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Walloreno: primes habitation, mode d’emploi

Aussi avantageuse soit-elle, la rénovation énergétique peut coûter cher, surtout dans les logements les plus anciens. La Wallonie met heureusement à disposition de ses habitants diverses primes qui permettent d’alléger la facture. On vous en explique les grandes lignes.

Temps de lecture: 6 min

Le montant et le fonctionnement des primes liées à la rénovation des bâtiments ont évolué à plusieurs reprises ces dernières années pour coller au mieux aux besoins des habitants et à l’objectif wallon à l’horizon 2050 : atteindre un label PEB A moyen pour son parc de logements. Pour en bénéficier, le demandeur et son logement doivent remplir quelques critères, mais aussi certaines formalités. En voici les principales. Les détails se trouvent dans la brochure dédiée aux primes (energie.wallonie.be), mais il est aussi possible d’obtenir des informations auprès des Guichets Energie Wallonie.

Pour qui ?

Les primes « habitation » de la Région wallonne sont accessibles aux citoyens de plus de 18 ans ayant un droit réel sur le logement concerné par les travaux (propriétaire, usufruitier, nu-propriétaire). Ce dernier doit être situé en Wallonie, être principalement destiné au logement et avoir été construit il y a plus de 15 ans. Après la réalisation des travaux, le demandeur s’engage à habiter personnellement le logement pendant 5 ans ou à le mettre en location suivant divers cas de figure, comme la mise à disposition pour une agence immobilière sociale.

Quels travaux ?

Il existe des primes pour tous les postes de rénovation énergétique : l’isolation des murs, sols, toit et l’amélioration de l’enveloppe du bâtiment, le remplacement des châssis, le placement de systèmes de chauffage et de production d’eau chaude, l’installation de ventilation, etc. On le sait moins, mais les primes concernent aussi certains travaux de salubrité comme l’assèchement des murs touchés par l’infiltration ou l’humidité ascensionnelle, ou encore l’élimination de champignons comme la mérule. Il existe également des subsides pour l’appropriation des installations électrique et de gaz.

Attention : pour avoir accès aux primes, le demandeur ne pourra pas effectuer les travaux dans n’importe quel ordre. Il devra au préalable faire réaliser un audit, pour lequel une prime est par ailleurs disponible. L’auditeur établira dans un rapport les travaux à réaliser et l’ordre à suivre afin de tendre vers un label PEB A. « Les rénovations sont rassemblées par bouquets qui permettent de phaser les travaux », explique Marine Leroy, consultante au Guichet Energie Wallonie de Dinant-Philippeville. « Si nécessaire, les premières interventions concernent généralement la sécurité et la salubrité. Par ailleurs, beaucoup de personnes qui se lancent dans des rénovations oublient de tenir compte de la mise en conformité du système électrique et des frais que cela représente… »

Enfin, il faut savoir que seuls les travaux réalisés par des entreprises enregistrées à la Banque Carrefour des Entreprises peuvent être financés par les primes. Ces dernières ne concernent donc pas les rénovations effectuées par les propriétaires eux-mêmes.

Quels montants ?

Les primes accordées varient en fonction du niveau de revenu du ménage. Cinq catégories ont été déterminées afin d’octroyer des majorations plus ou moins importantes. Les revenus les plus élevés (R5) bénéficient par exemple des primes de base alors que les montants de celles-ci sont multipliés par 3 pour la catégorie moyenne (R3) et par 6 pour la tranche des plus bas revenus (R1, soit moins de 23.000 euros).

Les montants des primes, quant à eux, sont calculés de diverses façons en fonction du type de travaux :

– des interventions comme celles touchant au chauffage, à la ventilation ou encore à l’élimination du radon et des champignons font l’objet de montants fixes, qui sont bien sûr multipliés en fonction des revenus. La prime pour l’installation d’un système de ventilation double flux varie ainsi de 1.200 euros pour les ménages les plus aisés à 7.200 euros pour ceux aux revenus les plus faibles ;

– pour le remplacement de la couverture de toiture, l’assèchement des murs ou encore la démolition/reconstruction de ces derniers, les montants sont fixés au mètre carré. La prime est alors calculée en multipliant ce tarif par la superficie rénovée, et bien sûr aussi par le coefficient lié aux revenus ;

– enfin, ce qui touche à l’isolation ou au remplacement des menuiseries et vitrages tient aussi compte des revenus, mais le montant de la prime est multiplié par les économies d’énergies réalisées grâce aux travaux. Cet élément est mesuré par l’auditeur via un logiciel et il est exprimé en kWh : par exemple, pour l’isolation thermique du toit, des murs ou du sol, les primes s’élèvent à 0,15 € par kWh économisé. Il faut aussi noter que les propriétaires qui isolent leur toiture, sols et murs avec des matériaux biosourcés ont droit à une surprime de 25 %. Il est ainsi possible de combiner plusieurs avantages mais attention : le montant de la prime est plafonné à 70 % du coût total de la facture.

Quelles démarches ?

Pour avoir accès aux primes, il est nécessaire de respecter quelques démarches. « On ne peut par exemple pas demander de primes pour des travaux entamés avant d’avoir réalisé l’audit logement », souligne Marine Leroy. « La première étape doit être de recourir à un auditeur et de faire enregistrer le rapport de ce dernier. » A partir de ce moment, le propriétaire dispose de 4 mois pour demander sa prime audit et de 7 ans pour commencer les travaux prévus dans le rapport de l’auditeur. Il n’est pas obligatoire de tout réaliser en une fois, mais il faut respecter l’ordre établi ainsi que le contenu des « bouquets » qui permettent le phasage des rénovations. Le propriétaire peut introduire une demande de primes lors de chaque bouquet de travaux, en remplissant un rapport de suivi prouvant que les recommandations de l’audit ont bien été respectées. « On doit notamment y joindre des pièces justificatives qui peuvent être fournies par l’entrepreneur », précise Marine Leroy. « Il est aussi très important de faire des photos avant, pendant et après les travaux. »

Les Guichets Energie Wallonie peuvent fournir de l’aide pour remplir ce dossier. Toutefois, dans le cas où l’ordre ou les caractéristiques des rénovations n’ont pas été scrupuleusement suivis, le rapport devra obligatoirement être réalisé par un auditeur.

Une fois le document envoyé, le demandeur de primes reçoit un accusé de réception et il peut consulter le site energie.wallonie.be pour savoir quels dossiers sont actuellement en cours de traitement (en fonction de la date à laquelle ils ont été rendus). Si son dossier est complet, il recevra les primes auxquelles il a droit. Le cas contraire, il disposera de 60 jours pour compléter les informations. Lorsque les travaux sont réalisés par bouquets, un rapport de suivi doit être rentré à chaque nouvelle étape.

Prêts: des formules parfois très avantageuses

Se lancer dans une rénovation énergétique ambitieuse peut coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros, c’est pourquoi beaucoup de propriétaires contractent un prêt pour financer leurs travaux.

Temps de lecture: 2 min

Certains choisissent de prévoir un budget dès l’achat du bâtiment alors que d’autres profitent d’avoir terminé de rembourser leur prêt hypothécaire pour lancer un nouvel emprunt. Peu importe le profil, cela vaut la peine de se renseigner sur les financements car les travaux économiseurs d’énergie font généralement l’objet de conditions plus favorables.

Plusieurs banques proposent en effet des prêts « verts » ou encore « éco » offrant des taux d’intérêt inférieurs, voire des frais de dossiers gratuits. Il est généralement demandé aux emprunteurs qu’une certaine proportion des travaux réalisés concerne des améliorations énergétiques : isolation, remplacement des châssis ou de la chaudière, installation de systèmes liés aux énergies renouvelables, toiture verte… Dans certaines banques, il est aussi possible d’inclure dans ces prêts des travaux de sécurité (alarme, caméras…) ou de protection contre les incendies.

Prêts à 0 %

Encore plus intéressant : la Wallonie permet à de nombreux ménages de bénéficier de prêts à tempérament à 0 % pour une série de travaux. La liste comprend l’amélioration de l’enveloppe, des systèmes, de la salubrité ou encore de la sécurité du bâtiment, mais aussi les aménagements nécessaires en cas de handicap ou encore la réalisation de l’audit. L’emprunt est lié à certaines conditions comme l’âge du logement (minimum 15 ans), les revenus maximums du ménage, la capacité financière à rembourser le prêt, etc.

Les montants octroyés peuvent varier entre 1.000 et 60.000 euros alors que la durée du prêt ne peut pas excéder 30 ans. Il est indispensable aussi que les travaux soient réalisés par un entrepreneur inscrit à la Banque-Carrefour des entreprises mais, par contre, il est possible de financer des travaux sans audit, et donc sans primes.

Ces dernières peuvent toutefois être prises en compte dans le calcul du crédit, dont la durée est alors réduite en fonction des montants octroyés. Selon la situation du ménage, les prêts à tempérament à 0 % peuvent être obtenus auprès de la Société wallonne du crédit social (deux enfants et moins) ou par le Fonds du logement de Wallonie (familles avec trois enfants ou plus).

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