Swissport - Feu vert des eurodéputés aux fonds européens pour les licenciés de Swissport Belgium (2)

C'est le libéral Olivier Chastel (MR/groupe Renew) qui était rapporteur sur le sujet. Dans le cas de Swissport Belgium, la pandémie de covid-19 était clairement en cause, souligne le texte. L'entreprise menait "avec succès" un plan de redressement en 2020, mais la pandémie a fait chuter les voyages et frappé de plein fouet le secteur du transport aérien. Elle a rapidement mené, en juin 2020, à la déclaration en faillite de Swissport Belgium, qui était fournisseur de services de manutention au sol à Brussels Airport, aux côtés d'Aviapartner. L'entreprise fournissait aussi d'autres "services d'assistance en escale" et des services de nettoyage. La faillite s'est accompagnée du licenciement de près de 1.500 personnes, principalement des travailleurs peu qualifiés et "semi-qualifiés", dont une bonne part (près d'un tiers) âgé de plus de 50 ans. 

La Belgique a demandé l'intervention du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation en décembre dernier. La Commission européenne l'a suivie, proposant de débloquer 3,7 millions d'euros. Ce montant couvrirait 60% des coûts engagés pour accompagner 1.468 travailleurs licenciés. Cela couvre des actions comme l'aide à la recherche d'emploi, des formations, le soutien pour la création d'une entreprise, des allocations et primes, etc. Le reste du financement est supporté par les trois Régions. 

Le Parlement européen a désormais donné son accord, reste au Conseil (Etats membres) à valider définitivement l'octroi de ces fonds. 

Le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation est spécifiquement destiné à cofinancer des mesures de soutien aux travailleurs licenciés à la suite de restructurations de grande ampleur, particulièrement si elles sont liées à la mondialisation (le Conseil cite les "modifications de la structure du commerce international, les différends commerciaux", ou encore les "crises financières ou économiques", "la transition vers une économie à faible intensité de carbone" et "la transition numérique" ou "l'automatisation").

Le règlement autour du "FEM" a été revu l'an dernier. On peut désormais y faire appel pour des licenciements massifs dès 200 personnes, par exemple. Son champ d'action est aussi élargi. Sous le précédent règlement, la Wallonie avait fait les frais des tractations entre Etats sur la poursuite du programme. Alors que cela s'annonçait comme une formalité et que le Parlement européen soutenait la demande à une écrasante majorité, le Conseil avait finalement enterré en 2019 le projet de libérer 1,6 million d'euros pour accompagner des centaines de travailleurs licenciés en 2018 par les supermarchés Carrefour. Le Forem et les autorités wallonnes avançaient la compétence accrue de l'e-commerce comme élément-clé de ces licenciements, un critère rejeté par plusieurs Etats membres.

 
 
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