France: plus de 37.000 personnes ont défilé contre l’extrême droite

Plus de 37.000 personnes ont défilé contre l’extrême droite en France ce samedi 12 juin. Ici à Montpellier.
Plus de 37.000 personnes ont défilé contre l’extrême droite en France ce samedi 12 juin. Ici à Montpellier. - EPA.

Militants politiques et syndicaux, écologistes et associatifs de divers secteurs ont défilé ensemble samedi dans plus de 140 villes de France, pour dénoncer «les attaques contre les libertés» qui se multiplient, selon eux, à la faveur de la montée de l’extrême droite et de lois «liberticides».

Selon les autorités, plus de 37.000 personnes ont manifesté au cours de 119 défilés, dont 9.000 dans la capitale. Les organisateurs ont eux comptabilisé 150.000 participants dans le pays, dont 70.000 à Paris.

Mélenchon enfariné

Dans la capitale, le chef de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a reçu de la farine sur le visage, jetée par un jeune homme alors qu’il parlait à la presse. Il a pointé «une grande tension» et «un seuil qui a été franchi», quelques jours après que le président français Emmanuel Macron a reçu une gifle lors d’un déplacement dans le Sud-Est.

Le suspect a ensuite été arrêté et placé en garde à vue pour «violence volontaire sur personne chargée d’une mission de service public».

Devant les journalistes, il s’est présenté comme un «souverainiste». Sur les réseaux sociaux, des internautes l’ont reconnu comme étant l’animateur d’une chaîne YouTube, proche des milieux de la droite radicale.

La «Marche des libertés» est un grand rattrapage pour les militants, après un an et demi de crise sanitaire. Plus de 100 organisations étaient représentées.

À un an de l’élection présidentielle, le sujet des libertés s’est imposé, aux dires des organisateurs, car la montée de l’extrême droite dans le pays, autant électorale que culturelle, est un thème majeur de colère pour les gauches.

Jordan Bardella, vice-président du parti d’extrême droite Rassemblement national (RN), y voit un simple «contre-feu» après des propos polémiques de Jean-Luc Mélenchon liant terrorisme et élection présidentielle.

Pour l’ex-candidat socialiste à la présidentielle de 2017, Benoît Hamon, les idées d’extrême droite «ne sont plus le monopole des partis d’extrême droite et (...) se sont largement diffusées dans la classe politique».

Accusations d’"islamogauchisme», manifestation des policiers, scores du RN dans les sondages, puis, plus récemment, vidéo d’un youtubeur simulant le meurtre d’un électeur LFI et gifle à Emmanuel Macron : l’atmosphère du pays est lourde.

Et des divisions minent la gauche française, même sur les sujets de laïcité, des libertés et de sécurité. La participation de leaders socialiste, communiste et écologiste à une manifestation de policiers devant l’Assemblée nationale, le 19 mai, a profondément secoué les partis concernés de l’intérieur.

Les manifestants s’élèvent aussi contre le gouvernement et la droite, qu’ils accusent de courir après l’extrême droite.

 
 
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