Belgique, France, Allemagne, Tunisie…: des manifestations pro-Palestine rassemblent des milliers de personnes (photos et vidéos)

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Belgique, France, Allemagne, Tunisie…: des manifestations pro-Palestine rassemblent des milliers de personnes (photos et vidéos)

Les soutiens aux Palestiniens se sont rassemblés dans plusieurs pays samedi en appui à la cause palestinienne, sur fond d’escalade militaire entre le Hamas et Israël.

Belgique

Quelque 3.000 personnes, selon un décompte de la police, ont manifesté place de l’Albertine à Bruxelles pour commémorer la Nakba – la « catastrophe » en arabe, marquant le début de l’exode de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création d’Israël en mai 1948 – et dénoncer une escalade de la violence ces derniers jours, sans précédent en Israël et Palestine depuis plusieurs années.

Le rassemblement, organisé par l’Association belgo-palestinienne (ABP), le Forum démocratique palestinien en Europe, Palestina Solidariteit, la Plateforme Charleroi Palestine, le Rassemblement des démocrates arabes en Belgique et l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) notamment, se déroule dans le calme, a précisé la police. Les organisateurs avaient préalablement averti sur l’événement Facebook de la manifestation qu’aucun propos antisémite ne serait toléré.

Les participants dénoncent notamment les expulsions et démolitions de maisons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, qui « se sont accélérées de façon fulgurante ces derniers mois malgré la crise du coronavirus ».

« Ces persécutions sont constitutives du crime d’apartheid, comme le signalent nombre d’organisations de défense des droits humains tant israéliennes, palestiniennes qu’internationales », pointent les organisateurs. « Il incombe donc à la Belgique d’agir pour que l’autorité qui le pratique soit tenue pour responsable, et de défendre le droit inaliénable des Palestiniens exilés à retourner sur leurs terres. »

La partie palestinienne de la Ville sainte, occupée par Israël, a connu ces derniers jours les violences les plus importantes depuis 2017 autour de la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam. Les tensions ont suivi l’annonce d’une possible expulsion de familles palestiniennes au profit de colons juifs dans le quartier de Cheikh Jarrah, et ont débouché sur une confrontation générale entre Israël et le mouvement islamiste Hamas.

Depuis lundi, cette dernière a déjà fait 139 morts, parmi lesquels 39 enfants, et 1.000 blessés dans les bombardements israéliens sur la bande de Gaza. Plus de 2.300 roquettes ont également été lancées sur le territoire israélien depuis lundi, tuant 10 personnes, parmi lesquelles un enfant et un soldat, et faisant plus de 560 blessés, selon les secours.

France

En France, des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes, y compris Paris où les manifestations avaient été interdites par les autorités mettant en avant le précédent de 2014, lorsqu’une marche pro palestinienne avait dégénéré en violences urbaines.

Les policiers ont appliqué dans la capitale française les consignes de « dispersion systématique et immédiate » dès que des manifestants tentaient de se regrouper, en utilisant des canons à eau et gaz lacrymogènes.

Selon les journalistes, des face-à-face entre manifestants et forces de l’ordre avaient lieu dans l’après-midi dans le quartier populaire de Barbès, dans le nord de la capitale.

« Palestine vivra. Palestine vaincra », pouvait-on entendre. Boulevard Barbès, un groupe d’une centaine de personnes chantait « Israël assassin ». Des drapeaux palestiniens étaient brandis ou utilisés en cape.

« La France est le seul pays démocratique à interdire ces manifestations », ont protesté les avocats de l’Association des Palestiniens en Ile-de-France.

Espagne

En Espagne, environ 2.500 personnes ont défilé dans le calme dans le centre de Madrid. Les manifestants scandaient « Ce n’est pas une guerre, c’est un génocide ! » et brandissaient des pancartes barrées de slogans tels que « Le silence des uns est la souffrance des autres » ou « Jérusalem capitale éternelle de Palestine ».

« Nous demandons à l’Espagne et aux autorités européennes de ne pas collaborer avec Israël, car elles collaborent par leur silence » sur les violences en cours au Proche-Orient, a expliqué pour sa part Ikhlass Abousousiane, 25 ans, infirmière d’origine marocaine comme de nombreux participants à la manifestation.

Madrid.
Madrid. - Reuters.

Allemagne

Des milliers de personnes se sont rassemblées à Berlin et dans plusieurs villes allemandes. Au total, trois rassemblements ont été autorisés dans la capitale allemande. Deux des manifestations se sont déroulées dans le quartier populaire de Neukölln, dans le sud de la ville.

À l’appel du collectif « Samidoun », derrière le mot d’ordre « marche du peuple palestinien pour la libération et le retour », plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur l’Hermannplatz, la place centrale du quartier, brandissant des drapeaux turcs et palestiniens. Plus de 3.500 personnes étaient présentes, selon la police.

Les autorités ont ordonné au bout d’une demi-heure la dispersion du rassemblement, en raison du « non-respect des mesures » de distanciation sociale contre la pandémie de Covid-19, a indiqué la police berlinoise sur Twitter. Cela a donné lieu à des « agressions contre les forces de l’ordre » et des arrestations, a-t-elle ajouté.

Royaume-Uni

A Londres, des milliers de personnes ont manifesté dans le centre de la ville, appelant le gouvernement britannique à intervenir pour faire cesser l’opération militaire israélienne.

Les manifestants se sont rassemblés à la mi-journée à Marble Arch, d’où ils se sont dirigés vers l’ambassade d’Israël, brandissant des drapeaux palestiniens et des pancartes demandant de « libérer » les territoires palestiniens.

Suisse

En Suisse, 300 personnes se sont rassemblées à Genève pour soutenir le peuple palestinien. Deux cents personnes ont également manifesté à Bâle.

Dans la cité de Calvin, les manifestants ont dénoncé la politique israélienne à l’encontre des Palestiniens, traitant l’État hébreu d’assassin et de criminel.

Pays-Bas

À La Haye, aux Pays-Bas, 300 à 400 manifestants, certains enveloppés de drapeaux palestiniens, se sont rassemblés sur le Malieveld. D’autres se sont réunis sur la Hofplaats.

Tunisie

En Tunisie, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes. Des centaines de manifestants drapés dans des drapeaux palestiniens se sont rassemblés dans le centre de Tunis, avant de défiler sur l’avenue Habib Bourguiba, surveillés par la police.

Parmi les slogans des manifestants, qui ont bravé le confinement en vigueur jusqu’à dimanche, on pouvait entendre : « Tunisiens et Tunisiennes soutiennent la Palestine ! » ou « Le peuple veut criminaliser la normalisation avec Israël ! ».

L’embrasement entre Israël et les Palestiniens (chronologie)

Par AFP

Retour sur l’escalade de violence entre Israël et les Palestiniens.

Eviction de Palestiniens

Le 3 mai au soir, des heurts éclatent dans le quartier de Cheikh Jarrah, proche de la Vieille ville à Jérusalem-Est, en marge d’une manifestation de soutien à des familles palestiniennes menacées d’éviction au profit de colons juifs.

Le 6, Paris, Berlin, Londres, Rome et Madrid demandent à Israël de mettre fin «à sa politique d’extension des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés», qualifiées «d’illégale», et de cesser les expulsions à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé illégalement par l’Etat hébreu depuis 1967, selon l’ONU.

Heurts sur l’esplanade des Mosquées

Le 7, des dizaines de milliers de fidèles se réunissent dans l’enceinte de l’esplanade des Mosquées - appelée Mont du Temple par les Juifs - pour la dernière prière du vendredi avant la fin du mois de jeûne musulman du ramadan. Selon la police israélienne, des Palestiniens lancent des projectiles sur les forces de sécurité qui répliquent avec des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc.

Le 8, de nouveaux heurts ont lieu sur l’esplanade et ailleurs à Jérusalem-Est.

Le 10, le bilan s’élève à plus 500 blessés dans les rangs des Palestiniens et quelques dizaines parmi les policiers israéliens, lors des affrontements notamment sur l’esplanade des Mosquées. Ces échauffourées coïncident avec la «Journée de Jérusalem», marquant la conquête de Jérusalem-Est par Israël en 1967.

Au total, plus de 700 Palestiniens ont été blessés dans des heurts à Jérusalem-Est.

Escalade entre Israël et le Hamas

Le 10 mai au soir, le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, lance des salves de roquettes vers Israël, qui mène en représailles des frappes meurtrières sur l’enclave palestinienne.

Le lendemain, le Hamas tire un barrage de roquettes vers Tel-Aviv après la destruction d’un immeuble d’une douzaine d’étages à Gaza, dans lequel des ténors du mouvement avaient leurs bureaux.

Israël et le Hamas se dirigent vers une «guerre à grande échelle», prévient l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland.

Emeutes dans des villes «mixtes» d’Israël

Le 11 au soir, les villes «mixtes» israéliennes, où vivent juifs et Arabes israéliens, connaissent un accès de violence.

Représentants environ 20% de la population d’Israël, les Arabes israéliens sont des Palestiniens restés sur leur terre à la création du pays en 1948.

A Lod, près de Tel-Aviv, l’«état d’urgence» est décrété après que la police a fait état d’«émeutes», à la suite de la mort violente d’un Arabe israélien.

Des scènes de violence ont aussi lieu dans d’autres localités arabes israéliennes.

Depuis, près de 1.000 membres de la police aux frontières ont été appelés en renfort, et plus de 400 personnes, Juifs et Arabes, ont été arrêtées.

Chars et blindés près de Gaza

Le 12, Washington annonce l’envoi d’un émissaire en Israël et dans les Territoires palestiniens. La Russie appelle à une réunion d’urgence du Quartet sur le Proche-Orient (UE, Russie, USA, ONU).

Le lendemain, Israël masse chars et autres blindés le long de la frontière avec la bande de Gaza, enclave palestinienne surpeuplée et sous blocus israélien depuis près d’une quinzaine d’années. Le ministère de la Défense donne le feu vert à l’armée pour mobiliser au besoin des milliers de réservistes.

Le 14, Israël poursuit ses bombardements et tirs d’artillerie sur ce territoire palestinien.

Depuis le 10 mai, 139 Palestiniens parmi lesquels 39 enfants ont été tués et plus de 1.000 blessés dans l’enclave, selon les autorités locales.

En Israël, où le bouclier antimissile «Dôme de fer» a intercepté plus de la moitié des quelque 2.300 roquettes tirées cette semaine, le bilan est de 10 morts parmi lesquels un enfant et plus de 560 blessés.

Heurts en Cisjordanie

Des manifestations de colère à travers la Cisjordanie tournent à l’affrontement avec l’armée israélienne: dix Palestiniens sont tués et plus de 150 manifestants blessés, selon le ministère palestinien de la Santé et le Croissant-Rouge.

 
 
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