Des compteurs nouvelle génération comme nouveaux amis

Dans cet article
Le compteur intelligent, aussi appelé compteur communicant, sera notre compagnon de route pour les prochaines années.
Le compteur intelligent, aussi appelé compteur communicant, sera notre compagnon de route pour les prochaines années.

Après de nombreux équipements et appareils de la vie quotidienne, c’est au tour des compteurs énergétiques de passer au digital et au « smart ». En janvier 2020, les Gestionnaires de réseau de distribution (GRD) wallons ont en effet commencé à déployer sur le territoire des compteurs intelligents, désormais appelés « communicants ». Leur format et leur aspect sont assez semblables aux compteurs qu’on connaissait jusqu’à présent à la différence près qu’on y retrouve un écran digital rassemblant plusieurs données.

Dans le cas de l’électricité, le compteur intelligent affiche, en effet, la consommation aux heures pleines et creuses, ainsi que l’injection d’énergie aux heures pleines et creuses pour les clients équipés de systèmes de production comme des panneaux solaires (prosumer). Par rapport aux compteurs « double flux » ou bidirectionnels qui permettent déjà de distinguer l’injection et le prélèvement sur le réseau, le compteur intelligent offre la possibilité d’accéder aux historiques de consommation et de production de manière beaucoup plus précise, par tranches de 15 minutes. « Le prosumer sait ainsi exactement à quel moment il injecte ou prélève de l’énergie sur le réseau et peut optimiser l’autoconsommation », souligne Johan Mahaux, responsable du programme de déploiement des compteurs intelligents chez Ores.

Prosumers ou non, tous les utilisateurs peuvent surveiller ou analyser leur consommation d’énergie directement sur leur compteur intelligent, ou encore via un site élaboré par les GRD : maconsosouslaloupe.be. Ce dernier outil est gratuit, mais il affiche seulement les informations datant au plus tôt de la veille. Il est cependant possible d’obtenir un suivi en temps réel de sa consommation en reliant le compteur intelligent à un outil dédié. Le compteur est en effet spécifiquement équipé de deux ports physiques appelés « P1 » et « S1 » qui sont compatibles avec diverses applications mobiles et avec des appareils comme les thermostats intelligents. « Cette possibilité est notamment très utile pour les prosumers car cela leur permet par exemple de contrôler si leur production d’électricité est suffisante au moment où ils veulent la consommer », illustre Johan Mahaux. « Les non-prosumers, quant à eux, peuvent par exemple observer à quels moments de la journée ils consomment le plus et avec quels appareils, ou encore analyser leur utilisation d’énergie au fil des mois et des saisons.

Les mesures plus régulières et plus précises des compteurs intelligents présentent aussi d’autres bénéfices pour les consommateurs comme pour les GRD. « Elles permettent de suivre une série de données techniques liées à la santé du réseau et détecter plus rapidement des chutes de tension ou de sollicitations trop fortes », explique Johan Mahaux. « On peut ainsi prévenir différents problèmes. »

Relevés à distance

Cet avantage est lié à une autre particularité du compteur intelligent : son aspect communicant et connecté. Grâce à la présence d’une carte SIM au sein du boîtier, les GRD peuvent par exemple effectuer des relevés d’index à distance, mais aussi ouvrir ou fermer un compteur en fonction des besoins ou souhaits des utilisateurs. Jusqu’alors, ces opérations étaient beaucoup moins flexibles et rapides puisqu’elles nécessitaient le déplacement d’un technicien, voire le remplissage de divers formulaires et démarches.

Le compteur intelligent facilite aussi le prépaiement puisque les clients équipés de ce système n’ont plus besoin de cartes spécifiques et ont la possibilité de recharger leur compteur depuis chez eux grâce à un site internet dédié.

Bref, les compteurs communicants devraient faciliter une série d’opérations tout en permettant un suivi plus précis de leur consommation. Comme le souligne notre spécialiste, ses fonctions vont aussi ouvrir de nouvelles perspectives. « Le compteur intelligent sera par exemple un outil très utile aux futures communautés d’énergie (NDLR : dispositif dans lequel plusieurs ménages peuvent consommer une même production locale d’énergie renouvelable). Ce mécanisme demande de pouvoir mesurer avec précision ce que chacun a consommé dans la communauté, et le compteur intelligent le permet. »

Enfin, les compteurs du futur devraient entraîner l’apparition d’offres spécifiques chez les fournisseurs d’énergie. Une fois largement déployés, ces derniers pourront mieux cibler les périodes de forte production ou sollicitation d’énergie. Ils pourront ainsi proposer des tarifs plus avantageux durant des créneaux horaires correspondant aux moments où la production d’électricité est plus élevée.

Différentes primes

Par M.-E.R.

Pour l’instant, le coût de l’installation d’un compteur intelligent (155 euros HTVA) est intégré dans les frais généraux du GRD si la demande émane de ce dernier. Pour les Wallons qui choisissent volontairement d’installer un tel compteur, il existe par ailleurs des primes octroyées par la Région wallonne :

– 155 euros HTVA sont accordés aux clients résidentiels, qu’ils soient prosumers ou non. Il n’est pas nécessaire d’introduire une demande auprès du SPW ; l’octroi s’effectue automatiquement via les GRD et jusqu’au 31 décembre 2023 (dans la limite des crédits disponibles). Le montant de la prime couvre intégralement les frais du placement standard d’un compteur intelligent. Cela signifie que certains coûts peuvent être à la charge du propriétaire si l’installation nécessite des modifications ou interventions supplémentaires au niveau du système électrique. Les Wallons qui souhaitent spontanément demander l’installation d’un compteur intelligent peuvent introduire une demande (en ligne) auprès de leur GRD.

– Prochainement viendra s’ajouter une prime pour l’installation d’équipements de mesurage et de pilotage qui permettent une utilisation plus judicieuse de l’énergie. On parle d’outils aidant les ménages à augmenter leur autoconsommation en temps réel lorsqu’ils sont prosumers, ou encore de dispositifs visant à réduire la consommation énergétique ou à déplacer celle-ci quand la production est plus abondante. Le rapport avec le compteur intelligent ? Grâce à ses ports P1 et S1, celui-ci peut être connecté à des applications intelligentes permettant de suivre avec précision et en temps réel ses données de consommation énergétique. Le compteur intelligent entre ainsi dans le cadre des équipements de mesurage et de pilotage concernés par la prime à venir. Les détails et montants de celle-ci devraient être connus prochainement.

Un déploiement qui va crescendo depuis 2020

Par M.-E.R.

Un déploiement qui va crescendo depuis 2020
Ores.

Les premiers compteurs intelligents ont fait leur apparition sur le réseau wallon au début de l’année 2020. En ce qui concerne le gaz, leur installation est pour l’instant concentrée sur les clients à prépaiement car ces appareils apportent une vraie valeur ajoutée en termes de facilité de recharge et de suivi des consommations. Le déploiement au niveau de l’électricité est par contre plus large, bien que très progressif. « Dans un premier temps, les autorités ont décidé de segmenter l’installation de ces compteurs en ciblant des populations comme les grands consommateurs, les (nouveaux) prosumers et les clients avec un compteur à prépaiement », précise Johan Mahaux de chez Ores. Les autres utilisateurs peuvent demander spontanément un remplacement auprès de leur GRD, et au plus tard en 2023 l’implantation de compteurs intelligents deviendra systématique en cas de remplacement ou de raccordement, ou encore si le client est en défaut de paiement. « Nous avons démarré doucement avec 9.000 compteurs intelligents installés en 2020, et nous visons les 30.000 pour 2021 », détaille notre interlocuteur. « Ensuite nous augmenterons le volume à environ 80.000 ou 90.000 unités par an, afin que d’ici 15 ans les compteurs intelligents représentent environ 75 % du parc wallon au niveau de l’électricité. »

Ces nouveaux compteurs sont identiques pour tout le monde, peu importe le profil de consommation (prosumer ou non) et le choix tarifaire (simple, bi-horaire…). Leur installation dure en moyenne 1h-1h30 et deviendra systématique pour tous les consommateurs, à l’exception des personnes électrosensibles qui peuvent demander une dérogation. Les ondes émises par les compteurs intelligents restent toutefois très modérées, comme le souligne Johan Mahaux. « Des études ont été réalisées par des organismes indépendants pour comparer les émissions d’ondes des compteurs avec celles d’autres appareils du quotidien comme les téléphones, les plaques à induction, etc. Les mesures sont inférieures aux normes de santé publique et même à beaucoup d’objets. Par ailleurs, il faut savoir que les compteurs intelligents sont en veille la plupart du temps et n’émettent vraiment que sur de courtes périodes. »

Les autres craintes à propos de ces nouveaux compteurs concernent souvent la protection des données récoltées. Les échanges de celles-ci sont bien sûr sécurisés et limités au GRD et au fournisseur d’énergie (uniquement pour la partie liée à la facturation). « Aucune information n’est échangée avec des tiers sans l’accord du client », souligne Johan Mahaux. « Les ports P1 et S1 sont par exemple désactivés par défaut, et activés à la demande du client qui souhaite les relier à une application ou un dispositif de mesure. Il faut également savoir que le GRD n’a pas accès systématiquement aux données de consommation en temps réel ; celles-ci sont seulement transmises une fois par jour. Si le client souhaite une collecte de données plus régulière, il est possible de l’effectuer toutes les 15 minutes mais seulement avec son accord préalable. »

 
 
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