Conflit israélo-palestinien: des politiciens fustigent Maouane, plusieurs associations la soutiennent

Conflit israélo-palestinien: des politiciens fustigent Maouane, plusieurs associations la soutiennent

Il n’aura fallu que quelques jours après le déclenchement des violences pour que le débat sur le conflit israélo-palestinien s’envenime en Belgique. Partagé par la co-présidente d’Ecolo, le cliché d’un militant palestinien, accompagné d’une chanson à l’interprète sulfureuse, a mis le feu aux poudres. La Ligue belge contre l’antisémitisme y a vu une incitation à la haine antisémite et a demandé la démission de Rajae Maouane.

« Je suis profondément heurtée que l’on puisse me prêter des intentions antisémites alors que je n’ai eu de cesse, dans mon engagement politique et associatif, de rapprocher les deux communautés. Le respect, le dialogue et la valorisation des cultures sont au cœur de mon engagement politique », a réagi Mme Maouane.

La co-présidente des Verts pointe du doigt une instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme. « Je regrette qu’une lutte aussi essentielle et actuelle que celle contre l’antisémitisme puisse être instrumentalisée pour disqualifier et salir celles et ceux qui en appellent à la justice et au droit international pour en finir avec ce conflit qui n’a que trop duré », a-t-elle dit.

« En accompagnant cette photo d’un court extrait d’une chanson, mon intention n’était nullement de heurter qui que ce soit. Si tel est le cas, je le regrette », a-t-elle conclu.

Ce jeudi, dans un communiqué commun, l’Association belgo-palestinienne (ABP), de l’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB) et de De-colonizer ASBL apportent leur soutien à Rajae Maouane. Pour ces associations, « la chanson incriminée est bien un chant guerrier, mais elle ne contient nulle trace d’appels à la haine des Juifs et se focalise surtout sur la passivité des dirigeants arabes face à Israël, dont les crimes de guerre commis à l’époque étaient encore frais dans les mémoires. Et si les attaques contre des civils, quels qu’ils soient, sont évidemment condamnables, on voit mal en quoi l’illustration d’un lanceur de pierre entouré de soldats pourrait signifier autre chose qu’un soutien au droit légitime des Palestiniens à la résistance. Par ailleurs, aucun positionnement d’Ecolo ne permet d’attester une supposée dérive antisémite de sa part. »

« Une faute »

Le son de cloche est différent du côté d’Olivier Maingain. L’ancien président de Défi a en effet publié le message suivant sur son compte Twitter dans la soirée de jeudi. « Dans le conflit israélo-palestinien, le message de Rajae Maouane relayant l’appel à la violence est inacceptable. Quelle que soit l’intention, cette prise de position contribue à la montée des tensions qui sont encouragées par des extrémistes religieux dans les deux camps. »

Le MR, par la voix de son président George-Louis Bouchez, s’est également engouffré dans la brèche, jugeant « la notion même de communauté problématique. Ne pas comprendre que dans une démocratie libérale, il n’y a pas de communauté mais des individus libres et égaux en possibilités est une faute. »

 
 
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