Les cinémas rouvrent ce mercredi: «Nomadland», «Mandibules», «Cruella»… le top des nouveautés

Dans cet article
«Nomadland».
«Nomadland». - DR

Nomadland (Chloé Zhao) * * * *

Un film sensible, humain, tourné vers le monde et vers les autres. Un film délicat, d’une maturité incroyable. Un portrait mélancolique mais pas désenchanté de l’Amérique d’aujourd’hui.

Petit samedi (Paloma Sermon-Daï) * * *

Paloma Sermon-Daï filme sa mère et son frère toxicomane, laissant surgir à l’écran l’authenticité et la force de cette relation unique mais aussi le mal-être de chacun. Tout simplement. Sans jamais en rajouter. C’en est bouleversant. Un film différent sur la toxicomanie, porteur d’un beau message, qui vient comme une vague de soutien.

Mandibules (Quentin Dupieux) * * *

Essayer de mettre des mots pour décrire ou intellectualiser l’univers de Quentin Dupieux est un exercice plutôt vain. Son cinéma se reçoit comme une parenthèse fantastique, un moment de déconne absolu et indescriptible. Une plongée dans un monde d’apparence parallèle mais en fait vachement réel. Quentin Dupieux, ce sont des propositions complètement barrées, un humour absurde qui se prend tout sauf au sérieux. Des situations dantesques, mais de fines observations sur l’humain, la normalité, l’amitié. La force de Mandibules, c’est le pouvoir comique de ses comédiens, dirigés de manière précise pour ne jamais franchir la limite entre drôle et ridicule.

Slalom (Charlène Favier) * * *

Une grande part autobiographique nourrit ce premier long-métrage où les verrous intimes sautent et s’expriment de manière poignante. Ce film traduit parfaitement la vulnérabilité de l’adolescente face à la triple domination d’un seul homme. Charlène Favier rend palpable l’indicible (l’abus sexuel), filme l’emprise qui vient dévoyer l’émergence des désirs, slalome entre les ambiguïtés de cette relation toxique, ajoutant à la complexité de la situation intime ce sentiment de frôler la chute, toujours au bord, quand le corps et la vitesse ne font qu’un.

Cruella (Craig Gillespie) * * *

S’il y a une petite touche féministe dans cette « origin story » ayant pour décor les sixties et seventies londoniennes joliment reconstituées, musicalement comme visuellement, Cruella séduit aussi par ce ton légèrement impertinent qui secoue juste comme il faut le politiquement correct à la Disney. L’équilibre délicat est d’autant plus réussi que les moments d’émotion fonctionnent sans l’habituelle couche de violons.

Les autres sorties de la semaine.

Les cinémas rouvrent ce mercredi: «Drunk», «Adieu les cons»… le top des reprises

«Drunk».
«Drunk». - DR

Drunk (Thomas Vinterberg) * * *

Dans un subtil équilibre entre drame et comédie, Thomas Vinterberg livre un film réaliste sur la vie, ses tracas, ses joies, ses peines et les ressources que nous pouvons tous trouver pour surmonter les choses qui se passent mal. Fin analyste de la société, il parle de grandes thématiques avec humanisme et réalisme sans jamais tomber dans la démonstration. Grâce à un casting hyper juste, on se prend complètement dans l’histoire de ces quatre profs en pleine crise. On croit au départ que cette expérience sera drôle, mais très vite on comprend les enjeux réels. Ce film parle de l’ivresse de vivre, et donne espoir.

Adieu les cons (Albert Dupontel) * * *

C’est du 100 % Dupontel finement dialogué, brillamment mis en scène, dopé de poésie et d’humanité, exprimant les tragédies de la société contemporaine (les écrans entre autres) de manière volontairement burlesque, comme si Ken Loach avait croisé les Monty Python, mais avec, cette fois, des personnages ordinaires. Un régal bien rythmé qui souffle le chaud et le froid, provoque le rire et les larmes, avec trois acteurs en excellence pour incarner des bras cassés très attachants. Une œuvre poignante d’un pessimiste joyeux qui a la politesse du désespoir. A voir. Pour se faire du bien.

Miss (Ruben Alves) * * *

Un conte de fées où Ruben Alves, très inspiré par l’univers d’Almodovar, interroge le féminin, le droit à la différence, l’importance de trouver sa place. Il évite les clichés, le militantisme de base pour nous emmener entre rire et larmes, via un brassage de cultures et de genres, dans un joyeux chaos amical de bras cassés où tendresse et désespoir tissent des liens de vie bouleversants.

Calamity (Rémy Chayé) * * *

Une merveille de « dessin animé » qu’on ne peut que vous recommander.

La chouette en toque (collectif) * * *

Les histoires mettent en scène de façon ludique des animaux concernés par la chaîne alimentaire. Un délice pour les tout-petits. Pour éveiller leurs papilles, leur curiosité, leur envie de cinéma.

Toutes les reprises.

 
 
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