Décès du galeriste d’art Pierre Hallet

Décès du galeriste d’art Pierre Hallet
D.R.

Sa galerie toute proche du Sablon, petite mais très appréciée, connut de beaux jours. Elle s’était tout récemment enrichie d’une vitrine de l’autre côté de la rue Ernest Allard, un nouvel espace où il montrait quelques belles pièces des artistes qui faisaient partie de son « écurie ». Pierre Hallet vient de disparaître à l’âge de 68 ans plongeant dans la tristesse son épouse, ses enfants et de nombreux amis tant le galeriste bruxellois avait de charme souriant, d’humour et de lucidité vis-à-vis du métier, du marché qu’il vit bondir, s’affaisser, rebondir au fil des décennies.

Nous l’avons connu éternellement partagé entre de vrais coups de cœur, comme ceux qui le poussèrent à exposer Stéphane Mandelbaum, Claire Moinil, James Brown… des audaces parfois surprenantes et les représentants d’une modernité plus classique qui comprenait des pointures belges aussi recherchées que le peintre abstrait Antoine Mortier dont il fut à Bruxelles, grâce à la confiance de sa fille Françoise, le marchand attitré. Il aimait et exposait aussi Mendelson, Van Lint, Delahaut, Marthe Wéry… le Français Georges Noël qui fut l’objet de l’une de ses toutes belles et récentes expositions sans oublier les contemporains de valeur comme Annick Blavier, Petrus De Man, Noëlle Koning, Robin Vokaer, Lionel Vinche… et sa propre épouse, Jacqueline Devreux dont il exposait régulièrement les peintures partagées entre humeur fantasque et sensualité.

Lui et son associé tirèrent aussi de l’oubli le peintre Jos Seeuws, une autre expo à succès. Et ce fut Pierre Hallet qui créa la session artistique « Art on paper » au White Hotel, initiative bruxelloise bienvenue dont il fut sans vergogne dépossédé quelques années plus tard. Expert en art moderne, notre homme ne fut pas d’emblée galeriste. Il roula pas mal sa bosse auparavant, voyageant et gardant de ces expériences à travers le monde un esprit jeune et ouvert, un penchant pour tout ce qui n’est pas artistiquement correct. Ce fut aussi un cinéphile passionné, une marotte qui a sûrement contribué à nourrir son approche de l’art.

 
 
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