Port de signes convictionnels: Rudi Vervoort temporise, DéFI menace de claquer la porte du gouvernement

Port de signes convictionnels: Rudi Vervoort temporise, DéFI menace de claquer la porte du gouvernement
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Officiellement, le point n’est pas à l’ordre du jour du gouvernement bruxellois ; en pratique, ce sera sans doute celui qui sera le plus (longuement) débattu ce jeudi matin : la Stib va-t-elle faire appel de la décision du tribunal du travail la condamnant pour discrimination à l’embauche ? Pour rappel, le comité de gestion de la Société de transports a décidé que non, seul l’exécutif régional peut encore, dans les vingt jours, inverser cette décision…

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) était l’invité de la Première ce jeudi matin et fait le point. Il se serait volontiers passé d’hériter de ce cadeau empoisonné, sa majorité étant nettement divisée sur le sujet. « Je pense qu’on doit d’abord considérer que si cette question n’a pas été dans l’accord de majorité ce n’est pas par distraction, il faut le rappeler à ceux qui voudraient que le gouvernement se positionne », pointe-t-il.

La solution privilégiée par Rudi Vervoort : le parlement. « Je plaide pour mener ce débat au parlement, quitte à arriver à une ordonnance cadre qui puisse servir de guide à l’ensemble des autorités », explique-t-il.

Cependant, un consensus politique risque d’être difficile à trouver selon lui. Et pour son propre parti, « le PS est en réflexion ».

DéFI met en garde

Le président de DéFI, François De Smet, a indiqué jeudi matin au micro de Bel RTL que son parti reconsidérerait sa participation au gouvernement bruxellois s’il n’y a pas d’impulsion politique contre la décision du comité de gestion de la Stib de ne pas aller en appel de sa condamnation pour discrimination. La question des signes convictionnels (la plaignante qui a obtenu gain de cause au tribunal du travail affirme avoir été discriminée à l’embauche pour son port du voile, entre autres) dans les services publics menace donc bien la majorité associant à Bruxelles les Verts, les socialistes, DéFI et les libéraux flamands.

«Ce sont les administrateurs PS, Groen et Ecolo qui ont imposé de ne pas aller en appel», déplore François De Smet sur Bel RTL. Une décision «qui objectivement tient difficilement la route» quand on voit par exemple l’avis de l’avocat Marc Uyttendaele qui expose que l’arrêt est «mal construit et assimile toute politique de neutralité, quelle qu’elle soit, à de la discrimination», explique le président de DéFI. «Si nous n’arrivons pas à un accord (au sein du gouvernement, NDLR) à un moment, et si on a l’impression que le principe de neutralité des services de l’État n’est pas au rendez-vous, nous risquons d’avoir un problème de gouvernement, nous devrons réévaluer notre participation.»

 
 
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