Unia a traité près de 500 dossiers de discours de haine en 2020

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Les signalements pour les discriminations liées aux critères dits raciaux connaissent une augmentation par rapport aux années précédentes. Malgré ce constat, Patrick Charlier, le codirecteur de l’institut, se veut prudent par rapport à la réalité que recouvrent ces statistiques. « Nous n’avons qu’une vue partielle, notamment sur les phénomènes d’extrémisme. Les personnes et les groupes ne tombent sous nos radars que lorsqu’ils enfreignent la loi contre la discrimination. »

Dans son rapport 2020, Unia recense 485 dossiers de discours de haine, dont 310 concernent les réseaux sociaux. Ce chiffre peut sembler peu, en regard des nombreux commentaires visibles sur Internet. Mais il s’agit là d’affaires qui tombent sous le domaine de la loi. Or, « en Belgique, pour que les propos soient punissables, il faut démontrer que l’auteur veut inciter d’autres personnes à commettre des actes », détaille Patrick Charlier. « Mais la plupart des discours vont jouer sur les sous-entendus. C’est très difficile à défendre devant un juge car il y a une ambiguïté, même si on comprend bien l’intention derrière ».

La majorité des propos haineux provenaient d’élus ou de proches du Vlaams Belang, certains de la N-VA. « On a parfois l’impression que l’extrême droite est une spécificité flamande mais non, nous avons aussi des signalements de propos haineux émanant de groupes d’extrême droite au sud du pays. Il y a aussi une sorte d’extrémisme, certes moins organisé, mais qui constitue une menace », signale Patrick Charlier.

 
 
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