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Energie: la Creg met le consommateur (flamand) en garde par rapport aux contrats à prix dynamique

Des tarifs qui varient en continu tout au long de la journée : c’est la particularité des contrats « dynamiques ». Le régulateur prévient : ça ne convient pas à tout le monde et il faut suivre de très près sa consommation, sous peine de voir la facture s’envoler. Mais c’est un élément incontournable de la transition énergétique

Temps de lecture: 4 min

Les contrats de fourniture d’électricité à prix dynamique, actuellement proposés à un nombre encore restreint de ménages et PME flamands, demandent un suivi plus attentif de la consommation d’électricité et une adaptation des modes de prélèvement, sous peine d’une hausse de la facture, met en garde vendredi la Creg, le gendarme fédéral du secteur énergétique.

De nouveaux types de contrats sont apparus récemment sur le marché de l’électricité pour les ménages et PME : les contrats à prix dynamique. Avec ces contrats, pour l’heure uniquement proposés en Flandre et aux consommateurs disposant d’un compteur électrique numérique (« smart meter »), le prix de l’énergie varie tout au long du jour/de la nuit en fonction des prix sur la bourse belge de l’électricité. « En fonction de l’offre et de la demande sur les marchés day ahead ou intraday, le prix payé par le consommateur varie à la hausse ou à la baisse au courant du jour/de la nuit et de l’heure de prélèvement », explique la Creg.

Les contrats à prix dynamique ne sont ni des contrats à prix fixe, dont le prix ne change pas durant la durée du contrat, ni des contrats à prix variable qui évoluent en fonction d’une formule de prix basée sur les marchés de gros à moyen ou court terme et de la consommation moyenne mesurée sur base annuelle.

Augmentation de 15 % de la composante énergie

Si la Creg se dit favorable à l’entrée progressive des contrats à prix dynamique sur le marché, dans le cadre de la transition énergétique, la Commission de régulation n’en met pas moins en garde le consommateur. « Ils nécessitent un suivi plus attentif de leur consommation d’électricité et une adaptation de leurs modes de prélèvement. Dans le cas contraire, ces contrats risquent de conduire à une hausse considérable de la facture d’électricité des ménages/PME », souligne-t-on.

Selon des simulations de la Creg, pour un ménage qui consomme de manière classique, les contrats à prix dynamique pourraient générer une augmentation de 15 % du coût de la composante énergie, qui représente aujourd’hui environ un quart de la facture.

Les consommateurs utilisent en effet davantage d’électricité le matin et le soir, ce qui se traduit par une forte hausse de la demande durant quelques heures, laquelle entraîne une augmentation des prix sur les marchés, en particulier les jours de semaine. Les périodes de forte demande d’électricité se situent entre 6 et 11 h 00 et entre 17 et 22 h 00 les jours de semaine. À l’inverse, pour les consommateurs disposant d’un contrat à prix dynamique, la période la plus intéressante financièrement pour prélever sur le réseau se situe entre minuit et 6 h 00 du matin, voire entre 13 h 00 et 17 h 00.

Pompe à chaleur ou borne de recharge

« Les contrats à prix dynamiques peuvent (uniquement) s’avérer intéressants lorsqu’un ménage/PME ne disposant pas de panneaux photovoltaïques, a des appareils très énergivores, comme une pompe à chaleur, un chauffe-eau, une borne de rechargement pour voiture électrique… et lorsque les ménages/PME sont en mesure de les programmer pour qu’ils prélèvent leur électricité aux heures où les prix sont bas. Cela nécessite donc une adaptation du comportement de consommation, auquel il convient d’être très attentif, au risque de faire face à une hausse non négligeable de la facture d’électricité », conclut la Creg. « Pour les ménages qui ne disposent pas de tels équipements, il ne sera, la plupart du temps, pas financièrement intéressant d’opter pour un contrat à prix dynamique. En effet, la consommation d’électricité des activités courantes (cuisine, éclairage) ne peut pas aisément être différée dans le temps ».

La ministre fédérale de l’Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen), considère aussi que les contrats dynamiques sont « un élément important de la transition énergétique » et « offrent de nombreuses possibilités aux consommateurs dynamiques ». Mais, à l’instar de la Creg, la ministre Groen souligne les risques que ce type de contrat peut comporter, en entraînant le cas échéant de mauvaises surprises sur la facture. « Il est essentiel que les consommateurs en soient informés de manière claire et transparente. La transition énergétique implique de nombreux développements nouveaux ; la confiance des consommateurs et du marché est donc cruciale », juge Mme Van der Straeten, qui se dit favorable à une concertation constructive avec le secteur pour suivre ces évolutions.

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2 Commentaires

  • Posté par wulstecke robert, vendredi 21 mai 2021, 21:18

    Merci à l’europe libérale qui nous a fait cadeau de la libéralisation de la fourniture d'énergie . Qui a vu sa facture baisser ? Et on n'a pas tout vu encore voilà les tarifs dynamiques . Refusons les compteurs débiles qui peuvent vous couper le courant à distance et vous rendre chèvre pour déchiffrer votre facture . Laissons les tarifs dynamiques aux grandes entreprises qui ont l'habitude de la manipulation des cours boursiers . Et la ministre verte ferait mieux de rappeler que la meilleur façon de faire des économies sur l'énergie c'est de ne pas la consommer

  • Posté par RENARD Michaël, samedi 22 mai 2021, 15:28

    Ah bon, il y a une ministre verte ?

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