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Euro 2020: la Turquie compte sur son «Kral» Burak Yilmaz

Battus dans le match inaugural contre l’Italie, les Turcs doivent l’emporter contre le pays de Galles ce mercredi et comptent sur le controversé Yilmaz pour y parvenir.

Analyse - Temps de lecture: 4 min

À côté du parcours de Burak Yilmaz, les « trahisons » célèbres telles que celles de William Gallas (qui a joué pour Arsenal et Tottenham), Luis Figo (Barça et Real), Zlatan Ibrahimovic (Juve, Inter et AC) ou, chez nous, Steven Defour pourraient presque passer pour des trajectoires ordinaires, justifiées par un football moderne où la notion de clubman a peu ou prou disparu. En Turquie, celui qu’on surnomme le « Kral » (le roi) a réussi l’exploit de porter le maillot des quatre plus grands clubs nationaux : Besiktas (2006-2008 puis 2019-2020), Fenerbahce (2008-2010), Trabzonspor (2010-2012 et 2017-2019) et, enfin, Galatasaray (2012-2016). C’est dire, si, au pays, Yilmaz divise autant pour ses choix de carrière que pour sa personnalité affirmée, marquée notamment par son soutien au président Recep Erdogan, y compris lors du référendum de 2017 visant à renforcer les pouvoirs de ce dernier.

En Turquie, l’image de l’attaquant lillois dépasse donc largement le cadre de celle d’un footballeur. Adulé par certains, haï par d’autres, le joueur de 35 ans – qui a aussi fait la Une des médias locaux pour son vrai-faux divorce avec sa femme, sa bagarre avec un chauffeur de bus en 2016 ou encore une gifle adressée à un joueur en plein match lors de son séjour en Chine – divise plus que quiconque, et ce malgré son statut de deuxième meilleur buteur de la sélection (29) derrière Hakan Sükür (51).

La Turquie, la Chine et Lille

Tantôt qualifié de « gagneur » au tempérament de feu, l’attaquant traîne aussi une réputation de grincheux, voire de tricheur, les supporters de Besiktas n’ayant toujours pas digéré son plongeon ayant permis au Gala d’égaliser sur penalty en août 2012 (3-3). Mais c’est lors des deux saisons précédentes, passées à Trabzonspor sous la houlette de… Senol Günes, l’actuel sélectionneur turc, que la carrière de Yilmaz a pris un autre tournant (35 buts en 2011-2012 !). Son association fructueuse avec Didier Drogba au Galatasaray a aussi fait des ravages et, propulsé au rang de star, l’attaquant s’est vu offrir des contrats qui l’ont incité à ne jamais quitter le championnat turc, si ce n’est pour céder à l’offre lucrative du Beijing Guoan, où il n’est resté qu’une saison (2016-2017), faisant intervenir ses connexions politiques pour rentrer au pays.

C’est dire si son choix de rejoindre le Nord de la France, l’été dernier, a surpris. À 35 ans, le « Kral » – convaincu par Luis Campos, qui l’apprécie beaucoup – a vécu à Lille sa première expérience dans un championnat du Top 5 européen. Et, après des débuts hésitants, il a joué un rôle prépondérant dans le titre conquis par les hommes de Christophe Galtier en plantant 16 buts et délivrant 5 passes décisives, son association avec l’ex-Gantois Jonathan David s’étant révélée plus prolifique que le duo Osimhen-Rémy la saison précédente.

C’est une constante dans la carrière de Yilmaz : ses arrivées en club se déroulent dans un contexte étrange, souvent même sur fond d’hostilité. Mais à chaque fois, il est parvenu à se faire accepter et, mieux, à partir en véritable héros. Outre-Quiévrain aussi, il a conquis les fans des Dogues, qui redoutent un transfert cet été, l’homme ayant été touché par le départ – toujours pas officiel – de Christophe Galtier.

Quoi qu’il en soit, avant de penser à son avenir, Burak Yilmaz aura surtout à cœur, ce mercredi, de livrer une prestation plus convaincante que lors de son entrée en matière contre l’Italie. Soupçonné d’être l’un de ceux, avec Turan (ex-Barça), à avoir eu la peau de l’ex-sélectionneur Fatih Terim en 2017, l’attaquant voudra à tout prix éviter le camouflet de l’Euro 2016, où les Turcs avaient dû plier bagage dès la phase de poules. Un scénario identique ne ferait que donner du grain à moudre à ses détracteurs, pour qui ses excellentes stats (il a dépassé la barre des 15 buts inscrits en championnat pour la 6e fois de sa carrière à Lille) ne compenseront jamais sa déloyauté.

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