Attaque djihadistes au Burkina Faso: le bilan monte à 160 morts, dont une vingtaine d’enfants

Attaque djihadistes au Burkina Faso: le bilan monte à 160 morts, dont une vingtaine d’enfants

Le bilan de l’attaque menée par de présumés jihadistes dans la nuit de vendredi à samedi à Solhan, commune rurale du Nord-Est du Burkina, n’a cessé de grimper: d’abord d’«une centaine», il est passé à 138, puis 160, selon des sources locales. Au total, «160 corps ont été inhumés hier (samedi) dans trois fosses communes par les populations locales (...) dont une vingtaine d’enfants», a déclaré un élu de la région. Un bilan confirmé par une autre source locale qui a précisé que «50 corps ont été enterrés dans chacune des deux fosses communes et 60 corps dans la troisième fossé». «Ce sont les populations elles-mêmes qui ont procédé à l’enlèvement et à l’enterrement des corps après les avoir rassemblés et transportés» sur des triporteurs, a ajouté cette source.

L’élu local a affirmé que «la situation est encore volatile dans la zone malgré l’annonce d’opérations militaires» et «que les populations continuent à fuir Solhan» pour les agglomérations proches de Sebba et Dori. «Beaucoup ont tout perdu après l’incendie de leurs biens et de leurs habitations», a-t-il dit. Solhan est une petite localité située à une quinzaine de kilomètres de Sebba, chef-lieu de la province du Yagha qui a enregistré ces dernières années de nombreuses attaques attribuées à jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique. Cette zone est proche des frontières avec le Mali et le Niger.

Depuis l’invasion du Nord du Mali en 2012 par des groupes jihadistes, la situation s’y est aggravée en dépit de l’intervention militaire française — d’abord Serval, puis Barkhane plus étendue — et a fait tâche d’huile, les groupes jihadistes frappant désormais le Burkina et le Niger, essentiellement dans ou près de la zone dite des «trois frontières» entre ces trois pays.

Armée mal équipée

Les attaques sont régulières depuis près de dix ans au Mali et déstabilisent gravement ce pays qui vient de connaître un second coup d’Etat en moins d’un an, entraînant la suspension de la coopération militaire de la France.

Le Burkina, épargné par les violences du temps de Blaise Compaoré (1987-2014), accusé d’avoir négocié avec les groupes jihadistes pour préserver son pays, en est la victime depuis 2015: au moins 1.400 morts et un million de déplacés.

Le nouveau président Roch Marc Christian Kaboré, qui a succédé en 2015 à Blaise Compaoré, a fait de la lutte «antiterroriste» sa priorité et a été réélu en 2020 en grande partie sur la promesse de ramener la paix dans son pays.

Mais l’armée burkinabè, faible et mal équipée, ne parvient pas à contrer les attaques de plus en plus nombreuses et doit s’appuyer sur des supplétifs civils, les Volontaires pour la défense de a patrie (VDP), qui payent un lourd tribut à la lutte antijihadiste.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous