cette chambre était appelée à statuer sur son extradition vers la Belgique. Et la décision est tombée. Contacté par Le Soir, le parquet général d’Aix confirme que « la chambre de l’instruction a ordonné la remise de l’intéressé aux autorités judiciaires belges ». Laurent Hericord a été maintenu sous écrou et peut désormais se pourvoir en cassation contre cette décision, dans un délai de trois jours. « Si aucun pourvoi n’est formé, il sera remis à l’Etat requérant (la Belgique, NDLR) dans un délai de 10 jours », conclut le parquet d’Aix.

Le bras-droit écroué à Saint-Gilles

Brice Erniquin, autre membre de l’équipe dirigeante d’Avrox, a quant à lui déjà été extradé du Luxembourg vers la Belgique. Comme il était consentant, aucune « chambre » n’a dû se pencher sur cette extradition. M. Erniquin a ensuite été entendu par le juge d’instruction bruxellois, qui a décidé de le placer en détention à la prison de Saint-Gilles. Une information révélée par nos confrères de RTL, confirmée au Soir par son avocat Olivier Dupont (qui agit en tandem avec Steve Lambert). La chambre du conseil se prononcera vendredi sur la validité du mandat d’arrêt.

Pour rappel, Brice Erniquin était le commercial d’Avrox qui échangeait avec la Défense, lors de l’attribution du marché des masques. Sur son profil LinkedIn, aujourd’hui supprimé, il se présentait notamment comme agent de joueurs agréé par la Fédération luxembourgeoise de football (ce que celle-ci infirme) et CEO d’une société luxembourgeoise de commerce de métaux rares (en liquidation depuis juin 2019).

Article mis à jour à 19h45 avec les informations sur l’extradition de M. Erniquin

 
 
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