Energies renouvelables:des valeurs vertes et sûres

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Energies renouvelables:des valeurs vertes et sûres

Beaucoup de ménages sont soucieux face à leurs factures énergétiques, surtout lorsqu’il s’agit de ressources fossiles. La raréfaction du pétrole, du gaz ou encore du charbon entraîne, en effet, des fluctuations et des prix à la hausse dont les habitants sont généralement dépendants pour se chauffer ou se fournir en électricité. Heureusement, on peut diminuer ses besoins et ses factures en adoptant de petits gestes au quotidien, ou encore en isolant son logement. Il est également possible d’aller plus loin dans la démarche en recourant à des énergies renouvelables. Qu’il s’agisse du vent, du soleil, de l’eau, de la biomasse ou encore de la géothermie (chaleur naturelle sous la surface de la terre), ces énergies ont pour particularité de se régénérer au moins au même rythme que celui auquel elles sont utilisées. Ces ressources sont donc plus écologiques, et leur recours est par ailleurs nécessaire pour atteindre l’objectif de neutralité carbone que la Wallonie s’est fixée à l’horizon 2050.

À son échelle, chaque particulier peut intégrer des énergies renouvelables au sein de son logement. « En matière de chauffage, les solutions les plus courantes sont les pompes à chaleur, ou encore les poêles ou chaudières biomasses », précise Lise Johnson, consultante des Guichets Energie Wallonie. « Ces deux systèmes peuvent fonctionner sur un chauffage central classique et sont faciles à mettre en œuvre lors d’une rénovation – il faut juste penser au stockage pour la biomasse. L’idéal est bien sûr de privilégier d’abord l’isolation et d’avoir des émetteurs à basse température afin de permettre un meilleur rendement et une meilleure maîtrise de la consommation Ce n’est en effet pas parce qu’on a un système à base d’énergie renouvelable qu’il faut gaspiller celle-ci… »

Un logement très bien isolé aura par ailleurs la possibilité d’être uniquement chauffé par un poêle biomasse, ce qui permet de se passer d’un système de chauffage central. Comme le souligne Lise Johnson, on peut aussi envisager les énergies renouvelables comme solutions de soutien à des installations classiques de chauffage ou de production d’eau chaude. « Un poêle biomasse peut par exemple soulager une chaudière à base d’énergie fossile qui n’est pas forcément ancienne et/ou que le propriétaire n’a pas le budget de remplacer tout de suite. Et pour ce qui concerne l’eau, on peut employer comme solution d’appoint un chauffe-eau solaire. » La géothermie de surface est également une solution alternative aux énergies fossiles.

Bref, les solutions sont à adapter au cas par cas. En termes de production d’électricité par contre, le choix est un peu plus restreint. L’éolien et l’hydraulique restent en effet des dispositifs anecdotiques au niveau de leur utilisation, et souvent moins accessibles d’un point de vue des finances comme des ressources. « La palme revient de loin au solaire photovoltaïque », souligne Lise Johnson. « Certains hésitent à investir car le contexte législatif évolue ces dernières années, mais le photovoltaïque reste une solution rentable vu la baisse des coûts du marché. C’est une technologie éprouvée, facile à installer et qui présente un très bon rapport qualité/prix. »

Un entrepreneur fiable et de qualité

Les investissements démarrent à quelques milliers d’euros et peuvent être financés par des prêts à 0 % de la Région wallonne. On évitera bien sûr d’implanter une installation photovoltaïque sur un toit en mauvais état et pas isolé, mais la mise en œuvre est plutôt simple et rapide. Il est par contre important de recourir à un installateur certifié, tant pour les panneaux photovoltaïques que pour les autres systèmes liés aux énergies renouvelables. La Wallonie a mis en place un label Qualiwal qui est l’appellation wallonne du système RESCert (www.rescert.be) commun aux trois régions qui permet d’identifier les entrepreneurs fiables et de qualité. La consultation de la liste des installateurs sur leur site permet aussi de lutter contre les publicités et démarchages mensongers qui existent malheureusement dans ce secteur et vont parfois jusqu’à usurper le nom du SPW. Pour éviter le piège, Lise Johnson recommande de demander au moins trois devis et de ne pas hésiter à les soumettre à l’avis objectif d’un consultant des Guichets Energie Wallonie.

Primes locales et régionales

Par M.-E.R.

La démocratisation des panneaux photovoltaïques a entraîné la fin des primes le 30 juin 2018, mais il reste possible de financer ces installations grâce aux prêts à 0 % de la Région wallonne. Cette dernière prévoit également des primes pour l’installation de pompes à chaleur, chaudières/poêles biomasse ou encore chauffe-eau solaires. Des primes supplémentaires sont par ailleurs octroyées lorsqu’on combine en une seule opération une chaudière ou poêle biomasse avec un tel chauffe-eau.

Les habitants qui désirent recourir aux énergies renouvelables ont aussi tout intérêt à se renseigner auprès de leur province et surtout de leur commune, car plusieurs d’entre elles offrent des primes qui s’ajoutent à celles de la Région wallonne. Les systèmes concernés et les montants sont toutefois variables d’une localité à l’autre.

Les réseaux de chaleur: la durabilité à plus grande échelle

Par Marie-Eve Rebts

Les réseaux de chaleur se développent un peu partout en Wallonie. Comme ici, aux Pléiades, un projet développé par le groupe Horizon à Visé.
Les réseaux de chaleur se développent un peu partout en Wallonie. Comme ici, aux Pléiades, un projet développé par le groupe Horizon à Visé.

Ce dispositif a pour but principal de valoriser le potentiel wallon en matière de chaleur durable, notamment en l’identifiant et en proposant une série de mesures pour favoriser son utilisation. Certaines d’entre elles sont déjà en cours d’élaboration, comme la prise en compte des réseaux de chaleur dans le calcul de la PEB.

Cette stratégie ambitieuse devrait donner un coup d’accélérateur au développement des réseaux de chaleur en Wallonie. Leur principe est un peu celui d’un chauffage central mais à l’échelle d’un site, d’un quartier ou encore d’une ville. Une unique chaufferie (idéalement alimentée par une source renouvelable comme la biomasse, la géothermie, la récupération de chaleur…) alimente toute la zone grâce à un réseau de canalisations et des échangeurs de chaleur au sein de chaque bâtiment ou habitation. Il existe actuellement plusieurs réseaux de chaleur un peu partout en Wallonie, notamment à l’échelle d’hôtels, d’établissements scolaires et publics, ou même de villages comme celui de Malempré.

Cette solution est aussi privilégiée par le groupe Horizon dans tous les quartiers résidentiels qu’il développe, à commencer par celui des Pléiades créé à Visé il y a environ 10 ans. Aujourd’hui, ce réseau de chaleur alimente plus de 220 logements, un hall sportif et une école. « Les fondateurs du groupe ont toujours voulu s’engager de façon significative dans la transition énergétique, donc il était impensable pour eux de recourir à des systèmes traditionnels de production de chaleur », explique David Colette, Directeur pôle énergie au sein de groupe Horizon. « Le réseau des Pléiades fonctionne grâce à des plaquettes de bois ou pellets qui permettent de valoriser réellement des déchets d’origine naturelle et locale. »

Les réseaux de chaleur liés aux énergies renouvelables permettent généralement d’éviter le rejet de plusieurs centaines de tonnes de CO2 chaque année. Au sein des Pléiades, l’économie est de l’ordre d’environ 600 tonnes mais ce chiffre grimpera à 840 tonnes annuelles au sein d’un nouveau projet que Horizon développe à Grâce-Hollogne. Ce quartier de 180 logements se veut entièrement neutre en carbone – et même positif en énergie – grâce à un champ photovoltaïque, une cogénération biomasse, des batteries de stockage, un réseau de valorisation des eaux de pluie et bien sûr un réseau de chaleur alimenté lui aussi par la biomasse.

Une meilleure maîtrise des coûts

Au-delà de leur aspect écologique, les réseaux de chaleur alimentés par des ressources durables présentent des avantages directs pour les habitants. Ces derniers ne doivent pas se charger de l’entretien d’une éventuelle chaudière et ne sont pas exposés aux risques sanitaires ou sécuritaires liés aux combustibles comme le mazout ou le gaz. Mais surtout, les réseaux de chaleur offrent des atouts au niveau économique : « Le fait de mutualiser les investissements et les infrastructures permet de diminuer le coût réel comparativement à une solution individuelle. Le réseau consomme beaucoup moins d’énergie, émet moins de carbone », souligne David Colette. « Par ailleurs, l’utilisation de ressources renouvelables permet une meilleure maîtrise des coûts de l’énergie. La biomasse est par exemple très stable d’un point de vue prix par rapport aux énergies fossiles. »

David Colette remarque qu’au fil des ans, ces avantages ont réussi à faire disparaître les doutes ou craintes qui pouvaient subsister chez certains habitants par rapport aux réseaux de chaleur. « À présent, les gens sont même attirés par cette composante de nos projets et ils sont de plus en plus nombreux à vouloir être impliqués dans leur propre production d’énergie. »

Selon les cas de figure, les réseaux de chaleur peuvent en effet être détenus et/ou gérés par des sociétés extérieures, ou par la copropriété elle-même. Les possibilités sont aussi très nombreuses en termes de déploiement : un réseau de chaleur peut aussi bien couvrir quelques habitations ou une ville entière, avec des canalisations qui s’étendent sur plusieurs dizaines de kilomètres. Le futur écoquartier de plus de 1.300 logements à Coronmeuse (Liège) devrait par exemple intégrer un réseau de chaleur qui sera alimenté par de l’énergie récupérée au sein de l’usine de traitement de déchets Uvelia (Herstal). Ce n’est qu’un des nombreux exemples de réseau de chaleur qui devrait voir le jour prochainement en Wallonie…

 
 
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