Euro 2020

Euro 2020: les Diables sur du velours d’ici à la fin du premier tour

Romelu Lukaku en leader et guide des Diables.
Romelu Lukaku en leader et guide des Diables. - Belga

1 Le piège russe s’est refermé sur Cherchesov

Quelle mouche a donc piqué les Russes, à vouloir ainsi se jeter avec autant d’inconscience à la gorge de l’équipe nº1 mondiale ? Une tactique kamikaze qui s’est résumée à un feu de paille. Au bout de 10 minutes, il n’y avait déjà pratiquement plus match. La démonstration de force n’est pas venue du pays phare de l’ancien bloc de l’Est. L’arme de dissuasion massive était dans l’autre camp et avait la force de frappe d’un Lukaku tout aussi énorme qu’à l’Inter, auteur de deux buts sur trois des quatre tirs cadrés belges. Une leçon d’efficacité aux dépens de la Russie, qui aura du mal à s’en remettre en quelques jours. Qui plus est ayant vu la Finlande, son prochain adversaire à St-Pétersbourg, changer de statut en profitant bien involontairement du malheur danois pour pointer à trois unités au terme du premier round. Une chose est sûre : la Russie n’est déjà plus un adversaire direct pour la Belgique. À vrai dire, on s’en doutait un peu, et ce malgré la présence de 30.000 spectateurs à la Krestovski Arena, mais mieux valait en avoir confirmation samedi.

2 Un Lukaku sur sa lancée de l’Inter

La question du hors-jeu sur le premier but de l’attaquant belge ayant été évacuée par une récente modification de règlement, il est difficile de lui contester le 14e doublé de son ère sous le numéro le plus lourd à porter dans le foot international : celui de nº9. Cinq ans après avoir passé deux buts à l’Irlande l’air de rien, Lukaku a doublé les chiffres de ses goals inscrits lors d’un Euro, en couchant le gardien russe avec l’assurance qui est celle des grands buteurs. Et surtout des grands buteurs en forme. Sa quote-part de 24 buts pour 9 assists dans le premier scudetto de l’Inter conquis depuis 2010 passerait presque pour une aumône par rapport à sa contribution à la grande œuvre collective noir-jaune-rouge, initiée dès 2012 par Marc Wilmots avec un flambeau brillamment repris par Roberto Martinez. Un à un, Lukaku fait exploser tous les records belges, à un rythme séquentiel qui fait rêver ses partenaires et cauchemarder ses opposants directs. En inscrivant ses 61e et 62e buts en équipe nationale, il vient de rejoindre Zlatan Ibrahimovic au 8e rang de la hiérarchie des meilleurs réalisateurs encore en activité. Pour clore ici la démonstration de la surpuissance de Big Rom, une dernière statistique avant de laisser refroidir la calculette jusqu’au prochain match des Diables : sur ses 51 dernières apparitions en sélection, il a inscrit… 51 buts ! Un équilibre parfait qui résume une stabilité personnelle et une paix intérieure auxquelles un certain Thierry Henry n’est pas tout à fait étranger. Comme l’ont d’ailleurs démontré les images de leurs apartés en tête-à-tête après chacun des deux buts inscrits par Lukaku, ce samedi.

3 Les Danois au chevet d’Eriksen

Les uns hurleront à l’indécence du big business présidant au sport pro, les autres en accepteront l’augure dans un grand aveu d’impuissance, en se disant que la compétition est faite de rires et de pleurs, de joies et de larmes. Parfois même de drames. Dans le va-et-vient d’un hôpital de campagne improvisé à même la pelouse du Parken Stadium, le foot n’a plus trouvé sa place l’espace d’une heure, samedi, à Copenhague. Unis dans une détresse insoutenable, les joueurs danois ont fait écran de leur corps pour barrer à la fois la vue aux caméras et, plus symboliquement, pour entraver la route à la mort.

D’aussi loin qu’il soit revenu, Christian Eriksen a marqué à vie ses équipiers. Par sa brusque plongée vers l’au-delà et par la solidité du fil qui l’a relié avec force à l’existence. Aujourd’hui tiré d’affaire, le meneur de jeu de l’Inter – et équipier de Lukaku, qui lui a lancé un cri de détresse en lui clamant son amour face caméra – laisse autour de son statut de miraculé un vide immense.

Lequel de ses partenaires de sélection aura encore la tête au football après un tel traumatisme ? C’est la question qui planera avec un point d’interrogation majuscule d’ici à la prochaine apparition de la Danish Dynamite. Précisément, contre la Belgique, ce jeudi 17 juin. Un premier élément de réponse est déjà apparu lors de la reprise du match contre la Finlande (0-1), dont on ne peut même pas dire qu’elle a créé la surprise, tant l’opposition danoise avait la tête ailleurs. La tête en direction du Rigshospitalet, l’un des établissements de pointe en matière de cardiologie à Copenhague. Un hôpital où, en pensée, ils font chambre commune avec Christian Eriksen.

4 Perdre Castagne et gagner Meunier

En se jetant la tête en avant pour enrayer un contre russe, Timothy Castagne ne mesurait pas le risque qu’il courait de voir son premier tournoi avec la Belgique s’achever après 27 minutes. À son corps défendant, le défenseur de Leicester n’a pas tenu le choc. Il rejoint ainsi le cercle très fermé des internationaux belges qui ont dû réempoigner leur valise en cours de compétition pour rentrer se soigner au pays. Le verdict d’une pommette fracturée ne laissait en effet plus le moindre espoir pour Castagne, qui a dû se résoudre à quitter ses équipiers hier midi, au retour de Saint-Pétersbourg.

Mais si, dans son malheur, la Belgique a perdu son flanc droit titulaire, elle a pu remettre la main sur un prédécesseur immédiatement performant, en la personne de Thomas Meunier. Au terme d’une saison en pointillé à Dortmund, l’Ardennais est apparu inspiré par son retour à Saint-Pétersbourg. Avec un assist et, surtout, un but inscrit dans les mêmes filets que ceux qu’il avait secoués lors de la Coupe du monde 2018, en tirant le premier contre les Anglais lors du match pour la troisième place. Meunier a démontré que le forfait de Castagne ne devrait pas porter à conséquence pour l’équilibre d’ensemble du onze belge.

5 Hazard de retour, De Bruyne à l’entraînement et Witsel du voyage mercredi

Eden Hazard a peut-être montré la voie à plus d’une personne que sa petite bouille d’éternel enjoué. Du dimanche croate au samedi russe, le capitaine des Diables a laissé passer une semaine, consacrée à un lourd travail de fond. Et au terme de celle-ci, il a commencé à lever l’ombre d’un doute qui planait sur son retour en forme d’ici à la fin de l’Euro.

Presque confondant d’imprécision pour son come-back en sélection lors du dernier match de préparation, l’ailier du Real a cette fois confondu les sceptiques sur ses capacités à être prêt pour l’après-premier tour. Le geste mieux ajusté, le centre de gravité en position turbo, il s’est rapproché de ce que l’on peut considérer comme un rôle à nouveau impactant. Outre ces 18 minutes enchantées, passées sur le terrain en Russie, le Danemark et la Finlande devraient lui permettre d’engranger ce fameux temps de jeu qui lui a été si chichement mesuré cette saison.

Du côté de Kevin De Bruyne et Axel Witsel aussi, les nouvelles sont plutôt encourageantes. Le premier est réapparu ce dimanche lors d’un entraînement individuel au centre National de Tubize pendant que ses équipiers embarquaient dans l’avion du retour de la première de leurs deux campagnes éclair de Russie. L’autre bonne nouvelle concerne la place numérotée mise à disposition de Witsel par le sélectionneur, dans le vol de mercredi matin vers Copenhague. L’ancien Standardman devrait même recevoir du temps de jeu dès le lendemain. « Il est en avance sur ce qu’on prédisait et réagit très bien à la charge de travail. Il sera impliqué lors du prochain match », a avancé le sélectionneur ce dimanche.

Axel Witsel est sans doute en train de gagner son incroyable pari. En même temps que Roberto Martinez, le sien.

 
 
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