Procès Arco - "L'une des plus grandes tromperies de l'histoire de Belgique" (avocat de Deminor)

Les coopérateurs ont perdu 100% de leurs placements, représentant un montant cumulé de 1,5 milliard d'euros, car, après la liquidation des coopératives Arco, il ne leur est plus rien resté. "Alors que l'État belge va bien recevoir 90 millions d'euros, beweging.net (nouvelle appellation du MOC flamand) 45 millions et Belfius le reste" (de la liquidation pour 200 millions d'euros, NDLR), selon l'avocat.

Ce dernier estime qu'il y a eu escroquerie sur quatre fronts. Au cours de sa plaidoirie, il a renvoyé à de nombreux documents d'Arco, de la banque Bacob et sa successeure Dexia, à des interviews dans la presse avec des membres de la direction et des ministres, et à des témoignages de coopérateurs et d'employés de banque.

Dès la souscription d'un compte-titres d'Arco, il y a eu tromperie, selon l'avocat. La banque (BAC/Bacob d'abord, Dexia ensuite) avait mis sur pied un "système" permettant de recruter autant de coopérateurs et d'argent que possible. Bacob a évolué dans les années 1980 et 1990 en une banque commerciale, qui a même repris une banque de Chicago. Elle avait donc besoin de toujours plus de capital. Il ressort à plusieurs reprises de documents que l'investissement Arco était vanté comme une "valeur sûre" et "sans risque". Il était aussi décrit comme une formule d'épargne intéressante "pour les enfants". "Près d'un quart des 2.172 coopérateurs que nous représentons ici étaient mineurs", a ajouté l'avocat. Les employés de la banque étaient récompensés s'ils vendaient des produits Arco.

La banque poursuivait ensuite ses manœuvres frauduleuses une fois qu'une personne était devenue coopératrice d'Arco. L'avocat remonte ici à 2001, lorsqu'Arco est entrée dans Dexia. Les risques ont alors été minimisés. Même en pleine crise financière, on a fait comme si tout était au beau fixe. Mais Arco était déjà en faillite virtuelle en 2009, explique l'avocat en renvoyant à un rapport du groupe Analysis. Il pointe également la communication donnée à l'époque par la responsable d'Arco, Francine Swiggers. "C'était comme si le capitaine du Titanic demandait de rester à bord parce qu'une fête battait son plein."

L'État belge n'est pas exempt de tout reproche dans ce jeu de dupes, selon Me de Meulenaer. Il aurait convaincu Arco de prendre part au plan de sauvetage (augmentation de capital, NDLR) de Dexia, en échange d'une garantie d'État. "Dès le début, il y avait des doutes sur la probabilité de cette garantie d'État à franchir l'épreuve européenne",a indiqué l'avocat, renvoyant entre autres à une interview du ministre Didier Reynders en 2018. 

Enfin, les coopérateurs ont encore été abusés après la chute de Dexia et Arco en 2011 lorsque le gouvernement a essayé de les embobiner avec un plan B. Tant le ministre Koen Geens (en 2014) que le ministre Kris Peeters (en 2018) ont promis une solution qui devait permettre aux coopérateurs de récupérer 40% de leur mise. Mais cette solution n'a jamais été concrétisée, faute d'accord politique au sein du précédent exécutif.

 
 
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