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Réforme des vacances scolaires: voici le calendrier complet pour les prochaines années (infographie)

La rentrée 2022 sera synonyme de changement.

Temps de lecture: 1 min

Le gouvernement francophone l’avait promis, il serait celui qui concrétiserait la réforme des rythmes scolaires annuels. Ce mercredi, les ministres PS, MR et Ecolo ont approuvé le texte qui balise l’opération. Ce mercredi, les ministres PS, MR et Ecolo ont approuvé le texte qui balise l’opération. Avec deux certitudes : les vacances d’été seront raccourcies. Celles de Carnaval et de Toussaint seront doublées. Le tout à partir de la rentrée 2022.

Dans un an et quelques mois, la rentrée sera officiellement avancée au lundi 29 août 2022. Et la « sortie » au… 7 juillet 2023. C’est la conséquence directe de l’adoption, par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce mercredi matin, d’un texte majeur – une note d’orientation destinée à être transformée en projet de décret – révisant de fond en comble les calendriers scolaires des prochaines années.

Voici le calendrier scolaire de ces prochaines années :

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François Testu, chronopsychologue: «Aménager le temps scolaire, c’est aussi s’intéresser aux inégalités»

Caressée depuis 30 ans, la réforme des rythmes scolaires est désormais sur rails. Le professeur François Testu – un des chronopsychologues qui alimente la réflexion – ne tarit pas d’éloges face à une Belgique francophone pionnière.

Entretien - Chef du service Société Temps de lecture: 5 min

François Testu est chronopsychologue. Professeur émérite de l’université de Tours (France), il a fait des rythmes de l’enfant et des jeunes sa raison de vivre académique. Il a d’ailleurs fondé « l’Observatoire des rythmes et des temps de vie des enfants et des jeunes ». Auteur de nombreuses publications sur le sujet, il ne tarit pas d’éloges à l’égard de la réforme dont la ministre Caroline Désir (PS) vient de poser les premiers jalons. Parce qu’elle colle parfaitement à ses multiples recommandations. Parce que, sur cette question, la Fédération Wallonie-Bruxelles s’inscrit en pionnière. Parce qu’il rêve, en vain, que la France en fasse autant.

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La Belgique francophone se prépare à donner vie à vos travaux et à ceux de quelques rares. Pourquoi est-ce important ?

Le schéma proposé par votre gouvernement va permettre d’être au plus près des intérêts de l’élève, de favoriser les apprentissages via le respect des rythmes biologiques. Si ce projet intéressait le ministère français de l’Éducation, ce serait déjà bien… mais on en est loin désormais. Avec mes confrères chronopsychobiologues et chronopsychologue, nous avons démontré que les élèves vivent naturellement de manière rythmique, que ce soit à l’école ou en dehors. Ils sont par ailleurs soumis à des rythmes extérieurs, ceux des emplois du temps. Il existe en réalité une rythmicité naturelle qui fait que l’humain est plus ou moins performant, vigilant, résistant aux efforts… Raison pour laquelle, durant certaines périodes de l’année, tous, nous sommes moins performants.

Lesquelles par exemple ?

Les études épidémiologiques montrent qu’autour de la Toussaint la période est critique : les gens sont plus souvent malades, ils ont moins le moral, ils sont moins réceptifs, plus vite fatigués… C’est aussi chez l’adulte la période où l’on meurt le plus. On retrouve les mêmes symptômes – quoique moins marqués – fin février, début mars. Ce sont ces périodes que la Belgique francophone a choisies pour permettre aux élèves de lever le pied, et c’est très bien. En fait, le schéma « 7 semaines de cours + 2 semaines de congé » permet de respecter les rythmes annuels des jeunes. Pour autant bien qu’ils aient un emploi du temps raisonnable – ce qui semble être le cas –, ils peuvent tenir sans difficulté de manière régulière au moins sept semaines, voire huit dans certains cas.

Pourquoi 2 semaines repos au lieu d’une ?

Parce qu’il faut la première pour se déshabituer de son emploi du temps et l’autre pour profiter pleinement de ce temps de repos. C’est une bonne solution, surtout pour la période fin octobre début novembre. Car on sait que physiologiquement, les enfants ne sont pas en grande forme… Les professeurs diront : « Ils sont juste là »… En reproduisant ce schéma tout au long de l’année, les adultes réaffirment le besoin de faire une pause. Évidemment cela réduit les grandes vacances mais il reste sept semaines, ce qui est bien. Je recommanderais cependant de ne pas aller en dessous.

La suite, c’est s’attaquer aux rythmes journaliers ou hebdomadaires ?

Je n’ai pas de souci majeur avec les rythmes hebdomadaires sur 4, 5 jours comme chez vous, j’en ai davantage avec le modèle français de la semaine de quatre jours car elle va à l’encontre des évidences scientifiques sur la chronopsychologie. Les rythmes journaliers par contre, constituent un tout autre volet qui, idéalement, devrait suivre une réforme de l’année. On constate en effet qu’il existe trop souvent une désynchronisation entre la rythmicité propre à l’enfant et celle imposée par les adultes au travers des emplois du temps. Avec la chronopsychologie, nous sommes parvenus à démontrer que dans une journée il existe des temps forts et des temps faibles, lesquels jouent sur les performances des jeunes.

C’est effectivement un tout autre volet, probablement plus coûteux…

Avant tout, sur le sujet, je vois trois priorités. Un, il faut de la régularité dans la vie scolaire avec des horaires fixes, c’est fondamental. Deux, il faut respecter ce que les chronobiologistes et les chronopsychologues ont mis en évidence : dans une journée, il y a des pics et des creux. On sait par exemple que dans la seconde partie de la matinée scolaire, les élèves sont plutôt performants, Ensuite, il a un creux en milieu de journée alors que la reprise de la vigilance se fait dans la seconde partie de l’après-midi scolaire, vers 14h30. Il faut savoir en tenir compte pour organiser les activités. Trois, il faut savoir aménager ce qui est autour de l’école, ce que j’appelle la « complémentarité éducative ». Cela invite à réfléchir sur la place des activités périscolaires. Je suis en faveur de nouveaux rythmes scolaires à la journée mais cela ne peut se faire qu’à la condition de bien réfléchir sur toutes les dimensions de l’école. Les travaux scientifiques montrent que cet apport éducatif par les compléments de l’école est d’autant plus important que les enfants vivent dans des conditions difficiles en dehors de la classe. Je ne vous apprends rien en disant que certains sont défavorisés par des emplois du temps non adaptés. Qu’en dehors de l’école, certains qui n’ont pas grand-chose d’autres que la rue ou la télé. Nos travaux démontrent tous que quand vous libérez du temps par une adaptation des rythmes, il faut savoir quoi en faire. C’est pour cela que je suis un farouche opposant à la semaine des 4 jours en France. Elle ne pose pas de problème dans les milieux favorisés car les parents ou les communes pourront toujours s’offrir ou offrir des structures d’accueil onéreuses. Elles ont évidemment leur intérêt mais pas toujours pour ceux qui en ont le plus besoin. Nous sommes face à un problème de société : aménager le temps scolaire c’est aussi s’intéresser aux inégalités.

Un tel schéma existe-t-il chez nos voisins ?

Pas à ma connaissance. Et vous savez pourquoi ? Parce que trop souvent, ce sont les intérêts des adultes – qu’ils soient parents, enseignants ou animateurs – qui priment alors que ceux des enfants passent régulièrement à la trappe. En fait, votre projet à vous montre la voie.

CALENDRIERS SCOLAIRES

Yohan Benizri: «Une boussole morale est indispensable face au conflit israélo-palestinien»

Le président du CCOJB demande à la Belgique de condamner « les groupes qui terrorisent la population israélienne sous les salves de roquettes ». Parler de sanctions économiques contre Israël est, dit-il, un non-sens.

Entretien - Journaliste au service Forum Temps de lecture: 7 min

Yohan Benizri est président du CCOJB, la coupole des associations juives de Belgique. Il faut « sortir du brouillard moral », dit-il. « Et faire la clarté : il y a une organisation terroriste d’un côté, et un Etat qui défend sa population de l’autre. »

La coprésidente d’Ecolo Rajae Maouane a partagé sur Instagram une photo représentant un combattant palestinien et une chanson incitant à combattre les « fils de Sion ». Une réaction ?

Nous avons déploré un message de glorification du terrorisme. Plutôt que la question de la qualification d’antisémitisme, c’est le contexte dans lequel cela s’est produit qui nous a inquiétés. Notre position en la matière est claire : le post était maladroit parce que glorifiant le terrorisme, peut-être sans en avoir l’intention, mais avec pour conséquence de le faire. Rajae Maouane s’est défendue de tout antisémitisme, en regrettant cette maladresse. Peut-être a-t-elle mal mesuré la portée de son post…

Vous lui laissez donc le bénéfice du doute ?

Actuellement, ce qui m’intéresse, c’est de savoir si l’on est face à un brouillard moral ou pas. Je veux revenir à un débat sur le fond : est-ce que nous – c’est-à-dire les Belges et leur pays – pouvons accepter qu’il y ait une équivalence entre un groupe terroriste reconnu comme tel par la Belgique et un Etat qui défend sa population ? Tout le reste – les débats sur les causes et les conséquences, le tweet de la coprésidente d’Ecolo et les réactions politiques qu’il a engendrées – m’intéresse moins que de savoir si nous avons une boussole morale.

Il y aurait deux poids deux mesures, à vous entendre. La Belgique n’observerait pas la même attitude entre le Hamas et Daesh, alors que ces deux organisations sont classées groupes terroristes…

Il est tout à fait inacceptable de justifier le terrorisme de quelque manière que ce soit. Lorsqu’on me dit que c’est la politique étrangère d’Israël qui justifie le terrorisme qui s’abat sur sa population, je dis non. Il ne serait venu à l’esprit de personne à Maelbeek, à Zaventem ou au Bataclan, de dire que c’est la politique étrangère de la France ou de la Belgique qui a conduit à cela. On ne rentre pas dans ce type de considérations lorsqu’une population fait face au terrorisme. Une idée tout à fait inacceptable circule selon laquelle « un pays est en guerre contre des enfants palestiniens et qu’il faut absolument mettre un terme aux actions de ce pays ». Ce n’est pas ce qu’il se passe. Si l’on me dit cela, je veux que l’on m’explique ce qu’on fait avec ma nièce qui vit en Israël.

Votre nièce qui est belgo-israélienne. Vous rappelez qu’il y a des Belges qui souffrent dans ce conflit…

Évidemment. Des Belges sont sur place et risquent leur vie. Or on ne fait pas mention de ces concitoyens. C’est comme s’ils étaient fautifs d’être en Israël. Umberto Eco a dit que tenir tous les résidents ou les citoyens d’un pays pour responsables des actions d’un gouvernement quel qu’il soit est une forme de racisme. Ici, on ne tient pas compte de la souffrance de personnes qui vivent sous une pluie de roquettes. Que ferions-nous en tant que Belges si, depuis l’étranger, nous étions exposés à une salve de roquettes, même de la part d’un groupe terroriste assez mal organisé ? Que ferions-nous si nos enfants étaient sous les bombes ? Littéralement…

On vous objectera qu’il y a une nette disproportion entre les armements utilisés de part et d’autre…

Cet argument n’a de sens que depuis 1967. Avant cette date, Israël était sous-militarisé par rapport à ses voisins. Du reste, quand on me dit qu’il faut protéger le faible, je rétorque que, lorsque ce faible attaque mortellement une population entière, comportant également des gens faibles, des malades, des écoliers…, où est la réponse proportionnée ? Si le Hamas envoie 1.700 roquettes sur Israël, faut-il envoyer 1.700 roquettes sur Gaza ? Dire qu’il y a un fort et un faible est un piège. Dire que le fort doit montrer de la retenue par rapport au faible, c’est à nouveau mettre les parties en présence sur un terrain d’égalité. Je le répète : il y a une organisation terroriste d’un côté et un Etat qui défend sa population de l’autre.

Cette analyse doit servir de fil rouge au positionnement de la Belgique ?

Les appels au calme sont extrêmement utiles et nous sommes de ceux qui appellent au calme. Mais pas lorsque ces appels embrument notre cerveau au point de penser qu’il y a une responsabilité équivalente de part et d’autre. Nul ne penserait à appeler au calme un Etat qui vient d’être attaqué par Daesh au motif que Daesh ne fait pas le poids face au même Etat. Face au terrorisme, nous devons être clairs. Lorsqu’on met les camps opposés sur une sorte de responsabilité égale, que l’on se contente d’appeler au calme, on abandonne son compas moral. On abandonne cette question nécessaire qui est de savoir qu’elles sont les personnes que nous voulons être par rapport au terrorisme.

Qu’attendez-vous de la Belgique dans les prochains jours ?

Simplement de la clarté au niveau des théories de la justice, de la clarté morale. Quand on a une population qui est sous les bombes et un Etat qui se défend face à un groupe que la Belgique a qualifié de terroriste, il faut pouvoir dire que nous soutenons Israêl dans son droit de se défendre contre ces attaques. Que l’on discute ensuite des causes, des conséquences, de l’histoire, etc., c’est une nécessité. Mais dire seulement cela est inacceptable. C’est un abandon. Si on appelle à la désescalade, c’est d’abord et avant tout en condamnant les groupes qui terrorisent la population israélienne. C’est le message que doit faire passer la Belgique à l’international. Entendre certains politiques appeler à l’une ou l’autre sanction économique contre Israël est un non-sens absolu. Que dit de la Belgique le fait d’appeler à des sanctions contre un pays qui se défend contre le terrorisme ?

Que faire pour éviter une nouvelle importation du conflit israélo-palestinien chez nous ?

Peut-être faudrait-il juste faire une clarification préalable. L’importation du conflit et les débordements observés lors de manifestations ne sont jamais le fait de gens issus de la société belge qui seraient pro-israéliens. Ce n’est jamais arrivé. Par contre, des débordements allant jusqu’à appeler à la guerre contre les juifs, à l’exécution de juifs, ont eu lieu dans le cadre de manifestations pro-palestiniennes. A Anvers, un jugement a mis en exergue des risques de débordements antisémites dans les manifestations pro-palestiniennes. On a appelé à trancher la gorge des juifs en 2014. On a appelé à la guerre contre les juifs en juin 2020. A Paris, pour éviter les débordements antisémites qu’on a vus en Allemagne il y a quelques jours et dans d’autres pays, la manifestation de ce 15 mai a été purement et simplement annulée. Attention, je veux être très clair : il ne s’agit pas de dire qu’être pro-palestinien, c’est être antisémite.

Que faire pour sortir de cette polarisation ?

Évidemment, cela passe par l’éducation, par l’explication que l’on peut être solidaire avec le peuple israélien, que l’on soit Belge non juif ou juif. Sans pour autant être vilipendé, critiqué voire ostracisé, notamment à travers l’antisémitisme. Et si cela doit prendre des formes de sanction et de sécurisation plus importantes des communautés menacées, qu’il en soit ainsi. Mais que l’on n’attende pas une nouvelle fois des drames absolus pour reconnaître qu’il y avait un problème. Avec l’attentat du Musée juif, nous avons souffert nous-mêmes d’un terrorisme justifié par la politique étrangère de la Belgique. Il faut comprendre que nous avons besoin d’un compas moral. Il faut le dire sans ambiguïté, sans nuances et, certainement, sans excuses.

Le sentiment d’insécurité est-il allé crescendo ces derniers jours dans la communauté juive de Belgique ?

Il n’est pas question d’un sentiment. En juin 2020, on a entendu appeler à la guerre contre les juifs dans les rues de Bruxelles. Ce n’est pas un sentiment. En 2014, l’attentat contre le Musée juif a été perpétré à un moment où les manifestations pro-palestiniennes étaient plus nombreuses. Elles ont appelé au meurtre des juifs, notamment à Anvers… Nous avons la preuve par l’histoire et par l’expérience que nous sommes dans une situation explosive. Prenons nos responsabilités et ayons des discours clairs et précis. Prenons des dispositions tant sécuritaires qu’au niveau des sanctions éventuelles pour réguler les sentiments antisémites et autres. Et alors on avancera. Mais qu’on ne me dise pas qu’il s’agit simplement d’une question de crainte de la communauté juive. Nous prenons acte de l’atmosphère lourde qui existe en Europe actuellement par rapport au conflit israélo-palestinien qui est importé uniquement par ceux qui attribuent la responsabilité des choses à Israël.

Avez-vous demandé des mesures de sécurité supplémentaires pour protéger les synagogues, les écoles juives…

Nous sommes en contact permanent avec les autorités pour les questions de sécurité. Les mesures adéquates, nous n’en doutons pas, seront prises dans les prochains jours.

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9 Commentaires

  • Posté par Vdrme Marc, vendredi 14 mai 2021, 14:06

    Et les écoles néerlandophones à Bruxelles c'est quoi ?

  • Posté par Platteau Olivier, vendredi 14 mai 2021, 13:42

    Ces mécréants ont gagné: comme en France, les vacances de Pâques ne tomberont plus à Pâques. Pourquoi faut-il toujours faire comme la France ?

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