Fayçal Cheffou arrêté alors qu’il venait de filmer la police près de l’ambassade américaine

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Fayçal Cheffou, un temps pris à tort pour « l’homme au chapeau » puis blanchi dans le cadre de l’enquête sur les attentats du 22 mars 2016, a de nouveau été interpellé par la police à Bruxelles ce lundi 14 juin en soirée. C’est ce qu’a appris le Soir, à bonne source, ce mardi matin. Une information confirmée durant la journée par le parquet, qui ne précise pas pour l’instant les raisons de cette arrestation.

Rapidement, le contexte de l’interpellation se précise. Sur la page Facebook du média Cité 24, un pureplayer d’information lancé l’an dernier par Fayçal Cheffou (et qui se présente comme un média d’information indépendant et citoyen), cinq minutes d’images tirées d’un «live vidéo» permettent d’envisager les instants ayant précédé son arrestation. La scène se passe dans une rue à proximité de l’ambassade américaine. Le vidéaste filme 3 femmes, bloquées par deux agentes de police – le véhicule derrière elle affiche le sigle orange de la police fédérale. Celles-ci leur expliquent tant bien que mal en anglais qu’elles ne font que respecter les ordres. L’agacement est perceptible mais le ton reste courtois. « Le président Joe Biden est au sommet de l’Otan et doit rentrer à l’ambassade américaine. Eh bien, les habitants qui habitent cette zone-là ne peuvent même pas rentrer chez eux tant que le président n’est pas passé. Voilà ce que nous disent les policiers, » commente à voix haute Fayçal Cheffou.

Derrière les deux policières passe alors un convoi de véhicules de la police belge, que le vidéaste montre à l’image. Passé un bref moment, les deux policières s’approchent, lui demandant de s’éloigner « à quinze » mètres, en néerlandais. Le vidéaste s’indigne, demande qu’on s’adresse à lui en français. La policière y perd son latin et lui demande de partir « à 50 mètres ». Le journaliste s’insurge. Alors qu’on lui demande sa carte d’identité, il demande à pouvoir filmer le matricule de la policière. Celui-ci s’approche pour le lui montrer puis semble agripper Fayçal Cheffou. La caméra tremble, et à la suite du contact, la vidéo s’arrête.

Sur le coup de 18h30 ce mardi, l’avocat de Fayçal Cheffou, Olivier Martins, nous a confirmé que son client avait bien été interpellé dans le cadre de son activité de journaliste et qu’il avait depuis lors été relaché, dans le courant de l’après-midi. « On lui reproche d’avoir filmé le convoi de Joe Biden, » assure-t-il, regrettant ensuite la manière. « Il a été un peu secoué. Les policiers se sont très mal comportés à son égard. Quelqu’un qui a subi ce qu’il a subi… La tension est partie à son paroxysme pour une histoire qui n’aurait jamais dû exister. »

Instruction judiciaire

Ayant pris l’habitude de couvrir un très grand nombre de manifestations ou d’événements impliquant la présence de la police, ce n’est pas la première fois que Fayçal Cheffou se fait interpeller caméra au poing. Il fut notamment arrêté le 31 janvier dernier en marge d’une manifestation sur les mesures covid, qu’il couvrait. Comme en attestent des photos de l’événement, l’homme avait été assis attaché au sol, sur (ou pratiquement sur) un tas de déjection de cheval et avec un textile placé sur le visage afin de lui masquer la vue.

Plus tard cette année, en mars, il avait été arrêté par des policiers à Saint-Josse alors qu’il filmait une arrestation sur l’espace public. Son domicile avait fait l’objet d’une perquisition dans la foulée. Selon nos confrères de la Capitale, celle-ci s’inscrit dans le cadre d’une instruction judiciaire préalablement ouverte à son égard par la justice hennuyère. Celle-ci l’accusant d’avoir fait usage d’une fausse carte de presse lors du procès Mawda, tenus devant les assises de Mons. Chose que l’intéressé nie en bloc, rappelant au passage qu’il n’a pas besoin de carte de presse pour exercer une fonction de journaliste. Pour Me Olivier Martins, l’affaire en cours n’a en tout cas rien à voir avec l’arrestation survenue ce lundi soir : « L’un et l’autre n’ont pas de lien. »

 
 
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