Accueil Société

Le président du Comité R dénonce le désinvestissement dans les services de renseignement

Serge Lipszyc a énuméré toutes une liste de problèmes.

Temps de lecture: 3 min

Le président du Comité de contrôle des services de renseignement (comité R), Serge Lipszyc, a dénoncé jeudi sur la RTBF le désinvestissement matériel et humain dont souffrent depuis des années les services de renseignement en Belgique, sous le feu des critiques dans l’affaire Jürgen Conings.

«Nous avons des systèmes informatiques, de numérisation, archaïques dans les services de renseignement, ils sont seulement en train d’essayer de les moderniser. Il n’y a aucune connexion entre les différentes banques de données, aucun système sécurisé permettant aux services de renseignement de pouvoir même dialoguer, pas de GSM, pas de système permettant de travailler à domicile en période Covid», a énuméré le magistrat, sur le plateau de Jeudi en prime (RTBF).

« Il y a un désinvestissement de l’Etat »

«Depuis des années, on interpelle sur des problèmes fonctionnels et d’investissements», a ajouté M. Lipszyc, qui fut aussi conseiller du Premier ministre Charles Michel. «Il y a un désinvestissement de l’État», a-t-il dénoncé, citant aussi la Justice et la Santé.

Il a rappelé que la commission parlementaire sur les attentats de Bruxelles avait déjà, en 2017, stigmatisé l’absence de banque de données commune aux deux services de renseignement: le SGRS (renseignement militaire) et la Sûreté de l’État (renseignement civil).

Le premier «manque de 20% de personnel, ce n’est pas neuf», tandis que la seconde «est capable de suivre au quotidien 20% de ses dossiers», selon Serge Lipszyc.

Des audits externes menés ces dernières années pour le Comité R sur le SGRS ont aussi déjà fait état de «non fonctionnements», ce qui a poussé le Comité à suggérer de modifier le management. «La structure totale du SGRS a été transformée en janvier 2020, ce qui ne se fait pas du jour au lendemain, il faut donc prendre en compte aussi ce contexte», a-t-il nuancé.

Fusionner les deux servies de renseignement  ?

Serge Lipszyc ne se montre pas convaincu à l’idée de fusionner les deux services de renseignement. «Ce n’est pas en mettant les deux structures ensemble qu’on va nécessairement faire mieux, donnons-leur d’abord les moyens nécessaires», a-t-il exhorté. En outre, en 2017, la commission parlementaire n’était pas parvenue à un accord politique sur une telle fusion, a-t-il rappelé.

Le magistrat a aussi insisté sur la diversité de la menace, à Bruxelles en particulier, à travers l’espionnage international et la volonté d’ingérence d’États étrangers pour agir sur les communautés, les opposants politiques, via la manipulation ou la menace.

«Il y a eu ces quatre dernières années dans le monde démocratique plus d’expulsions de diplomates (des espions sous couverture) que durant toute la Guerre froide», a-t-il illustré.

Le Comité R doit rendre pour juillet un rapport d’enquête sur l’affaire Jürgen Conings, ce militaire fiché comme extrémiste potentiellement violent et en fuite depuis dix jours après avoir dérobé des armes et des munitions.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

5 Commentaires

  • Posté par Lequeu Guy, vendredi 28 mai 2021, 7:27

    De puis de nombreuses années ,lors des conclaves budgétaires, ce sont toujours les départements de la Défense et de la Santé qui trinquent ;les politiques sont évidemment les premiers responsables de ces sous-investissements.

  • Posté par Petitjean Marie-rose, jeudi 27 mai 2021, 23:20

    Le témoignage de ce monsieur posé, choisissant soigneusement ses mots, sans agressivité, est impressionnant, et pas vraiment rassurant.

  • Posté par Nicolay Jean-Marie, vendredi 28 mai 2021, 6:07

    N'oubliez pas quand même que ce Monsieur fut membre du Cabinet du 1er Ministre Michel, lequel a organisé sciemment la déroute, en s'alliant avec un parti proche de l'extrême droite!

  • Posté par Migisha Jean, vendredi 28 mai 2021, 0:58

    Mr Staquet, l'argent des impôts n'est pas ponctionné équitablement. Son plus grand potentiel s'évapore dans les trous de gruyère de la législation fiscale placé volontairement afin de rendre exsangue les États depuis les années 80 (voir les DLU indolores pour des comportements inciviques). On appelle cela pudiquement de "l'optimisation fiscale" en lieu et place de dol organisé.

  • Posté par Staquet Jean-Marie, jeudi 27 mai 2021, 23:44

    Et moi, je dis, tout aussi posément: comment se fait-il qu'avec des taux d'imposition parmi les plus élevés de la planète, il y ait des problèmes de d'investissement (ou désinvestissement, c'est selon)? Il n'est quand même pas contestable que le contribuable belge soit largement appelé à remplir les caisses du trésor public. Que fait-on de cet argent? Systématiquement, des désinvestissements sont dénoncés. Sans doute à raison. Mais alors... où est passé l'argent des impôts?

Aussi en Société

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Geeko Voir les articles de Geeko