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Double meurtre des Cévennes: ce que l’on sait du suspect et de la traque

La gendarmerie a lancé un appel à témoins pour retrouver le suspect en fuite depuis plus de 48 heures.

Temps de lecture: 3 min

Je l’appelle à revenir à la raison » : le procureur de Nîmes a exhorté mercredi le fugitif des Cévennes à se rendre, après 36 heures de traque de cet homme lourdement armé qui a disparu dans la forêt après avoir tué son patron et un collègue.

« Il est peut-être en mesure de m’entendre » et « j’aurais des messages à lui passer », a déclaré Eric Maurel, en s’adressant à la presse dans le village voisin de Saumane mercredi en début de soirée : « Je l’appelle à revenir à la raison, à déposer les armes, et à venir s’expliquer sur son passage à l’acte dans le cadre d’une reddition pacifique ».

Une traque qui dure depuis 48h

Le suspect, au profil complexe, adepte de la chasse et du tir sportif et qui aurait aimé être tireur d’élite dans l’armée, a au moins deux armes avec lui, « une arme de poing et une arme longue dont les caractéristiques laissent envisager une dangerosité toute particulière » avec une portée potentielle de 300 mètres, a ajouté le procureur.

Depuis mardi matin, des centaines de gendarmes et une demi-douzaine hélicoptères se relaient pour passer au peigne fin une zone forestière de 15 km2. Le jeune homme âgé de 29 ans est « déterminé » et « connaît parfaitement » le terrain, a ajouté le colonel de gendarmerie Laurent Hass, reconnaissant : « Il a cet avantage sur nous ». « Le compartiment de terrain sur lequel nous agissons est très vaste », des montagnes, des « couverts forestiers denses » avec de nombreuses grottes, a ajouté le colonel.

La gendarmerie du Gard a lancé un appel à témoins ce jeudi 13 mai sur les réseaux sociaux afin de retrouver le suspect, Valentin Marcone. « L’hypothèse désormais c’est qu’il aurait pu prendre la fuite plus loin, au-delà du périmètre de 15 km2 que nous fouillons depuis le départ », a expliqué à l’AFP la porte-parole de la gendarmerie en Occitanie.

Des habitants inquiets

Dans le bourg tranquille des Plantiers, l’ambiance reste très angoissante pour les 260 habitants. Il leur est conseillé de sortir le moins possible, au cas où le fugitif, marié à une enfant du village avec qui il a eu un enfant, reviendrait sur place. « Il faut que je sois là pour leur dire : ‘N’ayez pas peur’», a expliqué devant la presse le maire Bernard Mounier.

L’avenir aux Plantiers sera de retrouver une possibilité de « bien commun et de vivre-ensemble », a insisté le maire : les familles des victimes et du tueur se connaissent et certains de leurs membres travaillent même ensemble à la mairie.

Les faits

Mardi matin, vers 8h, le jeune homme est arrivé à la scierie du village spécialisée dans le bois de châtaignier où il était employé depuis un an environ et où il était visiblement en conflit pour des problèmes d’horaires de travail. Il ne dit pas bonjour à son patron qui le lui fait remarquer, selon les éléments fournis par les procureurs d’Alès et de Nîmes – ce dernier a repris l’enquête ouverte pour « assassinats ».

Il a alors tiré dans la tête de son patron, mort sur le coup, puis dans la tête d’un collègue qui s’était interposé. Un deuxième collègue a assisté à la scène et pu donner l’alerte aux secours.

Entre-temps, le tireur est revenu chez lui. Il y a récupéré une 2e arme et s’est équipé comme un chasseur pour « résister au froid et aux intempéries », a rapporté Eric Maurel. Lors des perquisitions à son domicile, une douzaine d’armes ont été retrouvées et 3.300 munitions de tous calibres.

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