Pollution en Flandre: des mesures de précaution prises pour les habitants proches de l’usine 3M

ZWIJNDRECHT PFOS POLLUTION

Une réunion des ministres flamands a débouché lundi sur des mesures «temporaires et préventives» à la suite de la pollution au PFOS (acide perfluorooctanesulfonique) à Zwijndrecht (Anvers), dans les environs directs du site de l’entreprise 3M. L’agence flamande en charge de la santé (Agentschap Zorg en Gezondheid) a rapidement élaboré sur ces mesures, après l’annonce du cabinet du ministre-président Jan Jambon: dans l’immédiat, les habitants d’un rayon d’1,5 km autour du site de 3M devraient s’abstenir de consommer oeufs et volaille de production locale, ou de boire de l’eau venant de réserves souterraines.

Les ministres flamands se sont spécifiquement réunis ce lundi sur ce dossier, avec également des représentants de l’OVAM, la société flamande de gestion des déchets. Ceux-ci devaient répondre aux questions sur ce qui a été fait par le passé et sur la manière dont les informations ont circulé. Qui savait quoi, et qu’a-t-il été fait? L’OVAM aurait fait une présentation, ce lundi, mais ne souhaite pas en dire davantage. Cela a en tout cas permis d’éclaircir certaines zones d’ombre, indique le cabinet Jambon. La société de gestion des déchets apportera dans les prochains jours des réponses aux questions qui restent ouvertes.

Mesures de précaution

Le dossier est source de tensions au sein du gouvernement flamand. Celui-ci annonce lundi des «mesures de précaution» dans l’attente de résultats d’analyse additionnels. On recommande de ne pas consommer les oeufs et volailles de sa propre production ni l’eau locale, dans les environs immédiats (1,5 km) du site 3M. Enfants (moins de 12 ans) et femmes enceintes ou allaitantes devraient même éviter les légumes cultivés à la maison, communique l’Agentschap Zorg en Gezondheid.

Dans un rayon un peu plus large (5 km), il est aussi recommandé de ne pas manger les oeufs de ses propres poules, et, jusqu’à 10 km, on demande d’en limiter la consommation à maximum un par semaine.

Le gouvernement flamand va envoyer un courrier aux autorités locales pour les guider dans la gestion d’éventuels «anciens sites de production de PFOS et/ou terrains d’exercice des pompiers», la substance étant aussi présente dans des mousses d’extinction d’incendie, indique le cabinet Jambon.

Test sanguin

Les mesures annoncées lundi sont une précaution pour limiter l’exposition des habitants à la pollution, a commenté le ministre flamand de la Santé Wouter Beke. On ne sait pas combien de temps elles resteront en vigueur. «Elles seront limitées ou renforcées en temps, espace et contenu en fonction des données et connaissances qui se feront disponibles», indique-t-il. On attend par exemple les résultats de l’enquête auprès de la population, dont on en sait désormais un peu plus: les habitants d’au moins 12 ans, des 3 km autour du site incriminé, pourront se porter volontaires pour un prélèvement sanguin. Le but est de commencer ces prélèvements au plus tard à la mi-juillet. Les résultats seront analysés avec des toxicologues.

La pollution des sols au PFOS autour de la fabrique 3M, qui a entre-temps cessé il y a de nombreuses années la fabrication de cette substance chimique, est en réalité déjà connue depuis près de 20 ans, a révélé la presse flamande récemment. Il y a eu ensuite plusieurs signaux d’alerte sur l’étendue de la pollution, dont on savait qu’elle n’était pas circonscrite au site industriel mais avait aussi atteint des zones naturelles et des quartiers résidentiels. Mais la question de l’ampleur de la pollution est réellement revenue à l’avant-plan ces derniers mois avec les travaux de la liaison Oosterweel et les articles au sujet des dangers de la réutilisation des sols souillés déplacés par le chantier.

 
 
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