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Coronavirus: les progrès dans les traitements restent infimes

L’évolution des soins hospitaliers avec l’arrivée de la dexaméthasone a sauvé des vies. Mais les scientifiques calent sur l’antiviral susceptible de bloquer la maladie dès les premiers symptômes.

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Temps de lecture: 10 min

Alors que la campagne de vaccination bat son plein, la recherche de traitements pour soigner mais aussi prévenir une forme grave d’infection au covid continue de s’activer en parallèle. L’enjeu est majeur, comme l’avait expliqué mi-avril le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem : « Le vaccin ne sera pas la seule solution. Un traitement par voie orale est hautement souhaitable », avait-il souligné en citant trois types de patients : ceux qui ont fait le choix de ne pas se faire vacciner, ceux qui ne répondent pas bien à la vaccination car leur système immunitaire n’est pas suffisamment fort et enfin ceux qui perdent leurs anticorps plus vite que d’autres.

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40 Commentaires

  • Posté par Raspe Eric, mardi 18 mai 2021, 13:55

    Je tiens d'abord à féliciter le travail de qualité et très utile effectué par les journalistes du Soir. Ce n'est pas parce que l'on a des convictions qui ne sont pas partagées par l'ensemble de la communauté scientifique et surtout par les instances qui jugent l'intérêt et l'efficacité de traitement que l'on peut se permettre de traiter ce travail de scandaleux. Les journalistes ont fait leur travail en âme et conscience en recoupant leurs informations à plusieurs sources. L'avenir dira qui sera le plus crédible. Pour ce qui est de l'hcq,les carottes sont cuites (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33903131/) : aucune étude sérieuse ne montre son efficacité. Au contraire, l'étude du charlatan raoult contient des indices de fraude scientifique, pratique habituelle du personnage, véritable pervers narcissique (https://www.ariane-beldi.ch/2020/03/28/dider-raoult-le-genie-de-la-chloroquine-qui-sauvera-le-monde-du-covid-19/). Je remercie monsieur Massacry pour cette excellente référence. Les auteurs de l'article sur l'hcq ont même depuis entamé un rétropédalage en bonne et due forme, c'est dire! Le même article cité en premier infirme l'efficacité de l'ivermectine. La FDA, l'EMA et l'ANSM française déconseille son usage mais ne ferme pas totalement la porte à celui-ci. Le message est que les évidences sont trop faibles pour en accepter l'usage à l'heure actuelle. Cela pourrait changer dans le futur en fonction des résultats des études d'envergure encore en cours. Les arguments de l'ANSM sont consultables dans le document suivant (https://ansm.sante.fr/uploads/2021/04/01/20210401-ivermectine-courrier-reponse-ansm-31-03-2021.pdf). Dans le fil de ces commentaires vous trouverez des arguments présentés comme solides (du genre 0 cas sous traitement 50% de cas dans le placebo) en faveur d'une action prophylactique de l'ivermectine. Outre le fait que des situation blanc/noir n'existent pas en clinique humaine (ce qui rend très suspicieux les résultats mis en avant), l'étude porte sur un usage prophylactique. Pour des raisons éthiques, on ne met pas volontairement les participants à l'étude en contact avec le virus. On attend que les contamination apparaissent naturellement. Ainsi on ouvre la porte à toute une série de biais difficilement contrôlables qui encore une fois doivent écarter les résultats d'une situation blanc/noir. Un autre soucis est que le nombre d'étude publiées est très inférieur au nombre d'étude référencées dans les sites comme clinicaltrial.com (chaque étude doit être approuvée et figure dans ces bases de données) et qui selon le protocole doivent être terminées. C'est le mauvais signe que ces études sont négatives. Les tenants de l'intérêt de l'ivermectine mettent en avant que cette molécule peut avoir une efficacité préventive parce qu'elle empêcherait le virus d'accéder à nos cellules indépendamment de ses variations. Comme il n'y a pas de différence entre l'accès du virus à nos cellules dans les phases précoces ou tardives de la maladie, si la molécule a des effets préventifs, elle doit conserver un potentiel curatif et réduire les symptômes et la mortalité. Les données disponibles sont objectivement loin d'exclure l'hypothèse qu'elle n'ait pas ce potentiel. L'argument souvent invoqué en faveur de l'utilisation de l'ivermectine sont ses effets observés in vitro sur des cellules en culture. C'est sans compter le nombre de molécules présentes sur les étagères des laboratoires qui ont une activité in vitro mais pas in vivo, ce qui importe pour une efficacité clinique. C'est classiquement dû au fait que les conditions de culture in vitro (haute concentration en oxygène, culture sur des surfaces artificielles qui influencent le comportement des cellules) placent les cellules dans des conditions très éloignées de celle de l'organisme (concentration faible en oxygène, interaction avec la matrice extracellulaire complexe et avec les cellules voisines). Même si les personnes les plus intelligentes évitent de tomber dans le complotisme, beaucoup de commentaires mus par une haine irrationnelle de l'industrie pharma accusent celle-ci de bloquer l'utilisation de ces molécules pas chères pour favoriser les traitements plus onéreux qui leur rapportent plus. Cet argument ne résiste pas à une analyse rationnelle. Primo, la dexaméthasone, même si elle ne réduit la mortalité que d'un tiers et si elle est dans le domaine publique depuis des décennies n'en est pas moins incluse dans le traitement de base de la maladie. Secundo, si l'iverrmectine était efficace en prévention primaire, elle devrait être administrée au quasi 8 milliards d'êtres humains de la planète tous les jours pendant des mois, le temps que la pandémie s'arrête. Même au prix génériqué, compte tenu du nombre de comprimés nécessaire et du financement par les programme de l'OMS, des entreprises pharma comme Merck qui produisent l'ivermectine et qui ont raté le train des vaccins (donc ne gagnent actuellement rien) ne peuvent s'aliéner cette source de revenu et le prestige de distribuer la molécule qui permet de stopper la pandémie. S'ils n'exploitent pas la molécule, c'est peut être simplement parce que les évidences en faveur de son efficacité sont beaucoup trop faibles. Par contre, l'efficacité des vaccins est prouvée par des évidences solides qui se renforcent chaque jour en fonction de l'évolution de la vaccination. Les vaccins sont la seule réponse à la pandémie a portée de main qui ait démontré une efficacité réelle. A part la dexaméthasone, aucune molécule n'a une activité prouvée à l'heure actuelle. Mettre les espoirs dans les molécules encore en tests dont les résultats ne seront connus que dans plusieurs mois comme alternative aux vaccins est dangereux. Cela réduit la motivation à appliquer la seule solution efficace connue à l'heure actuelle, retarde donc la solution à la crise, augmente le nombre de victimes et les dégâts économiques. Cela n'empêche pas de poursuivre les efforts pour améliorer les traitements existants ou en identifier de nouveaux. Les vaccins présentent des contraintes notamment de production et de conservation ( à -70°C) qui rend leur déploiement compliqué surtout dans les pays en développement. Pour des raisons médicales toute la population ne peut être vaccinée. L'évolution du virus peut en réduire (mais pas abolir) l'efficacité. Les vaccins sont associés à des risques d'effets secondaires rares mais réels. Mais, même pour l'ivermectine, la pharmacovigilance signale des décès (83) après exposition à la drogue (http://www.adrreports.eu/fr/). Donc, continuons à vacciner et à lutter contre les dérives totalitaires des antivax tout en poursuivant les recherches.

  • Posté par MAESEN Jean-Luc, mercredi 26 mai 2021, 10:10

    Mr. Raspe, lecture un peu "tardive" de cet(ces) article(s) plus qu'intéressant(s). Je me permets de joindre mon enthousiasme à ceux de M. Massacry et Stordiau concernant votre commentaire. Merci à vous.

  • Posté par Raspe Eric, mardi 18 mai 2021, 20:24

    A votre service messieurs.

  • Posté par STORDIAU Pierre, mardi 18 mai 2021, 16:24

    Un tout grand Bravo à votre analyse sur les traitements anti covid. Cependant, essayer d'expliquer à un idéologue où est la "réalité"... est carrément "mission impossible" ! ... Ces derniers ne recherchant pas la "vérité" ... mais primairement ... "avoir raison" ! Merci de votre persévérance.

  • Posté par massacry olivier, mardi 18 mai 2021, 15:28

    @ Mr Rapse, de rien pour la réference.Je pense que le site https://sciencebasedmedicine.org/ pourrait éveiller votre curiosité, notemment les publications de David Gorski et de Steven Novella, ( https://sciencebasedmedicine.org/author/david-gorski/, et https://sciencebasedmedicine.org/author/steven-novella/) . Ps merci pour vos positions dans ce débats, je n'ai pas eu le temps d'y prendre part et encore moins d'effectuer le travail vérifications des sources....

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