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Walloreno: des outils pour aider le citoyen

La rénovation énergétique d’un logement doit être pensée de manière globale pour être efficace et rentable. Les Wallons ont désormais une série d’outils à leur disposition.

Temps de lecture: 4 min

Les Wallons qui veulent rénover leur logement pour le rendre plus durable et économe peuvent profiter depuis peu de plusieurs outils mis en place par la Région wallonne. Focus sur ces moyens mis à leur disposition.

Les Guichets Energie Wallonie

Au nombre de 16 en Région wallonne, ces guichets sont un bon point de départ avant toute rénovation énergétique. On y trouve en effet des brochures d’information, des échantillons de matériaux ou encore des conseils gratuits. Les consultants des Guichets Energie sont indépendants de toute marque ou entreprise et peuvent renseigner les citoyens sur les aides financières qu’ils peuvent solliciter, ou encore sur les aspects techniques comme l’isolation, la ventilation, les problèmes d’humidité, le chauffage, l’électricité…

La liste des Guichets Energie Wallonie est disponible sur le site walloreno.be. Ce dernier renferme aussi une série d’informations utiles aux projets de rénovation. Avant d’entamer des travaux, pensez aussi à prendre contact avec le service urbanisme de votre commune pour savoir si les interventions que vous envisagez nécessitent des autorisations (permis d’urbanisme, etc.) voire le recours à un architecte.

Le QuickScan

Le QuickScan est un tout nouvel outil en ligne. Il est gratuit et permet d’évaluer en quelques clics la situation énergétique de son bâtiment. Le propriétaire ou locataire doit notamment introduire la date de construction de son logement, sa situation, son type (villa, maison mitoyenne…), le nombre de niveaux… L’outil tient aussi compte des éléments comme les châssis, le système de chauffage, la présence d’isolation ou encore d’énergies renouvelables. Une fois les paramètres rentrés, l’internaute obtient une évaluation PEB approximative et une série de recommandations pour atteindre le label A. Celles-ci sont listées par étapes, en commençant par les interventions les plus importantes (généralement l’isolation). Comme l’explique Céline Renard, chef de projet au SPW qui a participé à l’élaboration de l’outil, « le QuickScan ne remplace pas le certificat PEB mais il permet de sensibiliser les habitants. Il leur faire prendre conscience de l’état et du potentiel énergétique de leur habitation grâce à une démarche simple et gratuite. »

Pour réaliser votre QuickScan en quelques minutes, rendez-vous sur www.monquickscan.be.

L’audit Logement

et la feuille de route

L’audit Logement permet d’établir un bilan détaillé de la performance énergétique, la sécurité et la salubrité d’une habitation. Il tient aussi compte des comportements et projets des habitants pour établir des conseils personnalisés par rapport aux travaux à effectuer. Les recommandations sont listées par ordre de priorité et sont particulièrement détaillées au niveau technique. Elles précisent par exemple l’épaisseur et le type d’isolant à placer, les éventuels travaux de salubrité à effectuer en premier, etc. Depuis 2019, l’audit est devenu obligatoire pour obtenir les primes à la rénovation de la Région wallonne, notamment parce que celles-ci sont désormais liées aux économies d’énergie réalisées.

Plus récemment, une feuille de route a également été adjointe à l’audit logement. « Il s’agit d’une synthèse qui reprend sur une page les observations de l’audit et les recommandations pour la rénovation », précise Céline Renard. « La feuille de route liste plusieurs étapes de travaux pour atteindre le label A, qui est l’objectif moyen à atteindre pour le parc de logements wallons d’ici 2050. » Chaque étape est résumée, ainsi que son coût et le label PEB qu’elle permet d’atteindre une fois réalisée. La feuille de route fait ainsi le lien avec le rapport de l’audit, mais de façon claire et simplifiée. Elle permet aux habitants d’avoir rapidement sous les yeux les démarches à effectuer pour que leur logement remplisse les exigences du label PEB A.

Le passeport bâtiment

D’ici peu, chaque habitation disposera de son « passeport bâtiment », soit un dossier numérique qui rassemblera de nombreuses informations. On y retrouvera entre autres la PEB, la feuille de route et l’audit, etc. A côté de ces aspects énergétiques, le passeport bâtiment devrait aussi intégrer des données administratives comme les permis d’urbanisme, le cadastre… et des informations techniques reliées aux travaux réalisés, aux systèmes de chauffage ou de ventilation. Il permettra notamment de suivre la maintenance et l’entretien du bien et de ses différentes installations. « Actuellement ces données sont souvent stockées de manière disparate », observe Céline Renard. « Grâce au passeport bâtiment, on aura accès beaucoup plus facilement et de manière sécuritaire à toutes ces informations utiles. Le passeport accompagnera le logement tout au long de sa durée de vie. Cela signifie qu’il s’adaptera à l’évolution du bâtiment (transformations, rénovations…) et qu’il sera transmis au nouveau propriétaire en cas de vente. »

Audit: un instrument personnalisé et de plus en plus complet

Thomas Leclercq exerce en tant qu’auditeur agréé par la Région wallonne depuis une dizaine d’années. Il revient sur son métier, le fonctionnement de l’audit logement et les avantages de celui-ci.

Entretien - Temps de lecture: 4 min

Comment êtes-vous devenu auditeur agréé ?

A la base, je suis ingénieur civil en construction. J’ai toujours été curieux à propos des matières énergétiques. J’ai donc suivi une des premières formations d’auditeur en 2007, au moment où la Région wallonne lançait les programmes d’audits – les PAE.

Depuis lors, les audits et votre métier ont-ils beaucoup évolué ?

Oui, avec le temps, les méthodes – notamment celles de calcul – s’affinent, les connaissances se développent, les technologies évoluent… Par ailleurs, depuis qu’il a été rebaptisé “audit logement”, il est devenu bien plus vaste. On réalise en effet une carte d’identité du bâtiment au niveau énergétique mais on regarde aussi ses points forts et faibles dans d’autres matières que la Région estime nécessaires : l’électricité, le gaz, le risque de chutes, l’amiante… Il y a énormément de thématiques en plus qui enrichissent notre mission et nous obligent à apprendre plein de choses.

Quelle est la différence entre l’audit

et la PEB ?

L’audit logement et le certificat PEB sont deux missions qu’on réalise sur des bâtiments déjà existants. Le second est un état des lieux théorique, avec une méthode standardisée qui ne prend pas en compte le comportement des habitants. On regarde le logement, ses caractéristiques et on lui attribue un classement comme pour les appareils électroménagers. Cela permet de comparer les biens entre eux au niveau énergétique, alors que l’audit tient compte de l’énergie mais aussi d’autres caractéristiques, dont le comportement des habitants. Quand il y a deux salles de bains dans la maison, on se renseigne sur celle qui est la plus utilisée afin de déterminer où il faut mettre la priorité énergétique. Enfin, l’audit sert aussi à identifier les primes et à y avoir accès.

Quel est le meilleur moment

pour réaliser un audit ?

Cela dépend des projets. Avec le confinement, pas mal de gens ont passé du temps chez eux et ont eu envie d’améliorer leur maison. Sinon, je retrouve souvent deux types de profil parmi les gens qui me contactent pour un audit. Il y a tout d’abord les jeunes qui viennent d’acheter un bien, ont leur certificat PEB sous les yeux, sont sensibles à l’environnement et veulent améliorer la performance énergétique de leur bâtiment dans les années à venir. Ensuite, il y a des propriétaires plus âgés qui ont fini de payer leur prêt hypothécaire et en relancent un nouveau pour isoler leur habitation tout en profitant des faibles taux d’emprunt.

Comment se préparer à l’audit ?

Il s’agit surtout de rassembler des documents et informations, comme un éventuel certificat PEB, les consommations énergétiques, les attestations pour les conformités électrique ou de gaz, des fiches techniques ou factures de ce qui a été réalisé par le passé, etc. Les suivis de travaux, les photos peuvent aussi être utiles tout comme les plans d’architecte car nous avons besoin de mesures. Ces informations sont souvent plus difficiles à retrouver pour les vieilles maisons, mais le futur passeport bâtiments devrait solutionner ce problème.

Ensuite, comment se déroule l’audit ?

C’est propre à chaque auditeur mais il y a généralement une première discussion par téléphone ou par mail pour expliquer le contexte, faire une offre. Sur place, on fait le tour de l’ensemble du bâtiment. Cela dure en moyenne deux heures, après quoi l’auditeur digère et encode les données pour finalement générer un rapport. Je préfère envoyer celui-ci à l’avance aux habitants pour qu’ils aient le temps de se familiariser avec la matière avant qu’on en discute ensemble. Après cela, c’est aux occupants de trouver les entrepreneurs et si besoin l’architecte pour réaliser leurs travaux. En plus des aspects scientifique et juridique, notre métier est aussi très humain car nous dialoguons avec les habitants pour comprendre leur mode de vie, leurs projets, leurs besoins afin de bien les conseiller.

Quel budget faut-il prévoir ?

Le prix d’un audit se situe souvent entre 800 et 1.500 euros TVAC. Cela dépend du bâtiment : s’il est homogène, on est plutôt dans la fourchette basse. Si par contre il s’agit d’un logement avec plusieurs volumes datant de diverses époques, des murs de types différents, des plans absents ou autres, on y passe beaucoup plus de temps, donc le tarif augmente. La Région wallonne octroie des subsides qui varient selon les revenus et certaines communes les complètent avec des primes de plusieurs centaines d’euros.

Le prix de l’audit est-il toujours rentabilisé grâce aux primes

et/ou aux recommandations élaborées pour les travaux ?

Honnêtement, s’il s’agit de changer quatre châssis, la procédure n’est pas rentable même si elle permet de récolter plein d’infos intéressantes. Par contre, lorsqu’on part sur des tranches de travaux de 25.000 à 30.000 euros, cela vaut vraiment la peine. Si l’on utilise bien les primes et les prêts avantageux qui existent, on peut réaliser des économies de 15.000 à 20.000 euros lors des rénovations ambitieuses.

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