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Comment participer à l’opération CurieuzenAir?

En 2018, CurieuzeNeuzen Flandre avait mis en évidence que 2,3% de la population flamande, soit 150.000 personnes, habitait en un lieu où en un mois, on a mesuré des concentrations de NO2 supérieures à la norme européenne.
En 2018, CurieuzeNeuzen Flandre avait mis en évidence que 2,3% de la population flamande, soit 150.000 personnes, habitait en un lieu où en un mois, on a mesuré des concentrations de NO2 supérieures à la norme européenne. - Katrijn van Giel.

La campagne Curieuzenair à laquelle est associé Le Soir se déroulera jusqu’en février 2022. Dans un premier temps, un appel aux candidats « mesureurs » est lancé. Ils ont jusqu’au 13 juin pour se faire connaître via ce lien.

Une sélection de 3.000 points de mesure sera faite à partir de l’ensemble des candidatures. Il s’agit de s’assurer d’une bonne couverture du territoire de la région bruxelloise, de mesurer des lieux notoirement très pollués, comme des endroits où l’air est plus pur.

La pollution de l’air au NO2 sera mesurée par le biais de petits tubes chez 2.500 particuliers, dans 100 écoles, sur 300 lieux « communautaires » (communes, associations…) et en 60 lieux de référence (parcs, espaces verts, stations de mesure officielles). Une participation aux frais est demandée aux participants : à partir de 5 euros, avec un montant indicatif de 15 euros. Le prix réel de la mesure est quant à lui de 150 euros.

Fin septembre, les participants recevront un kit pour installer leur appareil de mesure à la fenêtre du premier étage. Les mesures débuteront officiellement le 25 septembre et dureront quatre semaines. Le 23 octobre, les tubes sont collectés et envoyés au laboratoire. Après analyse et validation, les résultats seront communiqués dans le courant du mois de février 2022. Le Soir et les autres partenaires médias de l’opération (De Standaard et Bruzz) publieront une carte détaillée de tous les points de mesure. On pourra y zoomer au niveau de la rue et examiner de plus près la qualité de l’air dans l’ensemble de Bruxelles. Cette carte sera accessible à tous, même si vous ne participez pas.

Les tubes de CurieuzenAir, comment ça marche ?

Les tubes de mesures utilisés dans le cadre de CurieuzenAir font 7 centimètres de long. A une des extrémités se trouve une petite quantité de gel. Tourné vers le bas, bouchon ôté, le tube est attaché à l’aide de colsons à un panneau pointu semblable aux panneaux immobiliers que l’on affiche aux fenêtres. En entrant en contact avec le gel, le dioxyde d’azote se transforme en nitrate et reste piégé sur le tissu. Après un mois, le tube est relevé, expédié au laboratoire où une analyse chimique peut déterminer la masse de nitrate transformée sur la période, donc la quantité de NO2 piégée.

Les tubes passifs ne servent qu’à mesurer une accumulation de polluant en un lieu précis sur une durée d’un mois. Ils ne mesurent pas la concentration de NO2 en temps réel. Ils ne mesurent pas non plus l’exposition individuelle à la pollution ; celle-ci est constituée d’autres gaz et particules. Elle dépend par ailleurs de notre mode de vie, de nos trajets, des autres endroits que nous fréquentons. A quel point la méthode est-elle fiable ? Les tuyaux de CurieuzenAir sont évidemment moins précis que les stations de mesure sophistiquées. Le degré d’incertitude est de 15 à 25 %. Mais ils donnent néanmoins une très bonne indication du degré de pollution. L’opération CurieuzeNeuzen en Flandre a permis de comparer les mesures des tubes avec celles d’une vingtaine de stations de la société publique de l’environnement (VMM). Les résultats livrés par les tubes diffèrent assez peu des stations (3,61 microgrammes de différence) et en général les tubes sont plus « optimistes » que les stations.

La fondation Bloomberg: 1,5 million pour surveiller la pollution à Bruxelles

Par Michel De Muelenaere

La Fondation Bloomberg a conclu un partenariat de trois ans avec la Région bruxelloise « pour un air pur à Bruxelles ». Il s’agit pour elle de soutenir les objectifs du Pacte vert européen (« Green Deal »), ici dans le domaine de la qualité de l’air. Doté d’un apport de 1,5 million d’euros, ce partenariat implique le gouvernement régional, des universités, des centres de recherche locaux et internationaux, et des ONG dans une série de projets.

La fondation financera ainsi un monitoring de la pollution atmosphérique (les 50 mesures réalisées par l’association Chercheurs d’air (voir par ailleurs) et les 3.000 mesures de la campagne CurieuzenAir) ; une opération de mesures à distance (« remote sensing ») des émissions des véhicules diesel afin d’identifier ceux qui participent le plus à la pollution de l’air ; un « biomonitoring » des effets des polluants atmosphériques sur la santé de 220 enfants à l’école et à la maison, et l’élaboration d’un programme scolaire dans 130 établissements portant sur la qualité de l’air, via l’ASBL Hypothèse.

Bloomberg Philanthropies a été fondée par l’ancien maire de New York et homme d’affaires Michael Bloomberg. Elle investit dans plus de 570 villes et plus de 160 pays. L’organisation se concentre sur cinq domaines : les arts, l’éducation, l’environnement, l’innovation gouvernementale et la santé publique. En 2019, elle a distribué 3,3 milliards de dollars.

www.bloomberg.org/

 
 
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