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Chronique «Vous avez de ces mots»: comment un {belgicisme} entre-t-il dans un dictionnaire fait à Paris?

De dracher à gouttiner, que de nuances de pluie qui s’exportent à Paris…

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Chroniqueur Temps de lecture: 5 min

Ils sont arrivés ! Pimpants, blinquants, fringants. Mai, c’est le mois du muguet et des dictionnaires français, dans des éditions actualisées qui fleurent bon l’air du temps. Cette année, sans surprise, les mots nouvellement intégrés dégagent une forte odeur de gel hydroalcoolique : la pandémie est passée par là, avec son cortège d’innovations formelles et sémantiques.

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8 Commentaires

  • Posté par Coets Jean-jacques, lundi 24 mai 2021, 18:39

    Même s'il est encore des esprits chagrins pour critiquer les belgicismes, les helvétismes, québécismes, africanismes (primature, essencerie, ou l'extraordinaire zibulateur congolais) qui y voient encore trop souvent des vestiges dialectaux quand ce n'est pas du charabia, j'aimerais souligner ici ce discours récent (2018) : "Le français s'est au fond émancipé de la France ; il est devenu cette langue monde, cette langue archipel... Nous passons de l'idée ancienne d'une francophonie qui serait la marge de la France à cette conviction que la francophonie est une sphère dont la France, avec sa responsabilité propre et son rôle historique, n'est qu'une partie agissante, volontaire, mais consciente de ne pas porter seule le destin du français." Cette vision "juste et généreuse" (commentaire de M. Bernard Cerquiglini, professeur de linguistique à l'Université de Paris) nous vient de M. Emmanuel Macron, qui pour rappel sidéra deux journalistes français lors d'une conférence de presse en affirmant "je ne vais pas vous raconter de carabistouilles !". Grand merci à cette ouverture d'esprit et cette clarification quant à la place de tous les francophones dans la force de notre langue.

  • Posté par Coets Jean-jacques, lundi 24 mai 2021, 21:32

    A contrario, on notera l'aparté entre Maurice Druon, ancien Perpétuel de l'Académie, et le même Cerquiglini à propos de la féminisation des titres, professions et métiers déjà adoptée au Canada, en Suisse, en Belgique et au Luxembourg : "Nous n'allons tout de même pas imiter ces gens-là!". Dans la bouche de l'auteur des "Rois maudits", cette remarque montre à suffisance tout le dédain qu'il avait pour la francophonie. Il devait enfoncer le clou par rapport aux Québécois en décembre 2005 "...ce n'est pas chez eux que j'irai prendre des leçons de langage...parler patoisant du Poitou du début du 17e siècle...". Éloquent, n'est-il pas ?

  • Posté par Usual Suspect, lundi 24 mai 2021, 11:39

    Introduire les belgicismes dans le dictionnaire, c'est bien. Réhabiliter, enseigner et perpétuer le wallon, c'est mieux. J'envie par exemple les Basques qui osent défendre leur identité en réintroduisant l'enseignement de leur langue dans les écoles, en plus de perpétuer leurs coutumes, de protéger leur patrimoine, de promouvoir leurs savoir-faire gastronomique et les produits du terroir. Si les wallons osaient être à nouveau fiers de leur histoire et de leur culture comme le sont les Basques, nous pourrions alors de nouveau dire "Vola poqwè qu'on-z-èst fîr d'èsse Walon !". Et aussi "ploviner" au lieu du pédant "gouttiner".

  • Posté par Coets Jean-jacques, mardi 25 mai 2021, 22:41

    Vous avez absolument raison ! Le vrai problème est que les Bretons, les Basques, les Flamands, les Corses ont voulu défendre leur langue tandis que, historiquement, les Wallons se sont "donnés" au français ! Ils ont volontairement et consciemment abandonné leur langue pour celle, bien plus prestigieuse et noble pensaient-ils, de la noblesse, des bourgeois, de l'autorité publique, le français. Encore aujourd'hui, comme les commentaires à cette rubrique le démontrent à suffisance, de nombreux wallons se vantent de ne parler que le français de Paris et méprisent les termes dialectaux. Il n'y a pas tellement longtemps, un commentaire fustigeait "dringuelle" à la place de "étrennes"... Pourquoi ? Comment ? En tant que Bruxellois francophone, je ne comprends pas cette attitude car je suis fier de mon "stoemelinks", de mon "carabistouille", ou de mon "dikkenek"... Pourquoi les Wallons ne seraient-ils pas fiers de leur langue ? Depuis le décès de mon grand-père, pur wallon, en 1983 je n'ai plus entendu une seule personne capable de tenir une conversation en wallon... Et pourtant je suis à Namur 8 jours par mois !

  • Posté par Debrabander Jean, samedi 22 mai 2021, 7:03

    Première fois que j'entends "gouttiner", le mot bien sûr, mais la météo actuelle ne connaît pas non plus ce crachin ...

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