Covid et droits de propriété intellectuelle: l'OMC fait un léger pas en avant

Cette question fait rage à l'Organisation mondiale du commerce depuis plusieurs mois, mais les discussions étaient bloquées car les décisions sont prises à l'unanimité.

Lors d'une nouvelle réunion mercredi, les pays ont finalement accepté de se lancer dans un processus d'élaboration d'un accord au regard de l'"urgence de la discussion", a-t-on appris de source proche du dossier.

Les positions restent malgré tout éloignées, et un premier rapport sur l'avancée des discussions est attendu pour le 21-22 juillet.

Depuis octobre, l'OMC est confrontée à des appels lancés par l'Inde et l'Afrique du Sud en faveur de la suppression temporaire des protections de la propriété intellectuelle, et ce "jusqu'à ce qu'une vaccination largement répandue soit en place à l'échelle mondiale et que la majorité de la population mondiale soit immunisée".

En mai, l'Afrique du Sud et l'Inde, soutenus par une soixantaine de pays, ont révisé leur proposition et demandent désormais que les dérogations durent "au moins trois ans".

Selon ses partisans, cela stimulerait la production dans les pays en développement et remédierait aux inégalités criantes en matière d'accès aux vaccins.

Cette idée a longtemps rencontré une opposition farouche de la part des géants pharmaceutiques et de leurs pays d'accueil mais les positions ont évolué début mai, lorsque Washington s'est prononcé en faveur d'une exemption de brevet mondiale pour les vaccins.

"Les États-Unis croient fermement aux protections de la propriété intellectuelle. Mais nous devons faire le nécessaire pour accélérer la fabrication et la distribution équitable des vaccins", a déclaré le Chargé d'Affaires américain David Bisbee, pendant les débats mercredi à l'OMC.

"L'OMC doit montrer qu'elle peut intervenir dans une crise mondiale et agir efficacement pour améliorer la vie des gens ordinaires. Nous devons tous nous unir pour trouver une solution rapidement, d'autant plus que la pandémie continue de se propager avec de nouveaux variants", a-t-il ajouté.

Certains, comme la Suisse, préfèrent le scénario des licences volontaires attribuées par les entreprises pharmaceutiques, comme AstraZeneca le fait avec le Serum Institute of India (SII).

 
 
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