Gilkinet (Ecolo) débarque Piedbœuf (MR) des chemins de fer luxembourgeois

Le ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet (à g.) a remplacé sans ménagement Benoît Piedbœuf. Ambiance entre les verts et les bleus...
Le ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet (à g.) a remplacé sans ménagement Benoît Piedbœuf. Ambiance entre les verts et les bleus... - Belga.

L’accord de gouvernement est la partition de la Vivaldi, à laquelle tous les partenaires sont tenus, collectivement. Il y a quand même de la place pour des manœuvres un peu perso. C’est le cas pour les nominations politiques dans les conseils d’administration à gauche à droite – au sens propre. Les ministres ont de la marge d’action, leur parti derrière eux. Et parfois, ça fait mal. En l’occurrence, ça chauffe autour de la nomination d’une représentante de l’Etat belge, actionnaire à hauteur de 4 % du capital, au CA et à l’assemblée générale des Chemins de fer luxembourgeois, celle de Juliette Walckiers, technicienne évoluant jusqu’à présent au sein du cabinet du ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo). Une nomination tout ce qu’il y a de « normal », justifie-t-on auprès du ministre et vice-Premier vert francophone. Affaire classée ? Pas pour le représentant de la Belgique actuellement, Benoît Piedbœuf, par ailleurs chef de groupe MR à la Chambre. Qui est « très, très, très » énervé, et qui tient à nous le faire savoir.

Désigné en septembre 2015, son mandat avait été renouvelé pour cinq ans en principe l’année dernière. Le libéral s’apprêtait, souligne son porte-parole, à prendre part aux travaux du CA et de l’AG des CFL « quand, soudainement, il a été informé par le président des chemins de fer luxembourgeois, Jeannot Waringo, qu’un courrier signé Georges Gilkinet mettait fin à son mandat ». Cela, « sans aucune explication ni motivation de la décision, et alors qu’aucun autre changement n’a été opéré dans les instances concernées ». C’est un « acte isolé ». Nous dirons même « ciblé », toujours si l’on suit le libéral-réformateur.

« Grossièreté et manque de respect »

On prolonge à ses côtés : « A ce jour, aucune information officielle ni contact n’a été pris par le cabinet Gilkinet ou par le ministre pour en informer Benoit Piedbœuf ». Côté vert, autre musique : on précise qu’« il y a eu des contacts pour l’informer de la situation ; bref, on s’est parlé ». Ce qui donne côté bleu : « Il y a eu un vague et bref échange entre deux portes, sans autre forme de conversation, rien de sérieux ».

Auprès du chef de groupe MR, on politise l’affaire : « En tant que membre de la majorité Vivaldi, Benoit Piedbœuf ne comprend pas qu’on le remplace sans le moindre avertissement d’usage et déplore la grossièreté et le manque de respect manifeste de la manœuvre. Si le président luxembourgeois du CA ne l’avait pas prévenu, Benoit Piedbœuf aurait appris, en pleine AG, son remplacement ! Et quoi qu’il en soit, dès qu’un organe désigne un membre au sein d’une AG et d’un CA pour un délai donné, il convient d’attendre la fin de ce délai pour que les mandats deviennent disponibles. »

Le chef de groupe MR a « fait part de son étonnement à Alexander De Croo », et « il n’en restera pas là ». Chez Georges Gilkinet, on veut « éviter toute polémique ». Restons calmes, tout cela est juste « normal ». Nommé jadis par Jacqueline Galand (MR), alors à la Mobilité, Benoît Piedbœuf « cède la place sous un nouvel exécutif, une nouvelle majorité, voilà tout ». Le bleu, lui, on nous l’assure, « ne lâchera pas l’os ». Déjà que ça coince pas mal entre libéraux et écologistes en ce moment au sein du gouvernement fédéral, rapport notamment au port du voile. Rien à voir. Mais la querelle du jour s’ajoute aux différends.

 
 
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