«Un compromis défendable»: politiques et partenaires sociaux réagissent à l’accord interprofessionnel

Pierre-Yves Dermagne (PS), vice-Premier ministre et ministre de l’Economie et du Travail.
Pierre-Yves Dermagne (PS), vice-Premier ministre et ministre de l’Economie et du Travail. - Belga

Les syndicats et les employeurs ont dégagé un accord dans la nuit de lundi à mardi, après des heures de pourparlers, sur les dossiers sociaux sensibles qui faisaient l’objet d’âpres négociations depuis plusieurs semaines, ont confirmé les partenaires sociaux mardi à l’aube.

Le salaire minimum sera relevé et les emplois de fin de carrière seront envisageables dès 55 ans. Les pensions complémentaires demeureront possibles, mais au plus tôt dès 60 ans, et des heures supplémentaires avantageuses fiscalement pourront être prestées.

Pierre-Yves Dermagne, ministre socialiste de l’Economie et du Travail salue « une avancée majeure pour les travailleurs », alors que Thierry Bodson, président de la FGTB, a évoqué au micro de la Première « une amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs concernés ».

Les partenaires sociaux, réunis au sein du Groupe des Dix, sont parvenus à dégager un accord, qui devra encore être présenté au gouvernement ultérieurement de même qu’à leurs rangs.

Le relèvement du salaire minimum était important pour les syndicats. Le seuil passera lors d’une première phase (avril 2022) à environ 1.700 euros, ce qui représente pour certains employés une augmentation de près de 76 euros brut par mois. L’espoir des syndicats est qu’il en subsiste environ 90 % en net.

Lors de deux phases suivantes (2024 et 2026), 35 euros brut viendront s’ajouter. Mais davantage devrait subsister en net, de l’ordre de 50 euros, visent les syndicats. Le gouvernement devra venir en appui avec des mesures fiscales additionnelles.

« Un compromis défendable »

« Pour nous, c’est un grand plus », a déclaré Mathieu Verjans, secrétaire national de la CSC/ACV au sujet de l’augmentation des salaires minimums. Le syndicat chrétien parle d’ailleurs d’un « compromis défendable ».

En ce qui concerne la prépension, ou pension avec complément d’entreprise, le dispositif restera en place dès 60 ans. La demande de la FGTB pour abaisser cet âge n’a donc pas été retenue. Quiconque bénéficiera de ce complément devra toutefois rester disponible pour le marché de l’emploi jusque 62 ans ou présenter une carrière de 42 ans.

Les employés plus âgés pourront aussi prétendre à des emplois de fin de carrière : une forme de crédit-temps (mi-temps ou quatre cinquièmes) pour rester employé plus longtemps. Ce qui sera possible dès 55 ans.

Pour le syndicat libéral, cela représente déjà un levier important pour « rester au travail » et en même temps « pouvoir atteindre plus facilement l’âge de la pension », commente son président Mario Coppens, qui parle d’un accord « équitable ». Il part du principe que le système sera utilisé à grande échelle.

« Nous avons travaillé à améliorer de manière durable et significative la situation de celles et ceux qui aujourd’hui ne peuvent vivre de leur travail et nous voulons offrir une perspective pour les fins de carrière », a souligné Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC. Le syndicat va à présent prendre deux semaines pour informer sa base et consulter.

« Un nouveau départ »

La flexibilité, aspect revendiqué par les employeurs, se traduit sous la forme d’heures supplémentaires. Les heures supplémentaires coronavirus, prestées dans les secteurs mis sous pression dans le cadre de la crise sanitaire, sont refondues sous forme d’heures supplémentaires de relance. Elles seront élargies à toutes les entreprises et tous les secteurs de sorte que, jusque fin 2022, 120 heures supplémentaires pourront être prestées volontairement et bénéficier d’un régime fiscal avantageux tant pour les employeurs que pour les employés.

Ce système doit constituer une « mesure de relance » pour que les entreprises puissent prendre « un nouveau départ » après la crise du coronavirus, espère Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). Danny Van Assche, directeur général de l’organisation patronale flamande Unizo, parle de 120 « simples heures supplémentaires attractives tant pour les travailleurs que les employeurs ». Les deux organisations, comme les syndicats, évoquent un accord équilibré.

Enfin, il est aussi question d’une harmonisation des pensions complémentaires pour les ouvriers et employés, en 2030 à la place de 2025. Une partie des futures marges salariales (0,1 %) sera consacrée à cette harmonisation. À partir des prochains accords salariaux, elle deviendra une obligation, dans les secteurs où il existe encore une différence entre employés et ouvriers.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous