Le cri d’alarme après le retour à 100% en présentiel : «On met trop de pression sur les élèves»

Le cri d’alarme après le retour à 100% en présentiel : «On met trop de pression sur les élèves»

Le délégué général aux droits de l’enfant, les parents de l’enseignement officiel, le comité des élèves francophones (CEF) et la pédopsychiatre Sophie Maes ont dénoncé d’une même voix mercredi la manière dont le retour à un enseignement à 100% en présentiel s’organise dans beaucoup d’écoles de Wallonie et de Bruxelles.

«Nous voudrions tirer un dernier cri d’alarme: on aspirait à une reprise scolaire centrée sur le bien-être des élèves, mais elle l’est surtout sur les apprentissages et les examens», s’inquiète Véronique de Thier, chargée de mission à la Fapeo, la Fédération des parents de l’enseignement officiel.

Alors que les dégâts psychologiques générés par la pandémie auprès des ados sont énormes, un grand nombre d’écoles et de profs se sont focalisés sur une reprise des enseignements pour tenter «de rattraper le temps perdu», sans prendre la peine d’écouter le désarroi des jeunes, de créer des espaces de parole, ont déploré les intervenants lors d’une vidéoconférence de presse commune.

Détresse

Or, la jeunesse sort de cette pandémie dans un «climat de détresse dramatique», avec une augmentation du nombre de tentatives de suicide et la complète saturation des pédopsychiatres incapables d’absorber cette vague, selon Sophie Maes, chef d’unité pour adolescents auprès de la clinique Le Domaine (ULB),

«Nous constatons la faillite du système de santé mentale en pédopsychiatrie. (...) Nous sommes aujourd’hui dans l’obligation de trier les jeunes que l’on va soigner! C’est inacceptable!», s’insurge la médecin qui préconise face à cette situation d’urgence une prise en charge collective, au niveau des classes même, par les services psycho-médicaux-sociaux (PMS).

Bien plus que d’examens, c’est de pouvoir dire les choses dont les élèves ont le plus besoin aujourd’hui. Après des mois de confinement et de privations sociales, les jeunes n’ont de toute façon plus la disponibilité psychique nécessaire aux apprentissages, selon elle.

Les intervenants ont d’ailleurs critiqué mercredi l’initiative du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles visant à aider les communes à organiser des programmes de remédiation cet été pour les élèves du secondaire.

«Pourquoi encore remettre de l’école pendant les vacances?», a lancé le délégué général aux droits de l’enfant, Bernard De Vos. «On ne peut pas leur foutre la paix pendant les deux mois de congés? Après l’année qu’ils ont vécue, les jeunes ont besoin de souffler!"

Même si le projet du gouvernement part sans doute d’une bonne intention, M. De Vos pense que l’initiative – pour laquelle il regrette de n’avoir pas été consulté préalablement – va en réalité surtout attirer des jeunes «qui n’en ont sans doute pas le plus besoin», alors qu’il conviendrait plutôt de mettre l’accent sur les jeunes des quartiers plus défavorisés, selon lui.

 
 
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