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Coronavirus: la culture «refuse d’être un simple embrayage» pour la mise en place des grands événements

Les associations et fédérations soulignent que les mesures d’accompagnement et de protection sociale pour les travailleurs tout comme les compensations financières et indemnisations sont insuffisantes.

Temps de lecture: 3 min

Le secteur culturel « refuse d’être un simple embrayage pour la mise en place de ‘grands événements’ de la mi-août » et s’oppose à ce qu’on lui impose une fois de plus des mesures plus contraignantes que celles imposées à d’autres secteurs. C’est ce qu’annoncent mercredi plusieurs fédérations et associations au lendemain du comité de concertation ayant décidé d’un calendrier de déconfinement pour la culture. Elles appellent à « une clarification immédiate et responsable des lignes définies » pour permettre une réouverture effective dans des conditions minimales viables le 9 juin.

Pour le secteur culturel, ce que le comité de concertation de mardi a proposé est « déjà un redémarrage trop tardif ». « Pourquoi attendre le 9 juin ? C’est repousser de presque un mois, sans aucun argument sanitaire valable, l’amorce d’une reprise ; c’étaient des dizaines de spectacles, d’ateliers culturels, de festivals qui étaient en suspens et vont une fois de plus être annulés ou reportés. Ce sont des centaines d’artistes, de travailleurs du secteur culturel qui se retrouvent une fois de plus sans travail », fustigent ces associations et fédérations.

« Pas un mot sur les activités culturelles avec des adultes à l’intérieur, hors représentations », déplorent-elles.

Pour ces fédérations et associations, les jauges qui seraient autorisées le 9 juin pour les spectacles ne sont pas aussi favorables que celles qui ont été présentées (200 personnes en intérieur, 400 personnes en extérieur). « En effet, passées à la moulinette réductrice de matrices (CIRM/CERM) fortement empreintes des réalités de l’évènementiel, et de surcroît conjuguées avec des mesures de distanciation complémentaires (1M50 à 360º), lesdites jauges seraient réduites à 30 % de leurs capacités d’origine. Intenable, inacceptable », répondent-elles.

Et de rappeler que les perspectives incertaines annoncées pour juillet obligent les organisateurs de festivals de moyenne envergure à annuler leur édition 2021.

« Ce qui nous est présenté comme une ‘ouverture’ ne sera donc, pour la plupart des salles et pour les productions prévues en extérieur, qu’un nouveau temps mort », dénonce encore le secteur.

« Malgré tous nos protocoles rigoureux, malgré tous nos efforts pour offrir au public des spectacles et des activités culturelles dans des conditions de sécurité optimale, le printemps culturel n’aura pas eu lieu », regrette-t-il, se qualifiant de « variable d’ajustement ».

Les associations et fédérations soulignent que les mesures d’accompagnement et de protection sociale pour les travailleurs tout comme les compensations financières et indemnisations sont insuffisantes. A leurs yeux, il est indispensable de poursuivre toutes les mesures de protection sociale jusqu’à la reprise totale des activités pour tous les opérateurs culturels et l’absorption de tous les reports.

Parmi elles, on retrouve l’UPAC-T (Union de professionnel·le·s des arts et de la création ? travailleur·euse·s), l’ACC (Association des centres culturels de la Communauté française de Belgique), l’ASSPROPRO (Association des programmateurs professionnels), l’ASTRAC (Réseau des professionnels en centres culturels), Court-Circuit (Fédération d’organisations de Concerts), la FCI (Fédération de la culture indépendante Baudouin) et la FEAS (Fédération des employeurs des arts de la scène).

Toutes des organisations qui avaient cité, parmi 40 plaignants, l’Etat en référé la semaine passée « dans l’ultime espoir d’obtenir sans autre délai la reprise des activités culturelles avec public en intérieur et en extérieur ». Leur action reste plus que jamais d’actualité, disent-elles d’ailleurs alors que l’audience d’introduction s’est tenue ce mercredi.

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3 Commentaires

  • Posté par Mourmaux Jean-François , jeudi 13 mai 2021, 1:16

    En termes économiques, le monde réel, c’est le système capitaliste libéral qui remplit principalement les portefeuilles des actionnaires de sociétés productrices de biens de consommation, de production et de services financiers. Le monde réel, c’est aussi les nombreux malades et le personnel épuisé des hôpitaux saturés, les médecins débordés.. C’est aussi le monde de l’enseignement des enfants et des jeunes à maintenir à flots. C’est aussi les services publics pour assurer le bien-être social et économique de l’ensemble de la population, la sécurité sociale afin de préserver le principe de solidarité entre les catégories de citoyens. C’est la recherche scientifique et big pharma. Sans oublier le secteur commercial des entreprises et des indépendants qui assurent la vente des biens et des services…. Alors, les secteurs de la culture, des sports et des loisirs, vendeurs de rêves, de divertissements et de bien-être moral ne pèsent pas beaucoup dans la balance du monde réel, sauf s’ils sont rentables (le foot pro, la F1, Tomorrowland par exemple). C’est regrettable, mais c’est comme cela, le monde réel.

  • Posté par Debersaques Bart, mercredi 12 mai 2021, 22:34

    Au monde culturelle: * Faites des collectes de dons et financements pour votre aider défense légale. Organisez vous! * Ne comptez pas sur l'ultime espoir mais une longue bataille contre une armée de fonctionnaires et une bourgeoisie politique éloigné du monde réelle!

  • Posté par massacry olivier, jeudi 13 mai 2021, 9:43

    Le secteur culturel, tout comme le sport, est pour une partie non négligeable subventionné. Peut-être péférierez-vous les voir soumis qu'à une logique commerciale?

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