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Vaccin: des livraisons toujours aussi incertaines

Johnson&Johnson livrera 500.000 doses de moins que prévu au second trimestre. Même Pfizer, loué pour sa régularité, revoit à la baisse ses chiffres pour la semaine du 7 juin

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 3 min

L’absence de visibilité sur les livraisons de doses que la Belgique va recevoir est une réalité avec laquelle les autorités en charge de la vaccination doivent composer depuis le début de la campagne. On aurait pu croire que la situation allait se stabiliser avec les semaines mais ce n’est pas vraiment le cas. La visibilité reste en partie limitée tandis que les retards et baisses de livraisons continuent à s’accumuler.

Cette semaine, la Belgique a ainsi appris que Johnson&Johnson ne lui livrerait pas 1,4 million de doses d’ici fin juin comme prévu initialement mais bien 900.000. Pour l’heure, le pays n’a encore reçu que 143.000 doses de ce producteur et n’a de certitudes sur les livraisons que jusqu’au 2 juin. Cette baisse du nombre de doses couplée à la restriction d’âge qui vient d’être décidée par les ministres de la santé – le vaccin ne sera plus administré aux moins de 41 ans – n’aura pas vraiment d’impact sur la campagne de vaccination en juin, estime Sabine Stordeur, project manager de la task force vaccination. « Par contre, si on devait encore avoir des mauvaises nouvelles de la part de ce producteur, on peut s’attendre à un allongement de la campagne de vaccination de deux semaines ».

Concernant AstraZeneca, on a appris qu’il allait livrer lundi prochain – avec plusieurs jours de retard – non pas 374.000 doses comme prévu mais bien 335.200. Pour les semaines suivantes, il n’y a rien de confirmé. « Presque chaque semaine, on reçoit de cette firme un peu moins que ce qui était prévu », relativise Sabine Stordeur. Cette incertitude est néanmoins problématique à un moment où de plus en plus de secondes doses doivent être administrées. Cela va amener les Régions à constituer des stocks tampons. « Pour pouvoir garantir les secondes doses à ceux qui ont déjà reçu la première, il va falloir être prudent dans la planification et diminuer l’administration des premières doses AstraZeneca », estime Sabine Stordeur.

Du retard aussi chez Pfizer

Même Pfizer, le bon élève de la classe loué pour la régularité de son approvisionnement, s’y met. La semaine du 7 juin, la Belgique s’attendait à recevoir 733.590 doses. Elle n’en recevra « que » 656.370, soit 77.220 de moins. Sabine Stordeur insiste néanmoins sur le fait que ces 733.590 doses n’étaient pas véritablement acquises. « Dans ce chiffre, il y a deux parties, explique-t-elle. Il y a 580.320 doses qui sont attendues chaque semaine en juin et qui sont dues contractuellement. C’est la partie fixe. Il n’y a pas de problème de retard ou de baisse des livraisons sur celle-ci. L’autre partie – 153.270 doses – est une avance sur des doses qui auraient dû être normalement livrées en fin d’année. Le nombre de doses à recevoir pour cette partie-là ne nous est pas confirmé longtemps à l’avance et peut varier. On le savait ».

L’incertitude sur les livraisons est telle que l’Agence flamande en charge des soins de santé a décidé de suspendre son outil en ligne qui permettait aux Flamands d’évaluer, en fonction de leur âge, à quel moment ils allaient pouvoir être vaccinés, indiquait jeudi Het Laatste Nieuws.

Pour assurer un peu de stabilité à l’édifice, la Belgique peut heureusement compter sur le quatrième producteur de vaccins, Moderna, qui a confirmé ses livraisons jusqu’à la semaine du 26 juillet.

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