Les théâtres rouvrent ce mercredi: «Une maison de poupée», «Muzungu», «Méduse.s»… Les spectacles à l’affiche

«Une maison de poupée».
«Une maison de poupée». - ZvonocK

Une maison de poupée * * *

Jusqu’au 30 juin au Théâtre royal du Parc (Bruxelles)

Dépassé, ce portrait d’une femme victime du machisme de la société ? Loin s’en faut ! A la mise en scène, Ladislas Chollat en livre une version vivante, à la portée parfaitement contemporaine. Avec Anouchka Vingtier dans le rôle de Nora, la pièce d’Ibsen se déploie dans un décor qui se déboîte à mesure que le couple conjugal se disloque, et offre une critique efficace du sexisme ambiant (hélas loin d’être obsolète), mais aussi du matérialisme et de la morale bien-pensante.

Muzungu * * *

Jusqu’au 12 juin au Rideau de Bruxelles (Ixelles)

Vincent Marganne assume un récit courageux en cette ère de revendications décoloniales. Mis en scène par Serge Demoulin et accompagné par Edson Anibal, il compose avec pudeur les contradictions propres au « Muzungu » (homme blanc) d’Afrique. Né au Burundi, l’auteur et comédien n’appuie rien mais esquisse des pans de vie, revient sur le massacre des Hutus en 1972, dessine une époque forcément déformée par ses souvenirs, interroge la mémoire et gratte quelques plaies encore à vif.

Méduse.s * * *

Du 10 au 12 juin au Théâtre Les Tanneurs (Bruxelles)

La pièce du collectif La Gang questionne le sexisme de notre imaginaire collectif. Théâtre d’objet et manipulation des corps revisitent le mythe de Méduse en le faisant résonner avec une thématique contemporaine : le traitement des femmes victimes d’agressions sexuelles. Avec ironie et un style décomplexé, elles y détricotent les constructions patriarcales, les injonctions liées au genre mais aussi notre héritage culturel.

Glitch * * *

Les 16 et 17 juin aux Brigittines (Bruxelles)

Les corps vibrent, tentent de se déplacer mais restent figés sur place, agités de soubresauts comme dans ces bandes-vidéo qui patinent sur quelques fractions de seconde d’une même image. C’est dans cette défaillance technique que Florencia Demetri & Samuel Lefeuvre sont allés chercher l’inspiration de leur nouveau spectacle. Le « glitch », en langage informatique, désigne, expliquent-ils, « une défaillance, une interruption de courte durée dans le flux opérationnel d’un système ». Le duo s’empare de ce dérapage technique pour en faire un spectacle où la maîtrise des corps et la répétition du mouvement entraînent le spectateur dans un voyage aux frontières du réel. Magique.

Un grand amour * *

Jusqu’au 27 juin au Théâtre le Public (Saint-Josse)

Seule en scène, Janine Godinas incarne Theresa Stangl, veuve de Franz Stangl, ancien SS qui commandait les camps de Sobibor et Treblinka. Face à une journaliste venue la questionner sur le passé de son mari désormais décédé, cette femme fait son propre examen de conscience. Savait-elle ? Jusqu’où l’amour l’a-t-il aveuglée ? Mise en scène par Jean-Claude Berutti, la pièce de Nicole Malinconi offre un écrin passionnément trouble à la comédienne.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous