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Le Bélarus intercepte un avion, l’Union européenne réfléchit à de «possibles sanctions»

L’UE se préparait d’ores et déjà à renforcer ses sanctions préexistantes contre le régime bélarusse.

Temps de lecture: 3 min

Un chasseur bélarusse a intercepté dimanche un avion de ligne de la compagnie Ryanair à bord duquel se trouvait un militant de l’opposition qui a été arrêté à son arrivée à Minsk, suscitant une menace de l’Union européenne de prendre de nouvelles sanctions et une demande de l’Otan d’ouvrir « une enquête internationale ».

Le média d’opposition Nexta a annoncé que son ancien rédacteur en chef Roman Protassevitch avait été interpellé après l’atterrissage d’urgence à l’aéroport de la capitale du Bélarus de ce Boeing 737-800 effectuant la liaison Athènes-Vilnius, une information plus tard confirmée par la télévision d’Etat bélarusse.

En début de soirée, l’appareil a finalement pu reprendre son vol à destination de la Lituanie, un pays balte membre de l’Union européenne, où il s’est posé un peu plus tard.

L’Union européenne envisage des sanctions

Les dirigeants de l’UE avaient appelé de concert les autorités bélarusses à laisser l’avion repartir et à permettre à « tous ses passagers » de poursuivre leur voyage.

Réunis en sommet lundi et mardi à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept discuteront à cet égard de « possibles sanctions » contre le Bélarus, en plus de celles le visant déjà et qui ont conduit son président Alexandre Loukachenko à se rapprocher davantage de son homologue russe Vladimir Poutine.

L’Union européenne a en effet fustigé « une action complètement inacceptable » de Minsk, à l’instar de l’Allemagne, la France ou la Pologne, tandis que le secrétaire général de l’Alliance atlantique Jens Stoltenberg a réclamé des investigations sur cet « incident sérieux et dangereux ».

Avion intercepté

Les autorités bélarusses ont affirmé que le Boeing avait dévié de sa trajectoire à cause d’une « alerte à la bombe ». Nexta a pour sa part assuré que l’atterrissage d’urgence avait été provoqué par une « bagarre » qu’avaient déclenchée des agents des services de sécurité bélarusses présents à son bord, selon lesquels un engin explosif y avait été introduit.

L’aéroport de Minsk, cité par l’agence de presse officielle Belta, a déclaré que l’alerte à la bombe s’était révélée « erronée » après une fouille de l’appareil.

Alexandre Loukachenko a de son côté personnellement donné l’ordre à un MiG-29 de l’intercepter après cette alerte, a dit son service de presse.

La contestation citoyenne de 2020

A l’été et à l’automne derniers, le président bélarusse a été confronté à mouvement de contestation historique ayant rassemblé pendant plusieurs semaines des dizaines de milliers de personnes à Minsk et dans d’autres villes, une mobilisation énorme pour un pays d’à peine 9,5 millions d’habitants.

Mais la protestation s’est progressivement essoufflée face à des arrestations massives, des violences policières ayant fait au moins quatre morts, un harcèlement judiciaire permanent et de lourdes peines de prison infligées à des militants et à des journalistes.

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13 Commentaires

  • Posté par Meersman Olivier, mardi 25 mai 2021, 0:15

    Des sanctions, je suis curieux de voir lesquelles... La Mère Patrie voisine fournira à ce règime ce qu'il demandera.

  • Posté par LIENARD NORBERT, lundi 24 mai 2021, 19:46

    Il n y a que les fonctionnaires européens qui font semblant que l Europe a du poids, le reste du monde s en moque

  • Posté par Corbiaux Thierry, lundi 24 mai 2021, 10:57

    Tout à fait Monsieur Esser, et si les pays d'Europe occidentales n'interceptent pas ordinairement les avions, c'est parce qu'ils s'arrangent pour interpeller les suspects dans les aéroports par l'intermédiaire d'Interpol. Ici on est hors de l'UE, autre gouvernement, autres mœurs, autre manière de procéder.

  • Posté par Esser Olivier, lundi 24 mai 2021, 10:50

    Le problème est que l'Europe avait fait la même chose, avec l'avion présidentiel d'Elvo Morales en partance de Moscou, pour arrêter Snowden, que l'on croyait à bord, même si en réalité, il ne l'était pas.

  • Posté par Bruneau Christiane, lundi 24 mai 2021, 9:21

    Que l'Europe se dépêche avec des fortes sanctions. C'est un acte de guerre. Les dictateurs (Biélorussie, Russie, Chine, Birmanie, Turquie,...) profitent de la passivité des états occidentaux et des sanctionettes qu'ils décident. Fermetures des ambassades (qui ne servent de toute manière à rien aujourd'hui), fermetures des frontières, interdictions d'atterrissages, interdictions de voyager pour les officiels du régime, taxes sur les importations, interdiction d'exportations, saisies des fonds privés et publics dans les banques occidentales,....

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