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Israël masse des soldats près de Gaza, peine à calmer les émeutes sur son sol

Les violences continuent de faire rage malgré les appels internationaux à la désescalade : des centaines de roquettes ont de nouveau été tirées vers Israël par le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens à Gaza et l’armée a mené de nombreux raids aériens et tiré à l’artillerie sur l’enclave sous blocus israélien depuis plus de 10 ans.

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Israël a déployé jeudi des chars et des blindés le long de la frontière avec l’enclave palestinienne de Gaza, au quatrième jour d’un nouveau conflit sanglant accompagné d’une éruption de violences entre juifs et arabes en territoire israélien.

Une intervention terrestre, présentée comme l’une des options par l’armée, aggraverait le conflit ayant déjà coûté la vie depuis lundi à 83 Palestiniens dont 17 enfants dans la bande de Gaza sous contrôle des islamistes du Hamas, et à sept personnes, parmi lesquelles un enfant et un soldat en Israël.

Les violences continuent de faire rage malgré les appels internationaux à la désescalade : des centaines de roquettes ont de nouveau été tirées vers Israël par le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens à Gaza et l’armée a mené de nombreux raids aériens et tiré à l’artillerie sur l’enclave sous blocus israélien depuis plus de 10 ans.

Depuis le matin, des chars et d’autres véhicules blindés se sont massés le long de la barrière séparant l’enclave du territoire israélien, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Nous sommes prêts et nous continuons à nous préparer à différents scénarios », a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’armée, Jonathan Conricus, précisant qu’une invasion terrestre était « l’un des scénarios ».

« Ce prendra du temps mais nous allons restaurer la quiétude en Israël », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui s’est rendu jeudi sur le site d’une batterie du bouclier antimissile « Dôme de Fer » dans le centre du pays.

D’après l’armée, environ 90 % des quelque 1.600 roquettes lancées depuis Gaza ont été interceptées par ce système.

Appelant les compagnies aériennes à suspendre leurs vols vers Israël, le Hamas a annoncé avoir tiré une roquette d’une portée de 250 km vers le deuxième aéroport d’Israël, dans le Sud, vers lequel les autorités aéroportuaires ont détourné les vols à destination de Tel-Aviv en raison des tirs.

Plusieurs compagnies ont d’ailleurs suspendu leurs vols vers Tel-Aviv.

Le conflit entre Israël et le Hamas a été déclenché lundi dans le sillage des vives tensions et des affrontements pendant plusieurs jours à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la Ville sainte occupé pat Israël, dus principalement aux menaces d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons juifs.

Les violences à Jérusalem-Est avaient culminé lundi avec des accrochages entre Palestiniens et policiers israéliens sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam, qui ont fait des centaines de blessés palestiniens. Le Hamas avait alors menacé de frapper Israël.

Depuis lundi, l’armée israélienne a indiqué avoir mené 600 frappes sur la bande de Gaza : son aviation a frappé des positions du Hamas et ses chars déployés à Sdérot (sud) on tiré des obus sur l’enclave. Selon le Hamas, l’aviation israélienne a visé des immeubles abritant des logements et de locaux de médias, qui ont été entièrement détruits.

Le Hamas a indiqué avoir tiré des « drones kamikazes ». L’armée a dit en avoir abattu un et deux autres drones chargés d’explosifs ont été trouvés et désarmés.

Ce conflit est accompagné d’une escalade entre Arabes et Juifs dans plusieurs villes mixtes d’Israël, un niveau de violence jamais atteint depuis des décennies selon le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld.

Près de 1.000 membres de la police des frontières ont été appelés en renfort dans ces villes, théâtres d’émeutes depuis mardi avec des heurts et des échanges de coups de feu qui se poursuivaient jeudi. Et plus de 400 personnes, Juifs et Arabes, ont été arrêtées depuis lundi.

Mercredi, des groupes d’extrême droite israéliens ont affronté dans des villes forces de sécurité et Arabes israéliens, les descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d’Israël en 1948.

Diffusées en direct à la télévision, les images du lynchage d’un homme considéré arabe par ses agresseurs, près de Tel-Aviv, ont choqué. Elles montrent un homme sorti de force de sa voiture puis roué de coups par une foule, jusqu’à ce qu’il perde connaissance.

Malgré l’intensification du conflit, une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU prévue vendredi a été annulée. Deux précédentes réunions n’ont abouti à aucune déclaration.

En coulisses, l’ONU, le Qatar et l’Egypte s’activent pour faciliter une médiation. Et les Etats-Unis ont annoncé l’envoi d’un émissaire en Israël et dans les Territoires palestiniens pour exhorter à la désescalade.

Pour le président russe Vladimir Poutine et le chef de l’ONU Antonio Guterres, « la première des priorités est la fin des violences des deux côtés ».

La dernière confrontation entre Israël et le Hamas en 2014 a duré 50 jours, ravagé le territoire et fait au moins 2.251 morts côté palestinien, en majorité des civils, et 74 côté israélien presque tous des soldats.

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