Port du voile: «Il n’y a pas de discordance au gouvernement», assure Alexander De Croo

Il n’y a aucune discordance dans le gouvernement sur le sujet», a assuré jeudi soir le Premier ministre, Alexander De Croo, devant la Chambre à la suite de ses déclarations au parlement sur la désignation d’un commissaire du gouvernement et des déclarations qui ont suivi sur les réseaux sociaux du ministre David Clarinval (MR).

Le dossier a été discuté en comité restreint jeudi matin en raison de l’opposition manifestée par le MR à la désignation, il y a quelques mois, par la secrétaire d’État Sarah Schlitz (Ecolo) d’une commissaire du gouvernement à l’Institut pour l’égalité entre les femmes et les hommes, en l’occurrence Ihsane Haouach, femme portant le foulard islamique.

Deux options s’offraient au gouvernement. Soit la décision était maintenue, soit des initiatives étaient prises pour la modifier ou l’annuler, a brièvement expliqué le Premier ministre en réponse à des interpellations de Peter De Roover (N-VA), Barbara Pas (VB) et Catherine Fonck (CDH).

«Finalement, la décision n’a pas été remise en question», a-t-il ajouté. «Il n’y a pas eu de proposition de révision de la décision.»

Qui dit vrai  ?

Plus tôt dans la journée, le chef du gouvernement avait déjà répondu sur le sujet à une députée de la N-VA qu’aucun parti autour de la table n’avait remis en question la décision. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, et ensuite le ministre Clarinval ont jeté le trouble et donné l’impression à l’opposition et à de nombreux commentateurs que les libéraux francophones contestaient la réponse de M. De Croo.

«En #KERN ce matin, en tant que représentant du MR, j’ai clairement exprimé notre opposition à la décision prise, sans concertation, par la Secrétaire d’État Sarah Schlitz (Ecolo) de désigner Ihsane Haouach comme nouvelle commissaire du gouvernement», a dit le ministre MR.

Ces propos ont entraîné le retour de M. De Croo en soirée devant l’assemblée.

«Voir un ministre accuser son Premier ministre de mentir au parlement et donc à l’ensemble des Belges, c’est grave. Ce n’est pas une question de majorité et d’opposition, c’est une question de crédibilité du gouvernement», a asséné Mme Fonck.

Les nationalistes flamands n’ont pas été plus cléments. «Qui a raison? Vous, qui dites qu’aucun parti n’a remis en question la décision prise? Ou le tweet de M. Clarinval qui dit clairement qu’il s’est opposé à la décision?», a demandé M. De Roover.

La courte réponse du Premier ministre n’a guère convaincu l’opposition. «Votre gouvernement commence à ressembler à un bordel politique», a lancé le chef de groupe N-VA, tandis que Mme Fonck s’en prenait à «l’hypocrisie» et à la «manipulation» du MR. «Ca ne grandit pas la politique», a-t-elle poursuivi.

Silence de la majorité

Aucun député de la majorité n’a pris la parole. Sur Twitter, M. Bouchez a précisé ses propos. «Comme l’arrêté royal de désignation d’une femme portant un signe convictionnel a déjà été adopté par la secrétaire d’État sans concertation avec le gouvernement, nous aurions besoin d’une unanimité pour faire adopter un nouvel arrêté royal qui désigne une autre personne. Nous n’avons pas cette unanimité», a-t-il souligné.

Les tensions étaient palpables jeudi après-midi dans la majorité à la Chambre. Des caucus informels ont réuni les chefs de groupe de la majorité. À bonnes sources, l’on confirmait aussi qu’au sein de l’exécutif, dans les rangs flamands, des vice-Premiers ministres avaient exprimé jeudi matin leur lassitude devant l’attitude du président du MR.

 
 
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