Coup de tonnerre en Division 1: le Qatar lâche l’AS Eupen

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Comment se dessine le futur de l’AS Eupen ? Voilà une question à laquelle il est bien délicat de répondre à l’heure actuelle. Il n’y a pas encore si longtemps, Aspire avait repris la main sur la gestion interne du club via Ivan Bravo pour remettre de l’ordre en coulisses. Sur le plan sportif, Bravo et le directeur sportif, Jordi Condom, devaient préparer la saison prochaine, notamment via l’arrivée de joueurs qataris afin de préparer le Mondial 2022. Il existait également un projet de rénovation des infrastructures, notamment avec la construction d’une salle de fitness pour le noyau pro. Tout semblait clair, la ligne directrice évidente.

Vers une revente progressive ?

Aujourd’hui, il n’en est plus rien. Pire, Aspire a décidé de se désengager du club. Un signe avant-coureur de ce retrait était finalement le désengagement d’Ivan Bravo du club, lui qui faisait le lien entre Eupen et Aspire. Le départ de Jordi Condom vers Seraing, couplé à son désir de recoacher, n’y est pas étranger non plus.

Pour le moment, une revente n’est pas prévue mais le Qatar ne veut plus injecter d’argent dans l’AS Eupen et il a donc été signifié au club qu’il allait devoir vivre sur fonds propres. Aspire chercherait des partenaires pour investir dans le club afin de ne plus avoir à supporter seul la charge.

Soyons clairs, c’est un énorme coup dur pour les Pandas qui vont rapidement devoir trouver des sous s’ils veulent conserver le même train de vie. Cette année, Aspire avait réinjecté un peu plus de 6 millions dans les caisses du club via une augmentation de capital. Un procédé assez simple qui permet d’éviter de passer par une banque. Depuis leur arrivée en 2012, les Qataris ont ainsi injecté plus de 55 millions à l’AS Eupen.

L’œuf ou la poule

Qu’est-ce qui a décidé Aspire à se retirer du projet eupenois ? Pour le moment, c’est encore difficile à savoir. Selon certaines informations que nous avons pu récolter, le fait qu’aucun joueur qatari ne vienne finalement à Eupen aurait précipité la décision d’Aspire. Mais d’autres informations évoquent l’inverse. Difficile donc de savoir qui de l’œuf ou la poule était là en premier. En attendant, c’est clair et net, il n’y aura pas de Qataris l’an prochain à Eupen. Autre conséquence de ce retrait, on l’a dit, c’est le non-investissement dans les infrastructures du club. Pourquoi offrir du luxe si les Qataris n’en profiteront pas ?

Direction dans le flou

Contacté, le club a démenti ce retrait d’Aspire mais nous savons de bonne source qu’une communication à certains membres du personnel a été faite. Les Qataris ne veulent plus investir, ce qui laisse la direction dans le flou pour la suite, apprend-on. Pour les collaborateurs du club, c’est également la grosse incertitude, puisqu’ils ne savent pas où il va.

Il semblerait également que tout ce qui touche de près ou de loin au Qatar va également se retirer. À ce titre, Adidas pourrait bien ne plus être l’équipementier des Pandas la saison prochaine. Quant au sponsor maillot, Qatar Airways, il pourrait lui aussi ne plus figurer sur les maillots.

Avec les départs d’Ivan Bravo et Jordi Condom, c’est donc le directeur général de l’AS, Christoph Henkel, qui a repris la main. Mais tout est à reconstruire. Alors que la reprise des entraînements est prévue pour le 15 juin, il n’y a personne à la direction sportive, pas d’entraîneur, le T2 Manel Exposito est en fin de contrat (à moins qu’il ne rejoigne Jordi Condom à Seraing ?) sans parler du noyau dont les contours sont encore flous.

Chantier sportif

À quoi ressemblera Eupen, l’an prochain, sur le terrain ? Certainement pas à ce que l’on a connu cette saison. 6 joueurs arrivent en fin de contrat ou de prêt (Adriano, Himmelmann, Boljevic (Standard), Baby (Antwerp), Musona (Anderlecht), Miangue (Cagliari, Italie) et on ne sait pas encore si le club les prolongera ou tentera de les acquérir (excepté pour Baby dont on sait que l’option n’a pas été levée).

Pire, au moment de recevoir sa licence, Eupen s’est vu signifier la nécessité de faire baisser sa masse salariale. Des joueurs comme Peeters, Prevljak, Agbadou ou Ngoy pourront donc partir en cas de bonne offre, d’une part pour dégager des liquidités et d’autre part pour réduire ladite masse salariale qui avait, rappelons-le, gonflé de près de 5 millions d’euros pour passer de 11,6 à 16,5 millions en un an. Cela représentait alors 62 % du budget du club !

Cette situation fait penser à ce que le club de Malaga avait vécu il y a quelques saisons. Les propriétaires qataris avaient là aussi décidé de ne plus investir, obligeant le club à se tourner vers des joueurs en prêt ou gratuits. Un chemin que risque donc bien de prendre l’AS Eupen. À moins que de nouveaux investisseurs ne viennent donner au club une bouffée d’oxygène bien nécessaire pour ne pas vivre une saison 2021-2022 particulièrement étouffante.

 
 
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